Gare routière de Madina : la famille d’El Hadj Abdoulaye Diallo interpelle les autorités sur ses droits fonciers

La famille de feu El Hadj Abdoulaye Diallo, opérateur économique et résident à Nongo, monte au créneau au sujet du domaine abritant la gare routière de Madina. Réunie ce mercredi 19 août autour d’un point de presse organisé au marché de Madina, elle dit craindre une remise en cause de ses droits sur ce site qu’elle affirme occuper sur la base de plusieurs documents administratifs et contractuels.
Par la voix de son porte-parole, Mamadou Baillo Diallo, la famille assure détenir plusieurs pièces relatives à l’occupation et à la mise en valeur du domaine, dont des contrats de bail délivrés, selon elle, par différentes autorités compétentes.
« Une famille qui dispose des documents légaux est très inquiète face à une situation qui pourrait advenir. C’est relatif aux rumeurs qui se propagent, demandant de libérer le domaine de la gare routière de Madina », a déclaré Mamadou Baillo Diallo.

Selon le porte-parole, la tension serait montée d’un cran ces derniers temps avec l’intervention de personnes qui auraient demandé aux occupants de quitter le site. Une démarche que la famille dit ne pas comprendre, estimant que les documents qu’elle détient demeurent valables.
« Le domaine, la famille dispose des documents des baux obtenus avec les autorités de la commune de Matam, le gouvernement et le ministère de l’Habitat », a-t-il soutenu.
Face à cette situation, la famille en appelle directement au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, afin que les autorités compétentes examinent le dossier et clarifient les droits des différentes parties.

Mamadou Baillo Diallo assure toutefois que la famille ne s’opposerait pas à une décision prise dans l’intérêt général.
« Nous sommes dans un État de droit. Si c’est pour une utilité publique, la famille est prête à libérer les lieux. Mais si c’est une autre personne qui est derrière cette démarche, elle se trompe. La famille n’acceptera pas », a-t-il prévenu.
Au cours du point de presse, le porte-parole a présenté plusieurs documents que la famille considère comme des éléments permettant d’établir ses droits sur le domaine.

Selon ses explications, certaines démarches remontent à plusieurs années et impliquent différents responsables ayant exercé des fonctions au niveau de la commune de Matam et de l’administration.
« Voici le document, le document des différents baux qu’on a obtenus. Ça, c’était depuis le temps de Malik Sankho. Il nous a remis le bail. Là, c’est Mathurin Bangoura qui nous a remis ça. Tout est signé et authentifié », a expliqué Mamadou Baillo Diallo.

Il a également évoqué un contrat conclu avec la commune de Matam, présentée comme l’une des autorités impliquées dans les démarches liées à la construction de la gare routière.
« Soi-disant, c’est eux qui étaient chargés de donner le contrat pour construire la gare routière. […] Donc, on a sollicité de prendre un bail aussi avec eux. Malgré tout ça, on a pris ça », a-t-il relaté.
Malgré ces différentes démarches, la famille affirme que son projet n’a jamais pu être mené à son terme dans les conditions initialement envisagées.

Autre élément avancé par la famille : la pose de la première pierre de la gare routière, organisée sur le site en présence de plusieurs responsables administratifs et communaux.
« Après ça, on est venu faire la pose de la première pierre à la gare routière avec le gouverneur, avec le maire Ismaïl Condé à l’époque », a rappelé le porte-parole.
Mais cette cérémonie aurait rapidement été suivie de nouvelles contestations. Selon Mamadou Baillo Diallo, plusieurs vice-maires se seraient opposés au bail présenté par la famille.
« Le lendemain, tous les vice-maires sont venus dire qu’ils n’étaient pas d’accord avec le bail du gouverneur. Maintenant, ils ont semé de la pagaille. Jusqu’à maintenant, c’est cette pagaille qui continue », a-t-il déploré.
Pour la famille, cette succession de décisions et de contestations a contribué à installer une situation d’incertitude autour du domaine, qu’elle souhaite désormais voir tranchée dans le strict respect de la légalité.

Face à la persistance du différend, la famille affirme avoir décidé de saisir la justice. Selon son porte-parole, une plainte contre X aurait déjà été déposée.
« Maintenant, on compte porter l’affaire à la justice. On a porté plainte contre X. Maintenant, on attend la suite », a indiqué Mamadou Baillo Diallo.
Il affirme également que la famille aurait entrepris des démarches pour obtenir l’arrêt des travaux effectués sur le site.
« On a même amené un arrêt de travaux, on les a remis, mais jusqu’à présent ils persistent, ils continuent de travailler », a-t-il affirmé.

La famille estime que l’intervention des autorités judiciaires et administratives est désormais nécessaire pour prévenir une éventuelle escalade et permettre à chaque partie de faire valoir ses droits dans le cadre légal.
L’un des principaux arguments avancés par la famille repose sur un contrat de bail qu’elle présente comme ayant une durée de 30 ans et ayant été signé en 2018.
« C’est un contrat de 30 ans que nous avons signé depuis 2018 », a affirmé le porte-parole.
La famille dit, dès lors, ne pas comprendre l’arrivée de personnes qu’elle présente comme étrangères au dossier et qui auraient demandé aux occupants de libérer le terrain.
« On ne connaît pas qui. Ce sont des inconnus qui sont venus avec la complicité du chef du syndicat Ousmane Horoya, pour dire à tout le monde de quitter le terrain », a soutenu Mamadou Baillo Diallo.
Des accusations qui, à ce stade, relèvent de la version de la famille et devront être confrontées aux explications des autres parties concernées.
À travers ce point de presse, les proches de feu El Hadj Abdoulaye Diallo souhaitent donc attirer l’attention des pouvoirs publics sur un dossier qui, selon eux, s’enlise depuis plusieurs années.
La famille demande notamment aux autorités compétentes d’examiner les différents documents produits, de vérifier la validité des contrats invoqués par les parties et de déterminer clairement les droits de chacun sur le domaine de la gare routière de Madina.
Elle réaffirme, par ailleurs, sa disponibilité à libérer le site si une décision est prise dans le cadre d’une véritable opération d’utilité publique.

En revanche, elle prévient qu’elle entend défendre ses droits si elle estime que la démarche engagée répond à des intérêts privés.
En attendant l’évolution de la procédure judiciaire annoncée, le dossier reste donc entre les mains des autorités compétentes, appelées à apporter des clarifications sur le statut juridique du domaine et sur la validité des différents documents brandis par les parties.
Salif Camara pour Planete7.info
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