Conakry : une table ronde ministérielle de haut niveau pour accélérer la mise en œuvre du Protocole de Maputo

La capitale guinéenne a accueilli, le mercredi 7 octobre 2026, une table ronde ministérielle de haut niveau consacrée à la ratification, à la domestication et à la mise en œuvre effective du Protocole de Maputo. L’objectif est de transformer les engagements des États en réformes juridiques, en politiques publiques et en mécanismes concrets de protection des droits des femmes et des filles.
Conakry a été, ce mercredi 7 octobre 2026, le point de convergence de plusieurs délégations africaines réunies autour d’un enjeu majeur : l’application effective du Protocole de Maputo relatif aux droits des femmes en Afrique. Présidée par le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, cette rencontre de haut niveau a enregistré la participation de représentants du Bénin, du Burkina Faso, du Burundi, du Congo, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de Madagascar, du Niger, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Sénégal, du Tchad et du Togo.
Placée sous le thème « La ratification, la domestication et la mise en œuvre du Protocole de Maputo dans les pays d’Afrique francophone », cette table ronde vise à identifier des pistes d’action concrètes pour renforcer la protection des droits des femmes et des filles sur le continent.
Au-delà de la ratification du texte, adopté par l’Union africaine le 11 juillet 2003 et entré en vigueur en 2005, les échanges portent essentiellement sur les moyens de traduire ses dispositions dans les législations nationales, les politiques publiques et les pratiques institutionnelles.

Dans son discours d’ouverture, la ministre guinéenne de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Aminata Kaba, a insisté sur la nécessité de dépasser le stade des engagements formels pour parvenir à des résultats tangibles.
Selon elle, « la ratification ne saurait constituer une fin en soi ». Elle doit impérativement s’accompagner de réformes législatives, de politiques publiques ambitieuses, de mécanismes institutionnels efficaces et d’actions concrètes.
La ministre a également souligné la persistance de plusieurs obstacles à l’effectivité des droits des femmes, notamment les inégalités structurelles, les pesanteurs socioculturelles, l’accès limité aux opportunités économiques et les violences basées sur le genre.
Pour Aminata Kaba, les travaux de Conakry doivent permettre d’identifier les principaux blocages et de dégager des solutions adaptées aux réalités des pays participants. Les discussions concernent notamment l’élimination des mutilations génitales féminines, la santé sexuelle et reproductive, la participation des femmes aux instances de décision, leur autonomisation économique ainsi que le renforcement de la protection sociale.

Prenant également la parole, la directrice du Centre ODAS, Kadidiatou Sow, a rappelé la portée du Protocole de Maputo, qui comprend 32 articles couvrant plusieurs dimensions des droits des femmes.
Le texte traite notamment de la dignité et de l’intégrité des femmes, de la lutte contre les discriminations et les violences, de l’accès à la justice, de la participation politique et sociale, des droits économiques et sociaux ainsi que des droits liés à la santé sexuelle et reproductive.
Malgré son importance juridique, la mise en œuvre de ses dispositions demeure un défi pour de nombreux États. La table ronde entend ainsi favoriser le partage d’expériences et l’identification de solutions susceptibles d’accélérer l’intégration des engagements du protocole dans les cadres nationaux.
Les travaux s’articulent autour de plusieurs questions fondamentales : comment lever les obstacles à la ratification du protocole ? Comment transposer ses engagements dans les législations nationales ? Quels dispositifs administratifs, institutionnels et judiciaires mettre en place pour garantir leur application ? Et quelles ressources humaines, techniques et financières mobiliser pour assurer leur pérennité ?
Ces interrogations mettent en évidence la nécessité d’une approche globale, associant les pouvoirs publics, les institutions nationales, les organisations de la société civile et les autres acteurs engagés dans la promotion des droits des femmes.
Car l’effectivité du Protocole de Maputo ne dépend pas uniquement de son intégration dans les textes juridiques. Elle repose également sur la capacité des États à financer les mesures adoptées, à renforcer les institutions chargées de leur application et à garantir aux femmes et aux filles un accès réel aux mécanismes de protection et de recours.
À l’issue des travaux, les participants devraient élaborer une Déclaration de Conakry, fondée sur les recommandations issues des échanges. Ce document devrait contribuer à prolonger le dialogue aux niveaux national et régional, tout en définissant des perspectives d’action pour renforcer la mise en œuvre du Protocole de Maputo dans les pays d’Afrique francophone.
La ministre Aminata Kaba souhaite que cette déclaration porte une ambition collective : faire des droits des femmes non plus un simple engagement juridique, mais « une réalité vécue par chaque femme et chaque fille d’Afrique ».
Après les discours officiels et les prestations artistiques qui ont marqué la cérémonie d’ouverture, les participants sont entrés dans le vif des discussions.
Adopté par l’Union africaine en 2003 et entré en vigueur en 2005, le Protocole de Maputo constitue l’un des principaux instruments juridiques africains consacrés aux droits des femmes. Il engage les États parties à lutter contre les discriminations et les violences, à promouvoir l’égalité dans le mariage et devant la justice, et à renforcer l’accès des femmes à la santé, à l’éducation, aux ressources et aux opportunités économiques.
À Conakry, l’enjeu est désormais de donner une traduction concrète à ces engagements. La portée de cette rencontre se mesurera à la capacité des États à transformer les recommandations en lois adaptées, en politiques publiques financées et en mécanismes de protection réellement accessibles.
Au-delà des déclarations d’intention, le défi reste donc celui de l’application. Car garantir les droits des femmes et des filles exige des engagements politiques durables, des moyens suffisants et des actions mesurables, capables de produire des changements tangibles dans leur quotidien.
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