Déguerpissement à Dar-Es-Salam : les familles déplacées lancent un cri de cœur aux autorités

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L’éboulement meurtrier survenu dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026 à la décharge de Dar-Es-Salam a précipité le déguerpissement des populations installées dans les zones considérées comme à risque. Si cette opération vise à prévenir de nouveaux drames, elle plonge également plusieurs familles déjà vulnérables dans une profonde incertitude.

Parmi les personnes contraintes de quitter leur habitation figure Aïssatou Barry. Installée à Dar-Es-Salam depuis trois ans, elle affirme avoir vu son logement détruit dans le cadre de l’opération de déguerpissement. Aujourd’hui, elle dit ne disposer d’aucune solution de relogement, alors qu’elle a la charge de quatre filles orphelines.

« Je suis là depuis trois ans maintenant. Ils sont venus détruire nos habitations aujourd’hui. Je suis avec quatre filles orphelines et moi-même étant orpheline, je n’ai pas où aller », témoigne-t-elle, la voix chargée d’émotion.

Dans une situation de grande précarité, cette mère de famille explique devoir se débrouiller au quotidien pour assurer la subsistance de ses enfants, sans bénéficier d’une quelconque assistance.

« Je ne reçois aucune aide d’autrui. Je me débrouille avec mes filles pour pouvoir gagner de quoi nous nourrir », confie-t-elle.

Consciente des risques liés à la proximité de la décharge, Aïssatou Barry ne conteste pas la nécessité de mettre les populations à l’abri. Mais elle demande aux autorités de ne pas laisser les familles déguerpies sans solution.

« Je demande la clémence des autorités pour nous reloger loin de tout risque. Le reste, je le remets à Dieu », plaide-t-elle.

Le déguerpissement de Dar-Es-Salam intervient dans un contexte marqué par l’urgence de sécuriser les populations vivant aux abords de la décharge. Pour les autorités, l’opération répond à un impératif de prévention après le nouvel éboulement meurtrier qui a endeuillé la zone.

Mais pour les familles concernées, le départ forcé soulève une autre urgence : celle du relogement. Beaucoup disent se retrouver sans toit et sans moyens suffisants pour trouver une nouvelle habitation.

La situation de Dar-Es-Salam rappelle ainsi la fragilité des populations installées à proximité des dépotoirs. Déjà frappée par un éboulement meurtrier en août 2017, la zone a connu un nouveau drame en août 2026. Deux catastrophes qui relancent, avec une acuité particulière, la question de la délocalisation définitive de la décharge.

Derrière les engins qui détruisent les habitations pour éloigner les populations du danger, restent des familles confrontées à une autre forme d’épreuve : trouver un endroit sûr où vivre. Pour elles, la sécurisation de Dar-Es-Salam ne saurait être dissociée d’une véritable politique de relogement et d’accompagnement des personnes déguerpies.

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info

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