Excision en Guinée : Hassatou Lamarana Bah dénonce l’impunité et appelle à l’application de la loi

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Face à la persistance des mutilations génitales féminines (MGF) en Guinée, la journaliste, écrivaine et vice-présidente de l’ONG Les Amazones de la Presse Guinéenne, Hassatou Lamarana Bah, interpelle les autorités sur l’application effective des textes de loi. Elle dénonce la banalisation de l’excision, notamment sur les réseaux sociaux, et réclame des poursuites contre ceux qui la pratiquent ou en font la promotion.

En Guinée, la lutte contre les mutilations génitales féminines reste confrontée à un paradoxe : malgré l’existence de dispositions légales condamnant ces pratiques, l’excision continue d’être défendue et parfois revendiquée publiquement.

Une situation qui révolte Hassatou Lamarana Bah. Pour la militante féministe, il est incompréhensible que, « en ce XXIe siècle », des femmes et des hommes puissent encore soutenir ouvertement l’excision « au vu et au su des autorités ».

Selon elle, le problème ne réside plus uniquement dans la sensibilisation, mais surtout dans l’application des lois. Elle estime que les nombreuses campagnes menées contre les MGF doivent désormais être accompagnées d’une véritable volonté de faire respecter les textes en vigueur.

« Malgré tous nos efforts, nos dénonciations et nos campagnes de sensibilisation, nous voyons encore des personnes afficher publiquement leur adhésion à l’excision », déplore-t-elle.

La journaliste s’inquiète particulièrement de la présence de contenus faisant l’apologie de l’excision sur les réseaux sociaux. Des vidéos dans lesquelles certaines personnes apparaissent à visage découvert pour défendre cette pratique sont, selon elle, révélatrices d’une banalisation inquiétante.

« Le plus révoltant, c’est de voir ces vidéos circuler avec les visages de certaines personnes clairement identifiables. Pour elles, cela semble même être une source de fierté », dénonce Hassatou Lamarana Bah.

Pour la vice-présidente des Amazones de la Presse Guinéenne, cette exposition publique ne devrait pas rester sans conséquence. Elle appelle les autorités judiciaires à examiner ces faits et, lorsque les conditions légales sont réunies, à engager des poursuites contre leurs auteurs.

Autre point soulevé par la militante : la question du consentement. Elle rejette l’argument selon lequel l’excision pourrait être justifiée par le consentement des personnes concernées, particulièrement lorsqu’il s’agit de mineures.

« On ne peut pas parler de consentement lorsqu’il s’agit d’un crime. Et même si l’on voulait parler de consentement, ce sont des petites filles qui subissent cette pratique, parfois à 5, 6 ou 9 ans. Que connaissent-elles réellement de l’excision ? », s’interroge-t-elle.

Pour elle, le débat ne devrait donc pas se transformer en affrontement entre « pro-excision » et « anti-excision ». L’urgence, estime-t-elle, est ailleurs : faire respecter les dispositions légales qui protègent les enfants et les femmes contre les mutilations génitales féminines.

Hassatou Lamarana Bah invite ainsi les autorités à faire preuve de fermeté à l’égard de toute personne qui pratique, encourage ou promeut les MGF.

« Il ne devrait même pas y avoir de débat entre les pro-excision et les anti-excision. Il faut simplement appliquer ce qui est écrit dans la loi. Le Code pénal et le Code de l’enfant condamnent ces pratiques », soutient-elle.

Elle réclame également que les personnes qui en font publiquement la promotion puissent répondre de leurs actes devant la justice.

« Quiconque prône ces pratiques néfastes et barbares doit être condamné à la hauteur de sa forfaiture », martèle-t-elle.

À travers cette prise de position, la militante féministe appelle à dépasser le stade des dénonciations et des campagnes de sensibilisation pour privilégier une réponse judiciaire effective. Pour elle, la protection des filles passe désormais par l’application rigoureuse des textes, la poursuite des auteurs et la fin de l’impunité autour des mutilations génitales féminines en Guinée.

Le message de Hassatou Lamarana Bah est ainsi clair : au-delà des discours et des engagements, la lutte contre l’excision doit désormais se traduire par des actes et par l’application effective de la loi.

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info

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