Conakry : à 60 ans, Mamadou Lamarana Bah lutte chaque jour pour survivre dans les rues

À près de 60 ans, Mamadou Lamarana Bah incarne une réalité souvent invisible dans les artères animées de Conakry : celle d’un homme debout, malgré les épreuves. Originaire de Dalaba, ce vendeur ambulant sillonne chaque jour la capitale, porté par une seule ambition : survivre dignement de son travail.
Autrefois salarié stable, sa vie a basculé à la suite d’un licenciement qu’il décrit comme une profonde injustice, marquée, selon lui, par une trahison venant de son entourage. Depuis cet épisode, Mamadou Lamarana Bah a dû se réinventer pour faire face à un quotidien devenu incertain.
Désormais, ses journées commencent à l’aube. Depuis son domicile de Bailobaya, il se rend au grand marché de Madina, où il s’approvisionne en chemises de friperie. Commence alors un long périple à travers les quartiers de Conakry, à la recherche d’éventuels clients.
« Chaque matin, je prends des chemises que je revends pour rembourser mes dettes et payer mon loyer », confie-t-il, d’une voix posée, où se mêlent fatigue et détermination.
Mais derrière cet engagement quotidien, se cache une fragilité sociale profonde. Jadis chef d’une grande famille, il a vu son foyer se désagréger sous le poids des difficultés économiques.
« J’avais trois femmes… aujourd’hui, il ne m’en reste qu’une seule. Les autres sont parties parce que je n’ai plus les moyens », raconte-t-il avec lucidité, sans détour.
Sur le terrain, les obstacles sont constants. Entre la baisse du pouvoir d’achat et la concurrence accrue, les journées sans vente ne sont pas rares.
« Il y a des jours où je ne vends rien. Parfois même, je ne mange pas. Ce sont des gens de bonne volonté qui m’aident quand je n’ai rien », explique-t-il.
Malgré ses efforts, il peine à assurer ses charges essentielles, notamment le paiement de son loyer. L’épuisement physique s’ajoute à la précarité : marcher toute la journée devient de plus en plus difficile, au point de lui provoquer des vertiges.
Face à cette situation, Mamadou Lamarana Bah lance un appel à l’aide. Son souhait est simple : obtenir un petit espace de vente fixe, qui lui permettrait de travailler dans des conditions plus humaines et de retrouver une certaine stabilité.
Dans l’agitation permanente de Conakry, son histoire rappelle, avec force, que derrière chaque visage croisé se cache parfois un combat silencieux, fait de courage, de dignité et d’espoir.
Oumar Sylla Bah pour Planete7.info
Contact Planete7.info : 624045895/625214852
Planete7guinee@gmail.com
Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.