Guinée : Ismaël Condé soutient la dissolution des partis politiques et relance le débat sur le multipartisme

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La décision de dissoudre une quarantaine de partis politiques en Guinée continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion nationale. Annoncée en mars dernier par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), cette mesure concerne plusieurs formations majeures de la scène politique, notamment le Rassemblement du Peuple de Guinée, l’Union des Forces Républicaines et l’Union des Forces Démocratiques de Guinée.

Dans un contexte marqué par des opinions profondément divergentes, Ismaël Condé, ancien professeur de philosophie et témoin engagé des premières heures de la Guinée indépendante, s’est clairement positionné en faveur de cette décision. À contre-courant de certaines critiques, il estime que cette dissolution pourrait constituer une opportunité pour repenser le fonctionnement du système politique guinéen.

« Certains y voient un risque de retour au parti unique ou au parti-État. D’autres, en revanche, considèrent cette mesure comme nécessaire. Pour ma part, je m’inscris dans cette seconde lecture », a-t-il déclaré.

Pour l’ancien enseignant, le multipartisme tel qu’appliqué en Afrique constitue davantage un facteur de blocage qu’un levier de développement. Il pointe du doigt un système qu’il juge inadapté aux réalités du continent.

« La dangerosité du multipartisme pour l’évolution de l’Afrique est réelle. Sa configuration actuelle fragilise les États et freine leur progression », soutient-il, tout en saluant la réduction du nombre de formations politiques.

Appuyant son argumentaire, il évoque les tensions et violences politiques qui ont marqué l’histoire récente du pays. Se référant à des données publiées par Amnesty International, il rappelle qu’entre 2005 et 2015, environ 350 personnes auraient perdu la vie dans des violences à caractère politique en Guinée.

Au-delà du constat sécuritaire, Ismaël Condé remet également en cause les fondements historiques du multipartisme en Afrique. Selon lui, ce modèle aurait été introduit sous influence extérieure, notamment dans le sillage des politiques impulsées par François Mitterrand dans les années 1990.

« Le multipartisme n’est pas une construction endogène. Il a été largement imposé par des dynamiques extérieures. Chaque pays devrait pourtant bâtir sa démocratie en fonction de son propre parcours historique et sociopolitique », analyse-t-il.

En conclusion, l’ancien professeur appelle à une réflexion plus critique sur l’adoption des modèles politiques étrangers. Il dénonce une tendance à transposer des schémas occidentaux sans réelle adaptation aux contextes locaux.

« Nous avons trop souvent tendance à considérer les modèles occidentaux comme des références absolues, sans prendre le recul nécessaire pour les adapter à nos réalités », conclut-il.

Alors que le débat reste ouvert, cette prise de position vient raviver une question fondamentale : celle de la pertinence du multipartisme dans les trajectoires démocratiques africaines, et plus particulièrement en Guinée.

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info 

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