District de Kalédi (Kindia) : entre abandon et détresse sociale, les populations livrées à elles-mêmes

Situé dans la commune rurale de Molota, dans la préfecture de Kindia, le district de Kalédi fait face à une crise persistante liée au déficit d’infrastructures sociales de base. Absence d’eau potable, manque d’établissements scolaires, inexistence de centre de santé : les populations de cette localité vivent dans une précarité alarmante qui compromet gravement leurs conditions de vie.
Rencontrés ce mercredi 21 décembre 2026 par notre rédaction, plusieurs citoyens ont dressé un tableau préoccupant de leur quotidien, marqué par des difficultés multiples et un sentiment d’abandon.

Selon Alseny Camara, chef du district, plus de 400 enfants seraient aujourd’hui privés d’école, faute d’infrastructures éducatives adaptées.
« Nos enfants sont livrés à eux-mêmes. Nous hésitons à les envoyer en ville, car beaucoup finissent comme petits vendeurs dans les marchés au lieu d’aller à l’école. Ici, il n’y a aucune école, aucun centre de santé. Lorsqu’une personne tombe malade, il faut parcourir plusieurs kilomètres pour avoir accès aux soins », déplore-t-il.

À ces difficultés s’ajoute l’état de délabrement avancé de la mosquée du district, devenue impraticable pendant la saison des pluies, ainsi que l’épineux problème de l’eau potable. Les femmes et les jeunes filles parcourent de longues distances pour s’approvisionner dans une rivière, seule source d’eau disponible. Une situation qui expose les populations à de graves risques sanitaires.
« En plein XXIᵉ siècle, nous continuons à consommer l’eau de la rivière. Cela nous rend vulnérables à de nombreuses maladies », regrette le chef du district.

Même constat du côté des femmes. Pour Mabinty Camara, présidente des femmes de Kalédi, la situation est particulièrement critique pour les femmes enceintes.
« Nous souffrons énormément. Lorsqu’une femme est sur le point d’accoucher, c’est toute une épreuve. Il faut parcourir plusieurs kilomètres pour rejoindre les localités voisines qui disposent d’un centre de santé. Parfois, cela se fait dans des conditions très risquées », témoigne-t-elle, avant de lancer un appel pressant aux autorités et aux personnes de bonne volonté.

En attendant une réponse concrète des pouvoirs publics, les habitants de Kalédi continuent de vivre dans des conditions extrêmement précaires. Les enfants, privés d’accès à l’éducation, grandissent sans perspectives claires, tandis que l’absence de services sociaux de base maintient la population dans un cycle de vulnérabilité et d’exclusion. Une réalité qui interpelle, une fois de plus, sur les inégalités territoriales et l’urgence d’un développement rural plus inclusif.
Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planète7.info
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