Guinée : les 4 500 enseignants contractuels bientôt intégrés à la Fonction publique, selon la FSPE

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Les 4 500 enseignants contractuels ayant déjà subi une évaluation pratique en classe devraient être dispensés du concours annoncé par les autorités et intégrés à la Fonction publique, affirme Elhadj Mamadou Saliou Sigon Baldé, responsable de la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE). Il appelle au respect du protocole d’accord du 3 janvier 2026, à la transparence du processus et à la patience des enseignants concernés.

Le recrutement des enseignants contractuels continue de susciter des interrogations en Guinée. Alors que l’annonce d’un concours a fait naître des inquiétudes chez certains candidats, la situation des 4 500 enseignants déjà évalués en pratique de classe semble suivre une autre trajectoire, selon les explications d’un responsable syndical.

Elhadj Mamadou Saliou Sigon Baldé, membre du Bureau exécutif national de la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE) et secrétaire général de la section syndicale préfectorale de l’éducation de Mamou, affirme que ces enseignants devraient être intégrés à la Fonction publique sans avoir à repasser le concours. Une mesure qui, selon lui, s’inscrit dans le cadre des engagements pris entre le gouvernement et les organisations syndicales.

Face aux informations faisant état d’un éventuel concours ouvert à l’ensemble des candidats, l’intersyndicale de l’éducation de Guinée aurait engagé des démarches auprès des autorités afin de clarifier les modalités du recrutement.

Selon Elhadj Mamadou Saliou Sigon Baldé, ces échanges ont notamment conduit à une rencontre avec le Premier ministre, qui aurait orienté les représentants syndicaux vers le ministère chargé de la Fonction publique pour poursuivre les discussions.

« Quand nous avons appris que le gouvernement avait décidé d’orienter tout le monde vers le concours, nous sommes allés, en tant qu’intersyndicale de l’éducation de Guinée, rencontrer le Premier ministre. Celui-ci nous a mis en rapport avec le ministre chargé de la Fonction publique et nous a également demandé d’accepter de négocier avec eux », explique-t-il.

Le responsable syndical estime que les discussions engagées devraient permettre de préserver les acquis du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026.

Il affirme que les 4 500 enseignants contractuels ayant déjà subi une évaluation pratique en situation de classe sont concernés par une procédure d’intégration distincte de celle du concours.

« Aujourd’hui, le gouvernement est dans la dynamique de respecter la signature du protocole d’accord du 3 janvier 2026. Les 4 500 enseignants contractuels qui avaient déjà été évalués en pratique de classe seront effectivement pris en compte à la Fonction publique. Ils sont déjà exemptés de ce concours dont il est question. À l’heure où je vous parle, à la Fonction publique, ils sont en train de procéder à l’enrôlement de ces 4 500 enseignants », déclare-t-il.

Ces précisions émanent du responsable syndical. L’état d’avancement de l’enrôlement et les modalités définitives de cette intégration restent à confirmer auprès des autorités compétentes.

Si les 4 500 enseignants déjà évalués devraient bénéficier de cette exemption, la situation serait différente pour les contractuels présents à Conakry qui n’ont pas encore subi l’évaluation pratique de classe.

D’après Elhadj Mamadou Saliou Sigon Baldé, ces derniers devront être évalués avant de pouvoir prétendre à une intégration dans le cadre du recrutement annoncé.

« Il y a également d’autres enseignants contractuels qui se trouvent à Conakry. Eux, ils ne seront pas exemptés, mais on leur fera passer la pratique de classe, comme les autres enseignants ont eu à le faire à l’intérieur du pays. Ils seront donc évalués en pratique de classe », précise-t-il.

Le responsable syndical évoque par ailleurs un objectif de recrutement de 6 000 enseignants. Sur cet effectif, les 4 500 contractuels déjà évalués constitueraient un groupe distinct, tandis que les autres postes devraient notamment concerner des candidats soumis aux procédures de sélection prévues.

Il souligne toutefois ne pas disposer du nombre exact d’enseignants contractuels de Conakry concernés par l’évaluation pratique.

S’agissant des autres candidatures, il indique que les candidats n’ayant pas déjà subi cette épreuve devront se présenter et s’inscrire pour participer aux évaluations ou aux tests prévus, selon leur profil et les critères applicables.

La nature exacte des catégories de candidats concernés, notamment parmi les diplômés des structures de formation, nécessite toutefois des précisions complémentaires auprès de l’intervenant.

Au-delà de la question de l’exemption des 4 500 enseignants contractuels, la transparence constitue un autre enjeu majeur de ce processus.

Pour Elhadj Mamadou Saliou Sigon Baldé, le recrutement doit se dérouler dans des conditions garantissant l’égalité de traitement entre les candidats. Il insiste notamment sur la nécessité d’éviter les irrégularités et toute forme de favoritisme.

« J’espère que c’est bien organisé et nous supposons qu’il n’y aura pas de magouilles dans cette situation. Je pense que cela va profiter à tout le monde et que nous prendrons tout le monde sur un pied d’égalité. Il n’y aura pas de favoris. Si tout le monde est traité sur un pied d’égalité, je pense que cela ira », affirme-t-il.

Cette exigence d’équité est d’autant plus importante que le recrutement intervient dans un contexte marqué par les besoins en personnel enseignant dans les établissements scolaires publics.

Pour le responsable syndical, l’accélération du processus pourrait contribuer à réduire le déficit d’enseignants et à améliorer les conditions de fonctionnement des écoles.

« Cela est une très bonne chose parce que ça va accélérer les choses. Vous savez, actuellement, il y a un manque d’enseignants dans les établissements scolaires publics. Et c’est comme dans le privé : s’il en manque dans le public, c’est sûr et certain qu’il en manquera aussi dans le privé », souligne-t-il.

Il invite ainsi les autorités à accélérer les opérations de recrutement, tout en veillant à l’aboutissement de la procédure d’enrôlement des 4 500 contractuels déjà évalués.

« Si le gouvernement accélère ce concours et diligente également l’enrôlement de ces 4 500 enseignants, cela va soulager tout le pays », estime-t-il.

En attendant la concrétisation des engagements annoncés, Elhadj Mamadou Saliou Sigon Baldé appelle les enseignants contractuels actuellement en poste à garder leur calme et à faire confiance aux démarches entreprises par l’intersyndicale de l’éducation de Guinée.

Il se veut rassurant quant à l’intégration des 4 500 enseignants ayant déjà subi l’évaluation pratique, tout en soulignant que les démarches se poursuivraient auprès des services compétents.

« Tous les enseignants contractuels qui sont en classe doivent garder patience et faire confiance à l’intersyndicale de l’éducation de Guinée, puisque ce qui est clair et certain, c’est qu’ils seront enrôlés. Et ils sont sur cela actuellement à la Fonction publique », conclut-il.

Si les assurances données par ce responsable syndical sont de nature à apaiser les inquiétudes d’une partie des enseignants concernés, la communication officielle des autorités sur le calendrier, les modalités d’intégration et le déroulement du concours reste attendue pour préciser les prochaines étapes du recrutement.

Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

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