Conakry : la capitale prise en otage par les motards voleurs

L’insécurité urbaine gagne du terrain dans les quartiers populaires de Conakry, où un phénomène alarmant perturbe le quotidien des citoyens : des voleurs à moto multiplient les agressions éclairs en pleine rue.
Les habitants de plusieurs communes de Conakry vivent désormais dans la crainte permanente d’être pris pour cible par des malfaiteurs à moto. Le mode opératoire est aussi simple qu’efficace : à deux sur une moto, souvent au crépuscule ou durant la nuit, les assaillants surprennent leurs victimes en leur arrachant sacs à main, téléphones portables ou objets de valeur, avant de disparaître à toute vitesse.
Dans des zones comme Matoto, Ratoma, Dixinn ou encore Kaloum, les témoignages se multiplient. Jeunes femmes, étudiants, travailleurs, nul n’est épargné. « Ils surgissent comme des éclairs, s’emparent de vos affaires sans que vous ayez le temps de réagir, puis s’enfuient à vive allure. On se sent traqué », confie une résidente de la commune de Matam.
Ces actes criminels, devenus presque quotidiens, s’appuient sur une stratégie bien rodée : vitesse, surprise et déséquilibre. Le passager arrière est chargé de l’action – il se penche soudainement pour subtiliser l’objet ciblé, pendant que le conducteur accélère sans ralentir, rendant toute poursuite vaine.
Face à cette recrudescence des vols à l’arrachée, l’inquiétude est palpable. De plus en plus de citoyens préfèrent renoncer à l’utilisation de leurs téléphones dans les espaces publics, ou cachent soigneusement leurs sacs en marchant. « À Conakry aujourd’hui, téléphoner dans la rue peut vous coûter cher », déplore un commerçant du marché de Madina.
Malgré quelques patrouilles sporadiques, les forces de l’ordre peinent à juguler cette criminalité mobile. Beaucoup dénoncent un manque de moyens, d’anticipation et de coordination. D’autres appellent à des mesures plus strictes, notamment une meilleure régulation de la circulation des motos et la mise en place de dispositifs de surveillance urbaine.
Tant que des réponses concrètes ne seront pas apportées, Conakry risque de demeurer un terrain de chasse pour ces voleurs à deux roues, semant peur et insécurité sur leur passage.
Oumar Sylla Bah pour Planete7.info
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