Inondations meurtrières à Conakry : le témoignage bouleversant de Benjamin, qui a perdu sa femme et trois proches à Simambossiya

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Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur Conakry dans la nuit du mercredi 30 au jeudi 31 juillet ont une nouvelle fois endeuillé la capitale guinéenne. À Simambossiya, dans la commune de Ratoma, plusieurs familles ont été frappées par la violence des intempéries. Parmi elles, celle de Benjamin Kamano, enseignant, qui a perdu tragiquement sa femme et trois autres membres de sa famille.

Dans un témoignage poignant livré à la presse, Benjamin, visiblement éprouvé, raconte la scène d’horreur vécue cette nuit-là : « Hier, vers 22 heures, en voyant que le ciel menaçait, j’ai demandé aux enfants de rentrer. Moi-même, j’étais souffrant ces derniers temps, je ne dormais presque plus. Mais cette nuit-là, le sommeil m’a finalement pris. Soudain, j’ai été réveillé par les pleurs des enfants. En me levant, j’ai vu le matelas se soulever, l’eau avait déjà envahi la maison. J’ai essayé de secourir mes proches, mais l’eau était à la porte, le passage bloqué. Puis, sous la pression, un mur s’est effondré. »

Bilan dramatique : quatre morts au sein de sa famille. Sa femme, Maciré Kamano, a été écrasée par le mur dans leur chambre. Ont également péri : Maciré Soumah, 5 ans, nièce de sa femme ; Maciré Kondano, 3 ans ; et N’Nâtoman, 17 ans. Deux corps n’avaient pas encore été retrouvés au moment de son témoignage.

« Ma femme n’a pas été emportée par l’eau. C’est le mur qui est tombé sur elle », précise-t-il, la voix nouée.

D’autres familles ont aussi été endeuillées par cette catastrophe. Mory Sangaré, un autre sinistré, a lui aussi perdu deux proches.

« Mon jeune frère m’a appelé entre 1h et 2h du matin pour me dire que l’eau avait tout détruit. Son fils aîné et son apprenti sont décédés. Leurs corps avaient été acheminés à la mosquée. J’ai voulu venir, mais la zone était impraticable. Ce n’est qu’à 2h que j’ai pu atteindre les lieux. On ne pouvait rien faire », confie-t-il, impuissant.

Ces nouveaux drames relancent la question de la gestion des infrastructures urbaines, de l’aménagement des zones à risque et de la protection des populations en période d’intempéries. Pendant que des familles pleurent leurs morts, les autorités sont de nouveau interpellées sur la nécessité d’actions urgentes et concrètes pour éviter d’autres tragédies.

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

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