Hamdallaye 1 : « On a investi des millions »… le désarroi du directeur d’une école démolie

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À quelques jours de la rentrée scolaire, le groupe scolaire Hadia Natouma, situé à Hamdallaye 1 (Concasseur), n’a plus de locaux. L’établissement a été emporté ce vendredi par l’opération de déguerpissement menée dans le secteur. Pour son directeur, Daouda Souaré, le choc est immense : derrière les murs détruits, c’est près de deux décennies de travail, d’économies et d’investissement qui partent en poussière.

Visiblement bouleversé, le responsable de l’établissement peine à cacher son désarroi. Pour lui, cette école n’était pas le fruit d’une décision prise du jour au lendemain. Après leurs études universitaires achevées en 2009, lui et ses collaborateurs avaient d’abord travaillé comme enseignants dans plusieurs établissements avant de réunir progressivement les moyens nécessaires pour créer leur propre école.

« C’est nous-mêmes qui avons cherché pendant des années. On a fini l’université depuis 2009. On a travaillé, on a enseigné dans différentes écoles de la contrée. C’est l’argent qu’on a eu qu’on est venu investir », explique Daouda Souaré.

Le directeur assure que l’établissement n’a pas été construit sans démarches administratives. Selon lui, les promoteurs avaient trouvé sur place une école qui fonctionnait déjà et dont ils avaient pris soin de vérifier les documents et l’agrément avant d’y engager leurs économies.

Au fil des années, plusieurs centaines de millions de francs guinéens auraient ainsi été investis pour développer l’établissement et offrir aux enfants du quartier un cadre d’apprentissage.

Mais aujourd’hui, tout est à terre.

La démolition intervient surtout à un moment particulièrement sensible : à quelques jours de la reprise des cours, les responsables avaient déjà entamé les préparatifs de la nouvelle année scolaire. Le directeur se retrouve désormais sans établissement, avec des élèves et des enseignants dont l’avenir immédiat reste incertain.

« Et aujourd’hui, l’État vient comme ça démolir ça, rien moins de l’ouverture des classes. On avait même commencé ici. Aujourd’hui, on ne sait pas où aller. On a des enfants », déplore-t-il.

Au-delà de l’investissement financier, Daouda Souaré insiste sur la vocation sociale de l’établissement. Originaire du quartier, il affirme avoir lui-même grandi et étudié à Hamdallaye 1 et connaître les difficultés auxquelles étaient confrontés de nombreux enfants du secteur.

Selon lui, la création de l’école avait notamment pour objectif de rapprocher l’éducation des familles et d’encourager la scolarisation des enfants qui, auparavant, restaient parfois en dehors du système scolaire.

Le groupe scolaire Hadia Natouma accueillait ainsi des élèves du préscolaire jusqu’au secondaire. Au fil des années, l’établissement aurait également enregistré des résultats aux différents examens nationaux, dont le directeur se dit fier.

Aujourd’hui, la principale préoccupation de Daouda Souaré dépasse la seule perte matérielle. Il s’inquiète du sort des élèves, des enseignants et des familles qui comptaient sur cet établissement pour la prochaine année scolaire.

Le directeur rappelle également le poids des établissements privés dans le système éducatif guinéen. Selon lui, ces écoles contribuent largement à la prise en charge des élèves et constituent un maillon important de l’offre éducative nationale.

« Regardez sur le plan national ce que les écoles privées apportent à l’État. Même pour les boursiers, la majeure partie est dans les écoles privées », souligne-t-il.

Face à cette situation, Daouda Souaré en appelle finalement aux autorités. Il souhaite que le dossier du groupe scolaire Hadia Natouma soit réexaminé et que les responsables prennent en compte, selon lui, la situation particulière de l’établissement.

Il estime notamment que l’école ne se trouvait pas dans une zone présentant un danger immédiat et demande que les conséquences de la démolition sur les élèves, les enseignants et les promoteurs soient considérées.

« Nous, ce que nous demandons à l’État, comme l’école n’est pas dans une zone dangereuse… si l’école était vraiment dans une zone qui était tellement impactée… », plaide-t-il.

À Hamdallaye 1, les bulldozers ont donc laissé derrière eux bien plus que des gravats. Pour Daouda Souaré, c’est le résultat de plusieurs années d’efforts qui disparaît, tandis qu’une autre question demeure entière : où iront désormais les élèves du groupe scolaire Hadia Natouma à l’approche de la rentrée ?

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info

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