Guinée : 2 869 contractuels temporaires demandent leur intégration à la fonction publique

Le ton était grave, mais empreint d’espoir. Réunis ce lundi 18 mai à Conakry, les membres du Collectif des Contractuels Temporaires de Guinée (CCTG) ont élevé la voix pour dénoncer la précarité dans laquelle vivent des milliers d’agents de l’État employés depuis plusieurs années sans véritable statut administratif.
Face à la presse, le collectif, qui affirme regrouper 2 869 agents répartis dans plusieurs départements ministériels et institutions publiques, a lancé un appel solennel aux autorités de la transition afin d’obtenir leur intégration à la fonction publique guinéenne.

Dans une déclaration lue par leur porte-parole, Massa Kaba, les contractuels ont rappelé leur contribution quotidienne au fonctionnement de l’administration publique, parfois depuis plus d’une décennie.
« Depuis plusieurs années, nous assurons des tâches essentielles au sein des administrations publiques avec professionnalisme, loyauté et sens du devoir, souvent dans des conditions particulièrement difficiles », a-t-il déclaré.
Malgré cet engagement, les membres du CCTG dénoncent des conditions de vie qu’ils jugent alarmantes. Entre faibles rémunérations, absence de couverture sociale et non-reconnaissance de l’ancienneté, ces travailleurs estiment être laissés pour compte.

Selon le collectif, la majorité des contractuels perçoit un salaire mensuel de 550 000 francs guinéens, un montant jugé largement insuffisant face à la hausse continue du coût de la vie.
« Avec ce salaire dérisoire, il devient extrêmement difficile de subvenir aux besoins de nos familles dans un contexte marqué par une inflation galopante », a insisté Massa Kaba devant les journalistes.
Le collectif affirme également que plusieurs agents cumulent entre cinq et quinze années de service sans être officiellement intégrés à la fonction publique, malgré les responsabilités qu’ils assument quotidiennement dans les services publics.
Autre point de crispation soulevé par le CCTG : les difficultés administratives liées au changement de statut des contractuels enrôlés dans le Fichier Unique de Gestion Administrative et de la Solde (FUGAS). Les responsables du collectif regrettent notamment le manque d’implication de certains cadres administratifs dans le processus de régularisation.
Ils rappellent toutefois qu’après l’opération d’assainissement du fichier menée par le gouvernement, 2 869 agents ont été officiellement identifiés et continuent de percevoir leurs salaires à travers différentes banques du pays.

Face à cette situation, le collectif réclame principalement une intégration effective à la fonction publique à travers un changement de statut administratif. Les contractuels demandent également l’ouverture d’un cadre de dialogue formel avec les autorités compétentes afin de garantir, selon eux, « un processus juste, transparent et équitable ».
Dans leur déclaration, les membres du CCTG ont interpellé directement le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, le Premier ministre Amadou Oury Bah, les ministres sectoriels ainsi que les organisations syndicales.
« Il ne s’agit pas d’un privilège, mais d’un droit légitime en reconnaissance des services rendus à la nation avec fidélité, abnégation et patriotisme », ont-ils martelé.
Au-delà de leur propre situation, les contractuels estiment que leur régularisation contribuerait à renforcer l’efficacité de l’administration publique tout en permettant à des milliers de familles de sortir de la précarité.
Réaffirmant leur attachement aux valeurs républicaines et au dialogue, les membres du collectif ont enfin invité les organisations de la société civile, les partenaires sociaux, les médias ainsi que l’opinion nationale et internationale à soutenir leur démarche, qu’ils qualifient de « légitime et pacifique ».
Salif Camara pour Planete7.info
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