Guinée-BIDC : 269,5 millions d’euros pour trois projets structurants, Ismaël Nabé exige des résultats

La République de Guinée et la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) ont procédé, ce jeudi 10 septembre 2026 à Conakry, à la signature de trois accords de prêt destinés au financement de projets dans les secteurs des infrastructures routières, de la santé et de l’énergie. À cette occasion, le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a salué un partenariat appelé, selon lui, à produire des effets concrets sur les populations.
Au total, 269,546 millions d’euros sont mobilisés par la BIDC pour ces trois projets, dont le coût global est estimé à 285,377 millions d’euros. Pour Ismaël Nabé, cette enveloppe financière dépasse le simple cadre d’une opération de financement.

« Les trois accords que nous allons signer avec la BIDC ne sont pas seulement 269,5 millions d’euros de financement que la Guinée mobilise », a déclaré le ministre, estimant que ces ressources doivent surtout permettre d’ouvrir des routes, de désenclaver des territoires, de renforcer les capacités énergétiques et sanitaires et de créer de nouvelles opportunités économiques.
Le premier accord porte sur les infrastructures routières. Le financement doit notamment contribuer à renforcer la connexion des préfectures de Dabola et Kouroussa au réseau national et à désenclaver plusieurs zones à fort potentiel agricole en Haute Guinée.
Pour Ismaël Nabé, l’enjeu va bien au-delà de la construction d’ouvrages routiers. Une meilleure mobilité doit permettre aux producteurs d’accéder plus facilement aux marchés, aux commerçants de réduire leurs coûts et aux populations de rejoindre plus aisément les services essentiels.

Le projet revêt également une dimension régionale, puisqu’il devrait contribuer à améliorer les échanges entre la Guinée et le Mali.
« Une route n’est donc pas seulement un ouvrage de génie civil. C’est une infrastructure économique, sociale et territoriale », a insisté le ministre.
Le deuxième financement concerne le secteur de la santé, avec la construction d’un hôpital régional de 200 lits à Siguiri.
L’établissement doit notamment disposer de services d’urgence, de maternité et de chirurgie. Pour le ministre du Plan, cet investissement répond à la nécessité de rapprocher les soins des populations et de renforcer les capacités sanitaires de la région.
Ismaël Nabé estime que cette infrastructure devrait également contribuer à réduire les évacuations sanitaires pour des pathologies pouvant être prises en charge localement.
« La première richesse d’une Nation reste son capital humain », a-t-il rappelé, faisant de l’investissement dans la santé l’un des piliers de la transformation du pays.

Le troisième accord est consacré à l’aménagement hydroélectrique de Tinkisso 2. Le projet prévoit une puissance installée de 11 MW, pour une production annuelle estimée à environ 48 GWh.
L’électricité produite doit notamment renforcer l’accès à l’énergie pour les populations et les activités économiques de Dabola, Faranah et Dinguiraye.
Pour Ismaël Nabé, l’enjeu énergétique est directement lié aux ambitions industrielles de la Guinée. Il a notamment mis en avant les perspectives offertes par une meilleure disponibilité de l’électricité pour les entreprises, les ateliers, les établissements scolaires et les structures sanitaires.

Dans cette perspective, le ministre considère l’énergie comme « l’un des moteurs de la transformation économique » et estime que la question énergétique constitue à la fois un enjeu de développement et de souveraineté pour une Guinée qui ambitionne de renforcer son industrialisation et son agro-industrie.
Au-delà de l’annonce des financements, Ismaël Nabé a surtout voulu mettre l’accent sur la prochaine étape : l’exécution des projets.

Le ministre a appelé les administrations concernées à travailler avec « célérité et rigueur » afin de satisfaire les conditions nécessaires au premier décaissement et de garantir une mise en œuvre conforme aux engagements pris.
« Nous devons avoir une exigence collective de résultat. Pas de retard injustifié. Pas de déperdition. Pas de compromis avec la qualité. Pas de financement sans impact », a-t-il martelé.
Il a également insisté sur la nécessité de faire de la redevabilité, de la transparence et de l’efficacité des principes directeurs dans la réalisation de ces projets.

Cette exigence intervient alors que le gouvernement présente SIMANDOU 2040 comme sa boussole pour la transformation structurelle du pays. Selon Ismaël Nabé, les trois accords signés avec la BIDC s’inscrivent dans cette vision, avec l’objectif de transformer les ressources mobilisées en infrastructures, puis les infrastructures en capacités productives et, à terme, en emplois, revenus et bien-être pour les populations.
Le ministre du Plan a par ailleurs salué l’engagement de la BIDC et remercié son président, Donkor, ainsi que les équipes de l’institution pour leur accompagnement dans la préparation et la maturation des projets.
Pour Ismaël Nabé, ces financements illustrent une coopération régionale qui doit dépasser les déclarations d’intention pour produire des réalisations concrètes.
« La coopération prend tout son sens lorsqu’elle cesse d’être une promesse pour devenir une route, un hôpital, une centrale, une entreprise, un emploi et, finalement, une vie meilleure », a-t-il déclaré.

Avec ces trois accords, la Guinée entend ainsi accélérer la réalisation d’infrastructures jugées stratégiques pour son développement. Mais pour le ministre du Plan, le véritable test commence désormais : transformer les financements mobilisés en réalisations visibles et utiles aux populations.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
Contact Planete7.info : 624045895/625214852
Planete7guinee@gmail.com
Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.