Amadou Kourouma : « Sans financement, les entreprises guinéennes ne peuvent pas accélérer leur développement »

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La première édition de la Semaine du Financement des Entreprises Guinéennes (SFEG) a officiellement démarré ce lundi à Conakry sous l’initiative du Fonds de Développement Industriel et des PME (FODIP), avec l’appui du Ministère de l’Industrie et du Commerce. Pendant trois jours, acteurs économiques, institutions financières et porteurs de projets échangeront autour d’un défi majeur du secteur privé guinéen : l’accès au financement.

Parmi les intervenants ayant marqué la cérémonie de lancement figure Amadou Kourouma, président-directeur général du Groupe AMAFO-Guinée. Saluant l’organisation de cette première édition, l’entrepreneur a estimé que cette initiative répond à une préoccupation centrale des opérateurs économiques du pays.

Selon lui, le manque de financement demeure l’un des principaux freins à la croissance et au développement des entreprises nationales. Malgré l’existence d’opportunités d’affaires et de nombreux projets porteurs, les entrepreneurs peinent souvent à mobiliser les ressources nécessaires pour concrétiser leurs ambitions.

« Le plus grand problème auquel nous sommes confrontés en tant qu’entrepreneurs, c’est la question du financement de nos différents projets », a-t-il déclaré devant un parterre d’acteurs économiques et financiers.

Pour le patron du Groupe AMAFO-Guinée, les banques restent aujourd’hui les principaux partenaires financiers des entreprises. Toutefois, il reconnaît que les établissements bancaires font eux aussi face à des contraintes importantes, notamment les difficultés liées au recouvrement des créances.

Revenant sur les échanges tenus lors de la cérémonie, il a souligné que plusieurs institutions financières sont confrontées à des défauts de remboursement, une situation qui réduit leur capacité à accorder davantage de crédits aux entreprises.

Au-delà de cette problématique, Amadou Kourouma a attiré l’attention sur une autre réalité du tissu économique national : la forte dépendance des entreprises aux marchés publics.

Selon lui, une grande majorité des entreprises guinéennes travaillent principalement avec l’État, qui demeure leur principal donneur d’ordre. Cette dépendance devient toutefois un obstacle lorsque les entreprises ne disposent pas des capacités financières suffisantes pour préfinancer les projets qui leur sont confiés.

« Si l’État nous donne des contrats, nous aimerions trouver des structures capables de nous accompagner afin de financer ces projets et accélérer leur exécution », a plaidé l’homme d’affaires.

Cette insuffisance de financement, explique-t-il, est à l’origine des retards constatés dans la réalisation de nombreux projets publics. Des marchés initialement prévus pour quelques mois peuvent ainsi s’étendre sur plusieurs années, faute de ressources mobilisables dès le démarrage des travaux.

Face à cette situation, Amadou Kourouma voit dans la Semaine du Financement des Entreprises Guinéennes une opportunité de créer un véritable cadre de rencontres entre entrepreneurs et bailleurs de fonds.

Pour lui, cette plateforme doit permettre aux entreprises de présenter leurs projets, de nouer des partenariats stratégiques et d’explorer de nouvelles solutions de financement adaptées à leurs besoins.

Tout en saluant cette première initiative, il a exprimé le souhait qu’elle s’inscrive durablement dans l’agenda économique national et devienne, à terme, un rendez-vous incontournable pour les investisseurs et institutions financières de la sous-région.

L’entrepreneur nourrit même l’ambition de voir la Guinée accueillir dans les années à venir un grand forum économique consacré au financement des projets nationaux, capable d’attirer davantage de partenaires financiers internationaux.

Enfin, Amadou Kourouma a rappelé l’importance du secteur privé dans le processus de développement économique du pays. Pour lui, le renforcement des entreprises nationales constitue une condition essentielle pour stimuler la création de richesses, d’emplois et de valeur ajoutée en Guinée.

« Tant que nous ne mettons pas le secteur privé au cœur de nos actions, nous ne pouvons pas nous attendre au développement de notre pays », a-t-il affirmé, avant d’appeler à un meilleur accompagnement des entrepreneurs locaux afin qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle dans la transformation économique du pays.

Salif Camara pour Planete7.info

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