Plage de Tayaki : les restaurateurs entre manque d’infrastructures, baisse de fréquentation et menace des eaux

À Sonfonia, l’activité des restaurateurs installés aux abords de la plage de Tayaki tourne au ralenti. Route dégradée, absence d’eau potable et d’électricité, faible affluence et montée des eaux : les acteurs locaux décrivent un quotidien difficile, qui fragilise leurs revenus et menace leurs installations.
À Tayaki, dans la commune de Sonfonia, le potentiel touristique de la plage contraste avec les difficultés auxquelles sont confrontés les restaurateurs installés sur le site. Loin de l’image d’un espace touristique pleinement aménagé, les abords de la plage présentent plusieurs insuffisances qui pèsent sur les activités économiques locales.

La route d’accès, difficilement praticable, constitue l’un des principaux obstacles à la fréquentation. À cela s’ajoutent le manque d’eau potable et d’électricité, ainsi que la présence de déchets plastiques sur certaines portions du sable. Pendant ce temps, la montée des eaux gagne progressivement certains espaces, accentuant les inquiétudes des occupants.
Pour les restaurateurs, dont les revenus dépendent en grande partie de la venue des visiteurs, cette situation se traduit par une activité en perte de vitesse.

Installé sur la plage de Tayaki, Bemba Souanoh dépeint un quotidien marqué par les difficultés d’accès aux services essentiels.
« Moi, ce que je peux dire ici, on a trop de problèmes actuellement. On n’a pas de route, on n’a pas d’eau potable, on n’a pas d’électricité. Pourtant, avec notre activité, on ne peut pas travailler en l’absence de ces besoins », témoigne-t-il.
Au-delà du manque d’infrastructures, le restaurateur déplore la faible affluence des clients. Selon lui, l’état de la route et la montée des eaux découragent certains visiteurs, tandis que les déchets plastiques contribuent à dégrader l’environnement du site.
« On n’a pas de clients. Vu que la route n’est pas bonne, l’eau est montée sur tous les bords. On constate les déchets plastiques partout sur le sable », déplore-t-il.

Une baisse de fréquentation qui affecte directement les revenus des restaurateurs.
« Nos restaurants ne fonctionnent pas. On passe toute la journée ici sans avoir le moindre client, pourtant on dépend aussi de ça », poursuit Bemba Souanoh.
Derrière ces propos se dessine la réalité de nombreux acteurs qui tentent de maintenir leurs activités malgré des conditions de travail précaires.
À Tayaki, les difficultés ne se limitent pas à la fréquentation. La montée des eaux constitue également une source d’inquiétude pour les occupants des restaurants installés en bordure de plage.

Lors des fortes marées, certains troncs d’arbres présents sur le site peuvent être déstabilisés, voire tomber sur les installations. Une situation qui expose les restaurateurs à des risques matériels et les oblige à prendre eux-mêmes des précautions.
« Ici, quand il y a une forte marée montante, parfois ça terrasse les troncs d’arbres qui sont là et parfois ça tombe même sur le toit de nos restaurants. Face à cela, nous-mêmes, on envisage quelques précautions pour éviter ce danger », explique le restaurateur.

Ces menaces viennent ainsi s’ajouter aux difficultés économiques auxquelles les acteurs locaux sont déjà confrontés.
Face à cette situation, Bemba Souanoh s’interroge sur l’utilisation des taxes versées par les restaurateurs aux responsables locaux de Tayaki. Il estime que les sommes collectées devraient contribuer à l’amélioration des conditions de travail sur le site.
« Nous, on se demande où passent les taxes que nous payons ici auprès des responsables de Tayaki. Pour moi, une fois que nous nous acquittons de notre devoir, il est de leur devoir aussi de nous aider. Mais hélas, c’est le cas contraire. On ne sait pas où rentre cet argent », affirme-t-il.

Le restaurateur évoque également les tickets d’accès payés par les visiteurs qui souhaitent se rendre sur la plage.
« En plus, toute personne qui veut venir se recréer ici doit payer encore un ticket d’accès à la plage. Mais où passent réellement ces sommes d’argent ? », questionne-t-il.
Des interrogations qui traduisent les attentes des acteurs locaux, désireux de voir les ressources collectées contribuer à l’aménagement et à l’entretien du site.

Pour Bemba Souanoh, l’amélioration des conditions à Tayaki ne doit pas reposer uniquement sur une intervention des autorités nationales. Il appelle les responsables locaux à prendre des initiatives pour répondre aux difficultés auxquelles sont confrontés les habitants et les acteurs économiques.
« Le gouvernement ne peut pas tout faire. Donc, avant que les hautes autorités puissent nous faire face ici, les responsables locaux qui sont là doivent se lever et se mettre sur pied pour faire de leur mieux, parce qu’ils sont les premiers citoyens vivant ici », lance-t-il.
Une demande qui porte notamment sur l’amélioration de l’accès à la plage, l’assainissement et les conditions d’accueil des visiteurs.
Malgré les difficultés, le restaurateur reste convaincu que la plage de Tayaki dispose d’un potentiel touristique important. Il estime qu’un meilleur aménagement du site pourrait profiter à l’ensemble de la communauté.
« Cette plage attire assez de visiteurs qui viennent de partout pour profiter de leur moment fort de détente ici. Donc, quand il s’agira des bienfaits, ce sont eux les premiers qui en bénéficieront avant nous », souligne-t-il.

Entre espoir de développement touristique et difficultés quotidiennes, les restaurateurs de Tayaki attendent des améliorations concrètes. Pour eux, la réhabilitation de la route d’accès, l’accès aux services essentiels, l’assainissement et la protection des installations constituent des enjeux majeurs pour relancer leurs activités.
À Tayaki, le défi consiste désormais à transformer le potentiel de la plage en véritable opportunité économique, tout en préservant les conditions de vie et de travail de ceux qui en dépendent.
Antoine Neima pour Planete7.info
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