N’Zérékoré : les enseignants contractuels non retenus rejettent le nouveau concours et réclament leur engagement

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À l’approche de la rentrée scolaire prévue le 5 octobre, la contestation se poursuit à N’Zérékoré. Des enseignants contractuels communaux non retenus affirment, ce jeudi 24 septembre 2026, leur refus de prendre part au nouveau concours annoncé par les autorités pour le recrutement d’enseignants à la Fonction publique. Ils demandent plutôt l’application du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026, qui, selon eux, prévoit leur engagement sans nouveau concours.

Dans la capitale de la Guinée forestière, la question de l’avenir des enseignants contractuels communaux non retenus continue de susciter des tensions. Alors que le gouvernement prépare une nouvelle opération de recrutement dans le secteur de l’éducation, ces enseignants estiment avoir déjà franchi les différentes étapes du processus engagé précédemment : identification, pré-enrôlement, biométrie et évaluation pratique de classe.

Réunis autour de leur coordination régionale, ils disent ne pas vouloir reprendre une procédure qu’ils considèrent comme déjà accomplie. Leur revendication est claire : être pris en compte dans le processus d’engagement à la Fonction publique avant l’ouverture des classes.

Pour Djéby Kourouma, coordinateur régional des enseignants contractuels communaux non retenus à N’Zérékoré, le nouveau concours annoncé par le ministère de la Fonction publique ne répond pas à la situation de cette catégorie d’enseignants.

« Le concours actuellement annoncé par Son Excellence Monsieur le ministre de la Fonction publique, François Faya Bourouo, ne nous concerne pas, nous, enseignants contractuels communaux non retenus de Guinée. Nous sommes déjà engagés dans un processus spécifique de revendication de notre intégration à la Fonction publique, après des années de services rendus à la nation », affirme-t-il.

Le coordinateur évoque notamment les différentes étapes déjà franchies par les enseignants concernés.

« Nous avons été évalués en pratiques de classe, avec des notes requises de 10, 12, 15, 16, 17 et 18. Toutes ces notes se trouvent dans les bases de données. Nous avons également déposé nos dossiers. La liste des 4 500 concernés existe, tout comme les listes des pré-enrôlés, des biométrisés, de ceux qui sont frappés par la limite d’âge et des personnes identifiées », explique-t-il.

Dans ces conditions, les enseignants disent ne pas vouloir déposer de nouveaux dossiers sur une plateforme de recrutement.

« Nous refusons catégoriquement tout dépôt de dossiers sur une quelconque plateforme. Nous restons mobilisés et déterminés aux côtés de l’intersyndicale de l’éducation, notamment la FSPE, le SNE et le SLECG, et nous réitérons notre soutien total à la grève », déclare Djéby Kourouma.

Il réclame, au nom de ses camarades, « le respect intégral du protocole d’accord du 3 janvier 2026 », qui, selon lui, prévoit leur engagement à la Fonction publique sans concours avant l’ouverture des classes.

Le refus du nouveau concours ne constitue pas, pour ces enseignants, la seule forme de contestation. Ils annoncent également le maintien de leur mobilisation et de leurs actions de protestation.

« Nous maintenons notre mot d’ordre de mobilisation et de manifestation pacifique, avec le Saint Coran et la Bible », affirme Djéby Kourouma, qui dit vouloir voir leur dossier évoluer jusqu’à la signature de l’arrêté d’engagement.

Derrière cette revendication collective se trouvent aussi des situations individuelles marquées par la précarité et plusieurs années de service dans les salles de classe.

Au collège de Palé, Jacob Loua enseigne l’histoire et l’éducation civique et morale. Il affirme travailler dans le secteur de l’éducation depuis 16 ans.

« Je suis un enseignant contractuel non retenu, chargé des cours d’histoire et d’ECM au collège de Palé depuis 16 ans. Nous souffrons énormément dans cette situation. C’est pourquoi nous demandons humblement au père de la nation, le Président Mamadi Doumbouya, d’entendre nos voix, en tant que fils de la nation », témoigne-t-il.

