Mariama Daff : « Une femme bien formée prouve naturellement qu’elle a sa place dans la mine »

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À travers l’ONG Force des Femmes et le PROFEF, l’entrepreneure Mariama Daff veut faire de la formation technique un levier d’insertion professionnelle et d’autonomisation des femmes guinéennes. Invitée de l’émission « Face à Pathé » de Planète7, elle revient sur son engagement et les ambitions de son programme dans le cadre de Simandou 2040.

Longtemps perçus comme des bastions masculins, les secteurs minier et industriel guinéens pourraient-ils progressivement changer de visage ? Pour Mariama Daff, entrepreneure, présidente de l’ONG Force des Femmes et initiatrice du Programme de formation et d’employabilité des femmes (PROFEF), la réponse passe avant tout par la compétence.

Sur le plateau de « Face à Pathé », l’invitée de Planète7 a défendu une conviction : une femme formée, compétente et capable de démontrer ses résultats dispose des moyens nécessaires pour s’imposer dans des secteurs où sa présence reste encore limitée.

Depuis sa création en 2020, l’ONG Force des Femmes œuvre à l’accompagnement et à l’autonomisation des femmes à travers la formation, l’insertion professionnelle et la création d’opportunités. Selon sa présidente, environ 600 femmes ont déjà bénéficié des actions de l’organisation, dans différents métiers des secteurs formel et informel.

L’année 2025 marque une nouvelle étape dans cette démarche, avec le lancement du Programme de formation et d’employabilité des femmes, développé dans le cadre de Simandou 2040. L’initiative vise à préparer davantage de femmes aux exigences des métiers techniques et industriels.

« Depuis sa création à aujourd’hui, on a pu impacter 600 femmes dans les métiers du secteur formel et informel. Nous leur offrons aussi des opportunités de stage et d’emploi à travers des partenaires qui nous accompagnent. Et en 2025, on a initié le programme de formation et d’employabilité des femmes au compte de Simandou. C’est un programme qui vise à former 2 500 femmes dans les métiers techniques et industriels. On l’a déjà lancé », explique Mariama Daff.

Au-delà des chiffres, la présidente de Force des Femmes insiste sur les changements que ces formations peuvent produire dans la vie des bénéficiaires. Pour elle, l’autonomisation ne se résume pas à l’acquisition d’un certificat ou à la participation à une session de formation. Elle prend tout son sens lorsque la femme formée devient capable de gagner sa vie et de contribuer aux besoins de sa famille.

« Ce qui me marque le plus, c’est de voir des femmes arriver au sein de cette ONG sans qualification, sans confiance en elles, puis apprendre un métier et gagner leur vie. Parce que quand on parle de l’autonomisation de la femme, il faudrait vraiment qu’elle arrive à subvenir à ses besoins, mais aussi à accompagner sa famille à travers son travail. Donc pour moi, c’est ça, la vraie réussite », témoigne-t-elle.

L’accès des femmes aux métiers techniques et industriels demeure l’un des principaux défis auxquels s’attaque l’organisation. Dans un secteur minier encore largement associé à la main-d’œuvre masculine, Mariama Daff entend dépasser les préjugés par des résultats concrets.

Pour l’entrepreneure, la meilleure manière de convaincre repose sur la formation et la capacité à exercer efficacement son métier.

« Moi, je dirais, en fait, par sa compétence et le résultat. Aujourd’hui, une femme bien formée prouve naturellement qu’elle occupe aussi une place dans ce secteur qui est plutôt réservé aux hommes », soutient-elle.

L’initiatrice du PROFEF évoque notamment les premières expériences de femmes formées dans le cadre de son projet. Leur présence sur le terrain, notamment dans la conduite d’engins lourds, constitue à ses yeux une illustration de la place que les femmes peuvent occuper dans les activités minières et industrielles.

« Quand on a initié ce projet, voir ces braves femmes sur le terrain en train de conduire des engins lourds, des chargeuses, je me dis que c’est la compétence. Quand on est bien formé, qu’on sait ce qu’on fait et qu’on aime ce qu’on fait, on arrive toujours à atteindre nos objectifs et à occuper la place qu’il faut dans la société », affirme Mariama Daff.

À travers le PROFEF, Force des Femmes ambitionne de permettre à un plus grand nombre de Guinéennes d’accéder aux compétences recherchées dans les secteurs techniques et industriels. L’objectif annoncé de former 2 500 femmes s’inscrit dans une volonté de mieux préparer cette main-d’œuvre féminine aux opportunités liées aux grands projets de développement.

Pour Mariama Daff, l’enjeu dépasse la seule question de l’emploi. Il s’agit également de renforcer la confiance des femmes, de favoriser leur indépendance économique et de leur permettre de participer pleinement à la transformation de la Guinée.

Dans cette perspective, la formation apparaît comme un outil essentiel pour faire évoluer les mentalités et ouvrir davantage les portes des métiers miniers aux femmes.

Le message porté par la présidente de Force des Femmes se veut clair : l’avenir des femmes dans les secteurs industriels ne doit pas être défini par les préjugés, mais par leurs compétences, leur engagement et les résultats qu’elles sont capables de produire.

Sylla Ama pour Planete7.info 

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