Simandou : « Le fer s’épuisera un jour », Djiba Diakité défend une souveraineté économique tournée vers l’avenir

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En prélude au Simandou Mining Summit, le ministre directeur de cabinet de la présidence et président du comité stratégique de Simandou, Djiba Diakité, a réaffirmé la volonté de la Guinée de reprendre la maîtrise de son destin économique. Entre ouverture aux investisseurs, garanties institutionnelles et création d’un fonds souverain, il défend une ambition : transformer les richesses minières en un héritage durable pour les générations futures.

La Guinée ne veut plus seulement être un pays riche en ressources naturelles. Elle entend désormais faire de ses richesses un véritable instrument de souveraineté économique et de transformation structurelle. C’est le message porté par Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet de la présidence et président du comité stratégique de Simandou, dans son intervention consacrée aux perspectives économiques du pays.

Face aux investisseurs internationaux, le responsable guinéen défend une nouvelle approche des partenariats économiques, fondée sur l’ouverture, mais également sur la capacité de l’État à définir ses priorités et à choisir librement ses partenaires.

« La Guinée reste ouverte aux opportunités. Ne regardez plus la Guinée de loin », lance-t-il.

Pour illustrer cette ambition, Djiba Diakité établit un parallèle historique avec 1958, année de l’accession de la Guinée à l’indépendance. Selon lui, après la conquête de la souveraineté politique par les générations précédentes, celle d’aujourd’hui doit désormais s’atteler à conquérir la souveraineté économique.

Une souveraineté qui, précise-t-il, ne signifie ni fermeture ni isolement. Elle repose plutôt sur la capacité de la Guinée à construire des partenariats équilibrés, dans lesquels les intérêts nationaux et ceux des investisseurs peuvent se rejoindre.

« La souveraineté ne signifie pas se refermer sur soi-même. Elle signifie la capacité de choisir librement ses partenaires et de construire avec eux à égalité, dans une interdépendance des intérêts voulus », explique-t-il.

Pour convaincre les partenaires internationaux de s’engager durablement en Guinée, Djiba Diakité met en avant trois garanties. La première repose sur les réalisations enregistrées autour du mégaprojet Simandou, qu’il présente comme une démonstration de la capacité de l’État à conduire des projets complexes avec plusieurs partenaires aux intérêts différents.

La deuxième garantie concerne le cadre institutionnel. Le ministre insiste particulièrement sur le programme Simandou 2040, qu’il présente comme un engagement désormais inscrit dans le dispositif législatif national.

Selon lui, la loi de plan 2026-2040 et la loi-programme couvrant la première phase, de 2026 à 2030, doivent permettre d’assurer la continuité des investissements et des réformes au-delà des circonstances politiques.

« Simandou 2040, ce n’est pas un discours. Il est inscrit dans la loi […] Sa continuité ne dépend pas des circonstances », soutient-il.

À ces garanties s’ajoute l’exigence de règles claires applicables à l’ensemble des partenaires. Sécurité, respect des engagements, performance opérationnelle, contenu local et protection de l’environnement constituent, selon le ministre, des principes essentiels dans la conduite des projets.

L’objectif affiché est de renforcer la confiance des investisseurs tout en préservant les intérêts économiques et stratégiques de la Guinée.

Mais c’est sur la gestion des revenus miniers que Djiba Diakité développe l’une des dimensions les plus importantes de son intervention.

Pour lui, la réussite de Simandou ne doit pas se mesurer uniquement aux volumes de minerai extraits ou aux recettes générées. Elle doit surtout se traduire par la capacité du pays à utiliser cette richesse pour préparer son avenir économique.

« La rente minière doit financer la transformation, la diversification de l’économie et non la consommation immédiate », affirme-t-il.

Dans cette perspective, il annonce la création d’un Fonds souverain de Guinée, voulu par le président Mamadi Doumbouya et destiné à être alimenté par les revenus miniers, à commencer par ceux issus de Simandou et d’autres projets miniers.

Ce mécanisme est présenté comme un instrument d’épargne et d’investissement à vocation intergénérationnelle. Les ressources mobilisées devraient contribuer au financement de secteurs stratégiques, notamment l’éducation, la santé, l’agriculture et les investissements productifs.

Le ministre résume cette nécessité par une déclaration qui donne toute sa portée à la réflexion sur l’avenir du pays : « Le fer de Simandou s’épuisera un jour, quelles que soient les prévisions annoncées. »

Une manière de rappeler que les ressources minières ne sont pas éternelles et que leur exploitation doit permettre de construire des activités économiques capables de survivre à leur épuisement.

Dans cette logique, la formation et le développement du capital humain occupent une place centrale. À travers l’initiative Simandou Académie, les autorités entendent préparer une nouvelle génération de techniciens, d’ingénieurs et de cadres guinéens capables de prendre progressivement les commandes des secteurs stratégiques.

« Les compétences que nous aurons formées et les industries que nous aurons bâties, elles resteront », insiste Djiba Diakité.

Le responsable guinéen estime que les premières réalisations de Simandou constituent déjà des signes tangibles de cette transformation. Il rappelle notamment le premier départ du train minéralier, le 11 novembre 2025 à 11 h 11, au port de Moribaya, ainsi que la commercialisation du minerai sur le marché international.

Il évoque également l’arrivée de techniciens, d’ingénieurs et de cadres guinéens dans les dispositifs opérationnels du corridor ferroviaire et de la Compagnie du TransGuinéen.

Pour Djiba Diakité, ces avancées doivent servir de point de départ à une ambition beaucoup plus large : faire de la Guinée une économie de destination, capable d’attirer durablement les investissements, de développer ses ressources humaines et de construire des industries compétitives.

Il appelle ainsi les investisseurs à ne pas se limiter à une présence ponctuelle, mais à participer dès maintenant à la construction des chaînes de valeur et des projets qui façonneront l’économie nationale au cours des prochaines décennies.

« Ceux qui s’engagent maintenant contribueront dès leur conception aux projets, aux réformes et aux chaînes de valeur qui façonnent l’économie guinéenne de demain. Ceux qui attendront arriveront probablement après les autres », prévient-il.

À travers cette intervention, le président du comité stratégique de Simandou défend une vision dans laquelle l’exploitation minière doit constituer un levier, et non une finalité. L’enjeu est de convertir les revenus du sous-sol en infrastructures, en compétences, en industries et en opportunités pour les populations.

Reste désormais à traduire cette ambition en résultats mesurables : fonctionnement effectif des mécanismes annoncés, diversification des investissements, création d’emplois qualifiés et amélioration des conditions de vie.

Car, au-delà du succès opérationnel de Simandou, la véritable réussite de ce mégaprojet se jouera aussi dans sa capacité à préparer l’économie guinéenne à l’après-mines.

C’est précisément cette ambition que Djiba Diakité résume dans son appel aux partenaires internationaux : « Nous invitons le monde à bâtir cette prospérité avec nous. »

Mountaga Pandiara Diallo pour planète7.info 

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