Guinée : Amara Camara justifie l’évacuation sanitaire de Kassory Fofana et de Damaro Camara

Le ministre à la présidence, le général Amara Camara, a défendu la décision du chef de l’État d’autoriser l’évacuation sanitaire de deux anciens hauts responsables du régime précédent. Il assure que cette mesure, motivée par des raisons médicales, ne constitue ni une grâce ni une amnistie et ne modifie en rien leur situation judiciaire.
La décision continue de susciter des réactions. Le général Amara Camara, ministre à la présidence, est revenu sur les raisons ayant conduit le chef de l’État à autoriser l’évacuation sanitaire d’Ibrahima Kassory Fofana et d’Amadou Damaro Camara, deux anciens hauts responsables du régime précédent. Lors d’une rencontre entre les porte-parole du gouvernement et de la présidence et les médias, il a tenu à lever toute ambiguïté sur la portée de cette mesure exceptionnelle.
Selon le ministre, la décision a été prise le 19 septembre 2026, à la suite de constats médicaux faisant état d’une dégradation de l’état de santé des deux anciens responsables. Leur évacuation vers des structures sanitaires adaptées a ainsi été autorisée pour leur permettre de bénéficier d’une prise en charge correspondant à leur état de santé.
Face aux interrogations suscitées par cette décision, le général Amara Camara a insisté sur la distinction entre une mesure sanitaire et une décision judiciaire. Il a notamment rappelé que l’autorisation d’évacuation ne saurait être interprétée comme une remise en cause des décisions de justice prononcées à l’encontre des deux personnalités.
« Cet acte n’est ni une amnistie ni une grâce, et ce n’est encore moins un arrangement », a-t-il déclaré, reprenant les propos du chef de l’État. Le ministre a ainsi assuré que cette mesure ne modifie pas la situation judiciaire d’Ibrahima Kassory Fofana et d’Amadou Damaro Camara.
Au-delà de l’aspect médical, le ministre a défendu une approche fondée sur la conciliation entre le respect de la loi et les considérations humanitaires. Pour lui, l’accès aux soins constitue un droit qui ne saurait dépendre des responsabilités politiques exercées par le passé ou de l’appartenance à un camp politique.
« Face à la souffrance d’un être humain, la République ne détourne pas le regard. Le droit d’être soigné est attaché à la personne, quel que soit son passé, quel que soit son camp », a-t-il affirmé.
À travers cette déclaration, le général Amara Camara entend présenter la décision présidentielle comme l’expression d’un équilibre entre la fermeté de l’État et le respect de la dignité humaine. Selon lui, ces deux exigences ne sont pas incompatibles : les autorités peuvent maintenir les décisions de justice tout en prenant en considération l’état de santé des personnes concernées.
Le ministre a enfin appelé à une appréciation de cette décision à la lumière de sa dimension humanitaire. Il a toutefois réitéré que l’évacuation sanitaire des deux anciens responsables ne constitue ni une mesure de clémence judiciaire ni une modification de leur situation devant la justice guinéenne.
Oumar Sylla Bah pour Planete7.info
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