Guinée : la loi de finances rectificative 2026 adoptée, l’exécution des investissements en question

Après l’adoption à l’unanimité de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l’Assemblée nationale, le gouvernement affiche ses priorités dans les secteurs sociaux et promet d’accélérer les projets annoncés. Mais la baisse des ressources consacrées aux investissements, dénoncée par le député Faya Millimouno, soulève des interrogations sur la concrétisation de ces engagements.
La Guinée franchit une nouvelle étape dans la révision de son budget pour l’exercice 2026. L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la Loi de finances rectificative (LFR), à l’issue de l’examen et du vote de son volet dépenses. Un texte qui doit permettre au gouvernement d’ajuster ses prévisions aux évolutions de la conjoncture économique et aux besoins exprimés par les populations.
À la sortie de la plénière, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, s’est félicitée de l’adoption du texte, qu’elle considère comme un instrument d’adaptation aux nouvelles réalités économiques et sociales du pays.

« Cette loi va nous permettre de prendre en compte le contexte international qui a évolué depuis l’adoption de la loi de finances initiale, mais également les besoins de nos populations », a-t-elle expliqué.
Parmi les principales orientations défendues par le gouvernement figurent le renforcement des services sociaux de base, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’hydraulique. La ministre a ainsi évoqué des mesures concernant plus de 1 500 centres de santé, la prise en charge de 4 500 enseignants supplémentaires ainsi que la poursuite du programme de réalisation de 1 600 points d’eau dans plusieurs communautés.
Au-delà de ces investissements sociaux, l’exécutif entend également maintenir les mécanismes de soutien au pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte international marqué par la hausse des cours du pétrole.
Sur ce point, Mariama Ciré Sylla a rappelé l’effort financier consenti par l’État pour contenir le prix du carburant à la pompe.
« Nous avons une subvention qui avoisine près de 500 millions de dollars, qui a permis de garder le prix du carburant à la pompe à 12 000 francs guinéens le litre », a-t-elle indiqué.
Concernant l’équilibre budgétaire, la ministre a fait état d’un déficit estimé à 2,01 %, tout en assurant que des mécanismes de financement sont prévus pour couvrir les besoins de l’État.
Si l’adoption du texte a recueilli l’unanimité des parlementaires, elle n’a pas pour autant dissipé toutes les inquiétudes autour des orientations budgétaires. Le député Dr Faya Millimouno a notamment attiré l’attention sur ce qu’il considère comme un déséquilibre entre l’évolution des dépenses publiques et les ressources effectivement consacrées aux investissements.

Pour le parlementaire, l’augmentation des dépenses globales, conjuguée à la diminution de l’enveloppe destinée aux investissements, pose la question de la répartition des ressources publiques.
« Nous avons trouvé que les dépenses ont augmenté. Mais au niveau des investissements, ça a diminué. Ça veut dire qu’on promet des choses aux Guinéens, mais on collecte les ressources pour nourrir l’administration de Conakry », a-t-il dénoncé.
Malgré ces réserves, le député reconnaît la nécessité de l’adoption du volet dépenses pour permettre au gouvernement d’engager les projets annoncés, notamment dans les secteurs des infrastructures routières, de l’éducation et de la santé.
Toutefois, il estime que l’enjeu ne réside plus uniquement dans les annonces budgétaires, mais dans leur traduction effective en réalisations au bénéfice des citoyens.
« Nous sommes encore uniquement dans les grandes promesses. La réalité des choses, nous verrons à partir de l’année 2027, en quoi ces promesses vont être tournées en actions concrètes qui puissent avoir de l’impact sur les populations », a-t-il averti.
Avec l’adoption de la Loi de finances rectificative 2026, le gouvernement dispose désormais d’un cadre budgétaire réajusté pour poursuivre ses priorités. Mais au-delà du vote parlementaire et des engagements annoncés, c’est surtout la capacité de l’administration à mobiliser les ressources et à conduire les projets dans les délais qui sera déterminante.
Entre les ambitions affichées par l’exécutif et les réserves exprimées au sein de l’hémicycle, une même exigence se dessine : faire en sorte que les engagements budgétaires se traduisent par des changements perceptibles dans le quotidien des Guinéens.
Oumar Sylla Bah pour planète7.info
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