Examens nationaux : le SNE dénonce une « fraude systémique » et réclame une réforme en profondeur

Le Syndicat National de l’Éducation (SNE) hausse le ton contre l’organisation des examens nationaux en Guinée. Lors d’un point de presse tenu ce lundi à son siège de Matoto, son secrétaire général, Michel Pépé Balamou, a dénoncé de graves dysfonctionnements qu’il qualifie de « fraude systémique », mettant en cause la gouvernance du processus ainsi que les mécanismes de contrôle censés garantir la crédibilité des évaluations.
Face aux journalistes, le responsable syndical a d’abord pointé du doigt le manque de transparence dans la gestion financière des examens nationaux. Selon lui, aucune communication officielle n’a été faite sur le budget alloué à leur organisation depuis 2018, une situation qu’il considère comme la première manifestation des dérives dénoncées.
« Lorsqu’on parle de fraude systémique, c’est cette fraude-là même qui est commise par ceux qui sont chargés de l’empêcher. La fraude commence d’abord par le budget des examens nationaux. Depuis 2018, il n’y a plus eu de communication sur ce budget. Pourtant, lorsqu’on veut une gestion transparente, il faut d’abord rendre public le budget », a déclaré Michel Pépé Balamou.
Le secrétaire général du SNE a rappelé qu’entre 2016 et 2018, les autorités rendaient public le budget consacré aux examens nationaux. Il affirme qu’à cette période, une enveloppe de 70 milliards de francs guinéens avait été mobilisée et qu’une partie des fonds non consommés avait été reversée au Trésor public. À ses yeux, l’absence de publication des budgets depuis plusieurs années alimente les interrogations sur la gouvernance du secteur.
Au-delà de l’aspect financier, le syndicat remet également en cause les critères de sélection des centres d’examen. Michel Pépé Balamou estime que plusieurs établissements retenus ne remplissent pas les conditions requises en matière d’infrastructures et d’accessibilité.
« Nous avons constaté que certaines écoles choisies n’avaient que sept salles de classe et étaient enclavées. Dans ces conditions, cela devient une source de fraude, parce que certains fondateurs négocient pour que leurs écoles deviennent des centres d’examen afin de favoriser leurs candidats », a-t-il soutenu.
Le responsable syndical a, par ailleurs, dénoncé des insuffisances dans le recrutement des surveillants. Selon les informations recueillies par le SNE, certaines personnes affectées à cette mission ne disposeraient ni des qualifications requises ni de la maîtrise des règles encadrant la surveillance des épreuves.
« Nous avons vu des surveillants qui ne savaient même pas écrire le sujet au tableau. Certains ont eux-mêmes reconnu qu’ils ne connaissaient pas les règles de la surveillance des examens », a-t-il affirmé.
À travers cette déclaration, le Syndicat National de l’Éducation appelle les autorités éducatives à engager une réforme structurelle de l’organisation des examens nationaux. Le SNE plaide notamment pour une plus grande transparence dans la gestion des ressources, un encadrement plus rigoureux de la sélection des centres d’examen et un renforcement des critères de recrutement des surveillants, afin de restaurer la crédibilité du système d’évaluation en Guinée.
Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info
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