Dabis (Boké) : une bataille judiciaire autour de l’élection du premier vice-maire ravive le débat sur l’exécution des décisions de justice

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Dabis, Boké – Une nouvelle bataille judiciaire secoue la commune rurale de Dabis, dans la préfecture de Boké. L’élection d’Ibrahima Moghere Bah au poste de premier vice-maire est désormais contestée devant les tribunaux, sur fond d’un jugement antérieur ayant invalidé sa candidature avant les élections communales du 31 mai 2026. Cette affaire relance le débat sur le respect des décisions de justice dans le processus électoral.

Au cœur du contentieux figure la recevabilité de la candidature d’Ibrahima Moghere Bah aux élections communales. Selon les requérants, l’intéressé ne remplissait pas les conditions prévues par l’article 233 du Code électoral guinéen, qui exige notamment qu’un candidat soit inscrit sur la liste électorale de la commune dans laquelle il sollicite un mandat. Ils soutiennent qu’il ne figurait pas sur la liste électorale de la commune rurale de Dabis.

Saisi avant le scrutin, le Tribunal de Première Instance de Boké avait rendu, le 4 mai 2026, le jugement n°13 invalidant sa candidature. La juridiction avait également ordonné son remplacement par un autre candidat présenté par le Mouvement Génération pour la Modernité et le Développement (GMD).

Toutefois, selon les contestataires, cette décision n’aurait jamais été exécutée. Ils affirment que, malgré le jugement, la candidature d’Ibrahima Moghere Bah a été maintenue par les autorités compétentes, lui permettant de prendre part aux élections communales, d’être élu conseiller communal, puis d’accéder aux fonctions de premier vice-maire de Dabis.

Estimant que cette situation constitue une violation du Code électoral ainsi qu’une remise en cause de l’autorité des décisions de justice, les requérants ont de nouveau saisi le Tribunal de Première Instance de Boké. Ils sollicitent l’annulation de son élection en qualité de conseiller communal ainsi que de son mandat de premier vice-maire.

L’affaire est suivie avec une attention particulière dans la préfecture de Boké, tant ses implications dépassent le seul cadre local. Elle soulève notamment la question de l’exécution effective des décisions judiciaires dans le processus électoral et du respect des principes de l’État de droit. Si les griefs soulevés venaient à être confirmés par la justice, cette affaire pourrait créer un précédent en matière de gouvernance locale et de contrôle de la légalité des élections communales.

D’après les éléments avancés par les requérants, plusieurs autorités administratives locales, notamment le Secrétariat général de la commune de Dabis, le sous-préfet de Dabis et le préfet de Boké, auraient été officiellement informés du jugement du 4 mai 2026 avant les opérations ayant conduit à l’installation des nouvelles autorités communales.

Le Tribunal de Première Instance de Boké est désormais appelé à examiner cette nouvelle requête. Sa décision, très attendue, pourrait avoir des répercussions majeures sur la composition de l’exécutif communal de Dabis et, plus largement, sur l’interprétation et l’application des règles encadrant les élections locales en Guinée.

À ce stade, aucune décision définitive n’a encore été rendue dans cette nouvelle procédure. Le principe de la présomption de régularité des actes administratifs et les droits de la défense demeurent applicables jusqu’à ce que la juridiction compétente statue sur le fond du dossier.

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info

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