Dar-es-Salam : après la visite de Mamadi Doumbouya, les sinistrés racontent leur vécu

Au lendemain du drame qui a fait 34 morts à la décharge de Dar-es-Salam, la présence du président Mamadi Doumbouya sur les lieux continue de susciter des réactions. Pour les sinistrés, cette visite intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué à la fois par la tragédie et par le déguerpissement des habitations situées aux abords de la décharge.
Sur le site de Dar-es-Salam, l’émotion reste vive. Le drame survenu ce samedi, qui a coûté la vie à 34 personnes, a replongé les habitants dans une profonde tristesse. Quelques heures après cette tragédie, le président de la République, Mamadi Doumbouya, s’est rendu sur les lieux pour constater la situation.
Mais pour certains sinistrés, cette visite présidentielle n’a pas permis d’échanger directement avec les personnes touchées par les opérations de déguerpissement.

Issiagha Conté, dont la maison a été démolie dans le cadre de cette opération, affirme avoir simplement aperçu le chef de l’État à son arrivée sur le site.
« Je l’ai vu seulement débarquer sur le terrain, mais je n’ai rien compris de ce qu’il a dit. Il est venu, il n’a pas duré, il s’en est allé », témoigne-t-il.
Aujourd’hui relogé à Dixinn avec d’autres familles sinistrées, Issiagha Conté assure que sa prise en charge est, pour l’instant, satisfaisante. « Ils nous ont amenés à Dixinn, où nous sommes logés actuellement, et tout va bien pour le moment. Nous sommes bien pris en charge », explique-t-il.
Pourtant, malgré la perte de son logement, Dar-es-Salam demeure un lieu difficile à quitter. Après y avoir vécu pendant trois décennies, Issiagha Conté continue de revenir sur les lieux, partagé entre les souvenirs d’une vie passée et la réalité d’un quartier profondément bouleversé.
« C’est difficile pour moi d’oublier ici. J’ai fait 30 ans ici. Je reviens voir ce qui se passe ici », confie-t-il.
Son témoignage illustre le déchirement vécu par de nombreuses familles confrontées à la perte de leur habitation et à la nécessité de reconstruire leur quotidien ailleurs.
Alors que le bilan humain du drame demeure lourd, les regards se tournent désormais vers les autorités. Pour les sinistrés, au-delà de l’émotion suscitée par la tragédie, l’enjeu reste celui d’une prise en charge durable et de réponses concrètes à leur situation.
Issiagha Conté, lui, rend hommage aux victimes de Dar-es-Salam et espère que cette tragédie permettra de renforcer l’accompagnement des familles touchées, aussi bien par le drame que par les opérations de déguerpissement.
Oumar Sylla Bah pour Planete7.info
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