Éducation en Guinée : Michel Pépé Balamou alerte sur les dérives du privé et appelle à renforcer le public

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Le manque d’infrastructures scolaires publiques dans certaines zones de la Guinée alimente les inquiétudes du Syndicat national de l’éducation (SNE). Pour son secrétaire général, Michel Pépé Balamou, cette situation contribue à renforcer la place de l’enseignement privé et pose, plus largement, la question de la marchandisation de l’éducation.

Le constat dressé par le responsable syndical est particulièrement préoccupant dans certaines zones de l’agglomération de Conakry. Michel Pépé Balamou évoque notamment l’axe allant de Bellevue à Kagbèlen, où les établissements publics se feraient rares.

« Lorsque vous prenez de Bellevue jusqu’à Kagbèlen, vous n’allez pas trouver plus de cinq à six écoles primaires publiques », déplore-t-il, qualifiant ces zones de « déserts d’infrastructures scolaires ».

Pour le secrétaire général du SNE, l’insuffisance de l’offre publique contribue mécaniquement à accroître la dépendance des familles vis-à-vis des établissements privés. Une situation qui, selon lui, pose la question de l’accessibilité de l’éducation pour les ménages les plus modestes.

Michel Pépé Balamou estime que l’éducation doit avant tout relever de la responsabilité de l’État, notamment en matière d’accès et de gratuité.

« Dans les conditions normales, aucun enfant ne doit payer de l’argent pour aller à l’école », soutient-il, en référence au principe de gratuité de l’éducation inscrit dans les textes fondamentaux du pays.

Le syndicaliste ne remet toutefois pas en cause, de manière générale, la présence des opérateurs privés dans le système éducatif. Il reconnaît leur contribution à l’accès des enfants à l’enseignement, notamment dans les zones où l’offre publique demeure insuffisante.

Selon lui, des promoteurs investissent leurs propres ressources pour construire des établissements et permettre à des milliers d’enfants d’être scolarisés. Une intervention qui, malgré sa dimension commerciale, peut également répondre à un besoin d’intérêt général.

« L’éducation contribue à la lutte contre l’analphabétisme dans un pays », rappelle-t-il.

Au-delà de la question de l’accès à l’éducation, le SNE met l’accent sur les conditions de travail des enseignants évoluant dans le secteur privé.

Le syndicat plaide pour un encadrement plus rigoureux des établissements privés et demande notamment l’immatriculation des enseignants auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale. Il réclame également une meilleure application de la législation du travail.

Michel Pépé Balamou insiste par ailleurs sur la nécessité de formaliser les relations entre les établissements et leurs enseignants à travers des contrats de travail à durée déterminée (CDD) ou à durée indéterminée (CDI).

Le SNE souhaite également la mise en place de conventions collectives adaptées aux réalités de l’enseignement privé, afin de renforcer la protection des travailleurs du secteur.

Pour le responsable syndical, ces mesures sont d’autant plus importantes que l’enseignement privé représente une importante source d’emplois pour de nombreux jeunes.

La question des rémunérations constitue également un autre point d’inquiétude soulevé par Michel Pépé Balamou.

Le secrétaire général du SNE affirme que certains enseignants du privé seraient confrontés à des retards ou à des interruptions de paiement. Il évoque notamment des situations dans lesquelles des enseignants ne percevraient aucune rémunération durant les trois mois de vacances scolaires.

Dans certains cas, affirme-t-il, le salaire du mois de juin ne serait même pas versé.

Pour le syndicaliste, ces pratiques fragilisent davantage les travailleurs du secteur et appellent une intervention des autorités compétentes.

À travers ces revendications, le SNE entend ainsi remettre au centre du débat la question de l’équilibre entre l’offre publique et l’offre privée, mais aussi celle de la protection des enseignants qui contribuent, aux côtés du secteur public, au fonctionnement du système éducatif guinéen.

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info 

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