À l’occasion du 68ᵉ anniversaire de l’Indépendance de notre pays, je souhaite une très bonne fête à toutes les Guinéennes et à tous les Guinéens, où qu’ils se trouvent.

Pour moi, cette journée ne doit pas être seulement un moment de fête et de commémoration. Elle doit aussi être l’occasion de nous arrêter un instant pour regarder le chemin parcouru depuis notre indépendance, reconnaître nos acquis, mais surtout avoir le courage de regarder en face tout ce qui reste à accomplir.
Après 68 ans, lorsqu’on observe notre pays dans des domaines aussi essentiels que l’éducation, la santé, l’agriculture, l’industrie, les infrastructures, l’emploi, la gouvernance et l’économie, force est de reconnaître qu’il reste encore beaucoup à faire.
Et pourtant, notre pays possède des ressources, des femmes et des hommes talentueux, une jeunesse ambitieuse et un potentiel immense.
Alors, de quoi sommes-nous réellement fiers aujourd’hui ?
Sommes-nous fiers de notre système éducatif, lorsqu’année après année, nous formons des milliers de jeunes qui peinent ensuite à trouver un emploi ?
Sommes-nous fiers de notre système de santé, lorsque certains de ceux à qui nous avons confié la responsabilité de gérer le pays préfèrent se rendre à l’étranger pour se faire soigner, parfois pour des problèmes de santé qui pourraient être pris en charge dans un système national suffisamment performant ?
Sommes-nous fiers de nos infrastructures routières lorsque certaines routes nouvellement construites se dégradent en très peu de temps ?
Sommes-nous fiers d’une gouvernance qui, au lieu de combattre fermement les discours et les pratiques qui divisent les Guinéens, peut donner le sentiment de les tolérer ou de les encourager ?
Je pourrais continuer et citer des milliers d’exemples. Mais l’objectif n’est pas de dresser une longue liste de nos insuffisances.
Ces questions, je les pose surtout à chacun d’entre nous, afin que nous puissions prendre un moment de réflexion, dans le calme et dans notre for intérieur.
Si, honnêtement, la réponse à toutes ces questions est négative, alors la conclusion est simple,nous devons nous mettre au travail.
Nous devons travailler davantage, repenser nos méthodes, exiger plus de responsabilité de nos dirigeants, mais aussi comprendre que la construction de la Guinée est une responsabilité collective.
Notre indépendance ne doit pas seulement être un héritage dont nous sommes fiers. Elle doit être une responsabilité que nous devons assumer.
La question n’est donc plus seulement de savoir ce que nous avons fait de ces 68 années, mais surtout de savoir quelle Guinée nous voulons laisser aux générations futures.
Bonne fête de l’Indépendance à toutes et à tous.
Vive la Guinée !
Mamadou Bassirou Diallo
Acteur politique
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