Selon lui, plusieurs années de travail n’ont pas débouché sur une situation professionnelle stable.

« Depuis des années, nous avons travaillé pour aider l’État. Et, depuis lors jusqu’à présent, nous n’avons pas de primes. Après le dernier concours, nous avons été recalés. Nos notes montrent que nous avons le niveau. Nous demandons seulement au gouvernement, particulièrement au chef de l’État, de nous aider pour notre intégration à la Fonction publique », plaide-t-il.

Jacob Loua raconte également avoir été victime d’une chute alors qu’il tentait de récolter des régimes de palme pour subvenir à ses besoins.

Au collège de Palé, il estime par ailleurs que les besoins en enseignants demeurent importants malgré l’affectation de certains enseignants titulaires.

« C’est pourquoi l’APEAE est venue me chercher à la maison. En toute vérité, nous avons du mal à nous en sortir avec les primes de l’APEAE, fixées à 600 000 FG par mois. Nous prions et demandons l’aide de l’État pour notre engagement avant l’ouverture des classes. Nous sommes des pères et mères de famille qui vivons cette situation. Qu’ils aient pitié de nous », ajoute-t-il.

La précarité décrite par ces enseignants touche également les femmes. À l’école primaire Dramé Oumar de N’Zérékoré, Nowaï Boolamou est chargée d’une classe de 6ᵉ année. Elle affirme cumuler près de 13 années dans l’enseignement.

« Depuis près de 13 ans, nous nous sommes engagés et lancés dans l’enseignement pour servir notre nation, sauver l’école guinéenne et participer au développement de notre pays à travers la formation des enfants, en tant que contractuels », témoigne-t-elle.

Pour subvenir aux besoins de sa famille, cette enseignante dit être contrainte de mener une activité commerciale après ses heures de cours.

« Pour m’occuper de mes enfants et leur trouver de quoi manger, je suis obligée, après la classe, de vendre de l’eau et des galettes », explique-t-elle.

Visiblement émue, elle appelle à une solution avant la rentrée scolaire.

« Nous prions le chef de l’État, Mamadi Doumbouya, et tout le gouvernement de nous aider pour notre prise en charge. Nous traversons des situations difficiles… Notre espoir de vie passe par notre engagement », ajoute-t-elle.

À Kéréma, Jocelin Sandy, chargé de cours au collège public de proximité Keffa Gbilémou depuis 2018, estime lui aussi que les enseignants ayant déjà participé aux différentes étapes du processus doivent être pris en compte.

« Nous demandons au gouvernement de respecter le contenu du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026. Dans ce protocole, il a été dit que tous les enseignants contractuels communaux non retenus qui ont fait la biométrie et la pratique de classe sont prioritaires pour l’engagement. Si le gouvernement veut recruter, je pense qu’on doit nous prioriser », soutient-il.

Il insiste notamment sur le cas des 4 500 enseignants concernés.

« Tous les enseignants que nous sommes avons franchi toutes les étapes, de l’identification jusqu’aux pratiques de classe, en passant par le pré-enrôlement et la biométrie. Tout notre souhait est de voir, si possible, les 4 500 contractuels communaux non retenus engagés avant l’ouverture des classes », plaide-t-il.

À N’Zérékoré, la mobilisation des enseignants contractuels communaux non retenus intervient alors que la rentrée scolaire du 5 octobre approche. Ces derniers maintiennent leur refus de participer au nouveau concours annoncé et continuent de réclamer l’application du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026.

Leur demande porte principalement sur leur engagement à la Fonction publique, au terme d’un processus qu’ils estiment avoir déjà accompli. Reste désormais à savoir quelle réponse les autorités apporteront à cette revendication avant la reprise effective des cours.

Pépé Blaise Théa, correspondant à Nzérékoré pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

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