Guinée : le recensement biométrique démarre avec 6 000 kits électoraux pour un processus crucial de transition

Alors que le débat sur le retour à l’ordre constitutionnel continue d’animer la scène politique guinéenne, le gouvernement franchit une étape majeure dans la préparation des prochaines échéances électorales. Ce lundi, lors d’une conférence de presse tenue au ministère de l’Information, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, et Mme Djenabou Camara, directrice nationale des affaires politiques et de l’administration électorale, ont annoncé l’arrivée de 6 000 kits électoraux destinés au recensement biométrique.
Ces équipements, acquis pour un montant global de 35 millions de dollars, marquent le coup d’envoi d’une opération de recensement national prévue du 15 avril au 30 mai 2025 sur l’ensemble du territoire. Le processus, qui s’étendra sur 45 jours, vise à doter le pays d’un fichier électoral fiable, préalable essentiel à l’organisation des scrutins attendus en 2025.

Selon le porte-parole du gouvernement, les kits – comprenant des ordinateurs, capteurs biométriques, urnes, isoloirs et matériels de sécurité – sont actuellement en cours de déchargement dans les locaux de la Commission Nationale Indépendante (CNI).
« C’est un moment décisif dans le processus électoral, mais aussi dans le projet novateur d’enrôler dès l’âge de 10 ans pour établir une base de données fiable de la population », a souligné Ousmane Gaoual Diallo. Une initiative qui vise à mieux maîtriser les chiffres démographiques tout en préparant le terrain aux opérations électorales.
Face aux interrogations sur la sincérité du calendrier de transition, il a réagi : « Les débats sur le retour à l’ordre constitutionnel continueront, mais cet exercice a le mérite de fixer le cap. Il s’agit de rendre le processus visible et compréhensible pour tous les citoyens. »

Prenant la parole à son tour, Mme Djenabou Camara a tenu à dissiper les malentendus sur la nature de l’opération. « Il faut cesser de politiser le recensement et le référendum. Ce dernier est un acte citoyen visant à doter le pays d’une nouvelle loi fondamentale. Il ne s’agit pas de compétition électorale, comme c’est le cas pour les présidentielles ou les législatives », a-t-elle affirmé.
Malgré cette avancée logistique, plusieurs voix au sein de la classe politique dénoncent une organisation confuse et un déficit de transparence. La méfiance reste palpable, et le climat politique tendu exige une vigilance constante de la part des institutions, des partenaires techniques et des citoyens.
Le gouvernement, de son côté, affiche sa détermination à instaurer un cadre électoral crédible, inclusif et sécurisé. Reste à voir si les engagements pris seront tenus et si ce processus parviendra à restaurer la confiance nécessaire à un véritable retour à l’ordre constitutionnel.
Oumar Sylla Bah pour Planete7.info
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