Cameroun : onze intellectuels plaident pour une « transition constitutionnelle »

Onze intellectuels et personnalités de la société civile d’origine camerounaise, pour la plupart établis à l’étranger, tirent la sonnette d’alarme sur la situation politique de leur pays. Dans une tribune publiée le 5 octobre 2026 dans le quotidien français Libération, ils appellent à une « transition constitutionnelle » qu’ils présentent comme une réponse à une crise profonde de gouvernance et à une impasse institutionnelle.
Le diagnostic dressé par les signataires est particulièrement critique. Ils estiment que « le pays n’est plus gouverné » et dénoncent une « vacance de pouvoir de fait », ainsi qu’une « paralysie généralisée ». Selon eux, l’appareil d’État fonctionnerait désormais « en pilotage automatique », une situation qui, à leurs yeux, ne peut plus perdurer.
Les auteurs de la tribune prennent soin de préciser que leur démarche « ne procède d’aucune hostilité personnelle ». Leur préoccupation, affirment-ils, porte avant tout sur l’avenir institutionnel du Cameroun.
Face à ce qu’ils décrivent comme une crise durable, les onze signataires considèrent qu’une transition « s’impose comme une nécessité historique ». Celle-ci devrait, selon eux, permettre de sortir le pays de l’impasse et d’ouvrir la voie à une refondation des institutions.
La question anglophone occupe une place centrale dans leur proposition. Les signataires estiment que toute transition politique doit tenir compte de l’histoire du Cameroun et de sa dualité linguistique.
Ils rappellent que le pays est issu d’un « partenariat librement consenti entre deux entités », francophone et anglophone. Dans cette logique, ils font de la résolution durable de la crise anglophone et de la coexistence effective du français et de l’anglais dans les institutions deux conditions majeures de la refondation envisagée.
Les onze personnalités plaident également pour une réouverture de l’espace politique et la tenue, dans les meilleurs délais, d’un dialogue national. Elles souhaitent que les membres de l’actuel gouvernement soient écartés de la conduite de cette éventuelle transition.
Pour les signataires, ce dialogue devrait permettre de dégager un consensus autour d’une « transition constitutionnelle » et de poser les bases d’un nouvel ordre institutionnel.
À travers cette tribune, ces intellectuels et acteurs de la société civile veulent ainsi ouvrir un débat sur l’avenir politique du Cameroun et appeler à une réponse institutionnelle à la crise qu’ils estiment traverser le pays.
Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info
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