Du « NON » de 1958 à l’avenir : à Kinshasa, l’ambassadeur Sékou Camara revisite l’héritage panafricain de la Guinée

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Soixante-huit ans après le « NON » historique du 28 septembre 1958, la Guinée continue de présenter son indépendance comme un acte fondateur dont la portée dépasse ses propres frontières. À Kinshasa, l’Ambassadeur Sékou Camara a placé la célébration du 2 octobre sous le signe de la mémoire, de la souveraineté et de la solidarité africaine.

Dans son intervention, le diplomate a rappelé le choix effectué par le peuple guinéen en 1958 lors du référendum sur la communauté française. Sous la conduite d’Ahmed Sékou Touré, la Guinée avait alors choisi la voie de l’indépendance, devenant le premier territoire de l’Afrique subsaharienne française à accéder à la souveraineté cette année-là.

Mais pour l’Ambassadeur, cette indépendance ne peut être comprise comme un événement strictement national. Elle s’inscrivait dans une vision plus large de la libération du continent.

Il a ainsi rappelé la vocation panafricaine de la Guinée et son rôle historique dans le soutien aux mouvements de libération. Dans cette lecture de l’histoire, Conakry fut non seulement la capitale d’un État nouvellement indépendant, mais également un espace de solidarité pour les peuples africains engagés dans la conquête de leur liberté.

Cette dimension historique trouve un écho particulier en RDC, pays dont l’histoire de l’indépendance reste intimement associée à la figure de Patrice Emery Lumumba. Sékou Camara a justement rappelé la proximité historique entre Sékou Touré et Lumumba et fait de cette mémoire partagée l’un des fondements de l’amitié entre les deux peuples.

Mais le discours ne s’est pas enfermé dans la nostalgie.

« S’inspirer du passé pour construire ensemble l’avenir, notre jeunesse » : le thème retenu pour la célébration sert précisément de passerelle entre mémoire et avenir. La Guinée veut tirer de son histoire une ambition nouvelle, notamment autour de la souveraineté économique, du développement des ressources naturelles et de la formation de sa jeunesse.

Cette approche fait écho au message délivré à Conakry pour le 68e anniversaire : le souvenir de l’indépendance doit désormais nourrir une nouvelle étape de la souveraineté, politique mais aussi économique.

Le choix de Kinshasa pour porter ce message revêt une portée symbolique particulière. Entre la Guinée et la RDC, deux pays séparés par la géographie mais rapprochés par l’histoire des indépendances africaines, le panafricanisme demeure un terrain de convergence.

À travers son discours, Sékou Camara semble donc proposer une lecture en trois temps de l’histoire guinéenne : le “NON” de 1958 comme acte de souveraineté, le panafricanisme comme héritage et la jeunesse comme porteuse d’un nouvel avenir.

Une manière de rappeler que l’indépendance n’est pas seulement une date à célébrer. Elle constitue aussi une responsabilité permanente : celle de préserver la dignité, de renforcer la souveraineté et de construire, avec les nouvelles générations, une Afrique davantage maîtresse de son destin.

 

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