
L’histoire minière de la Guinée vient de s’écrire en lettres capitales. Au Petit Palais de la Présidence de la République, les autorités ont procédé à la signature de la toute première convention minière conclue, depuis l’indépendance du pays, au profit d’une société détenue à 100 % par l’État guinéen, avec des capitaux exclusivement nationaux. Un acte présenté comme une rupture majeure dans la gouvernance des ressources naturelles et comme l’un des symboles les plus forts de la politique de souveraineté économique portée par le président de la République, Mamadi Doumbouya.
Au-delà de la portée juridique de cette convention, les autorités y voient la naissance d’un véritable champion national capable d’assurer l’exploitation, la commercialisation et, à terme, la transformation des ressources minières sur le territoire guinéen.

La cérémonie, présidée par le ministre directeur de cabinet de la Présidence et président du Comité stratégique de Simandou, Djiba Diakité, s’est déroulée en présence du ministre secrétaire général de la Présidence, le général Amara Camara, de plusieurs membres du gouvernement, des conseillers de la Présidence ainsi que des responsables de la Nimba Mining Company (NMC).
Premier à prendre la parole, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, a rappelé que cette avancée est le fruit d’un long travail diplomatique ayant permis de résoudre les différends qui opposaient l’État guinéen à l’ancienne compagnie minière.

Selon lui, cette signature dépasse largement le cadre d’une simple convention.
« Nous vivons aujourd’hui un jour historique. Historique parce que la Guinée, depuis son indépendance, avait toujours rêvé de faire ce que nous allons faire aujourd’hui, c’est-à-dire avoir la maîtrise totale de ce que Dieu lui a donné. Cette signature nous montre qu’enfin la Guinée parle de sa souveraineté, une souveraineté respectueuse de celle des autres, une souveraineté mûrie. »
Le chef de la diplomatie guinéenne a insisté sur le fait que cette victoire a été obtenue grâce au dialogue et à une diplomatie qu’il qualifie de « feutrée mais responsable », ouvrant ainsi la voie à la création de la Nimba Mining Company.

Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a replacé cette signature dans la continuité de l’accord transactionnel global signé le 4 mai 2026, estimant qu’il constitue la preuve de la capacité de la Guinée à résoudre les litiges miniers dans le respect des engagements contractuels.
Pour lui, cette convention traduit avant tout la volonté politique des plus hautes autorités de renforcer la gouvernance du secteur minier tout en offrant davantage de sécurité juridique aux investisseurs.

« La convention que nous signons traduit la volonté du Président de la République de renforcer la gouvernance du secteur minier, de consolider la sécurité juridique des investissements et de garantir que l’exploitation de nos ressources naturelles contribue pleinement au développement économique et social de notre pays pour une souveraineté minière retrouvée. »
Le ministre a également rappelé que la reprise de la société par l’État a déjà permis l’exportation des premières tonnes de bauxite quelques mois seulement après la finalisation du processus.

Pour le directeur général de la Nimba Mining Company, Patrice Huilier, cette convention vient concrétiser un projet lancé exactement un an auparavant avec la création officielle de la société par décret présidentiel.
Il a dressé un premier bilan qu’il juge encourageant.
Aujourd’hui, la société emploie près de 2 000 salariés et sous-traitants, dont 98 % sont de nationalité guinéenne, et affiche déjà cinq millions de tonnes de bauxite extraites.

L’objectif affiché est désormais d’atteindre dix millions de tonnes produites et exportées avant la fin de l’année 2026.
« Beaucoup ont rêvé dans le monde de ce projet, et la République de Guinée l’a fait », a-t-il affirmé, saluant la concrétisation d’un « champion national d’extraction et de transformation des ressources naturelles ».
Moment fort de la cérémonie, l’intervention de Djiba Diakité a donné le ton de ce que les autorités considèrent comme une véritable révolution dans la gestion des ressources minières nationales.

Le président du Comité stratégique de Simandou a rappelé qu’il s’agit de la première convention minière signée depuis l’indépendance avec une entreprise intégralement détenue par l’État guinéen.
« Pour la première fois de l’histoire de notre pays, la République de Guinée sait désormais exploiter son minerai de bauxite. La République de Guinée sait également désormais commercialiser elle-même son minerai de bauxite sur les marchés internationaux. »
Mais, selon lui, l’ambition ne s’arrête pas à l’exportation.

L’objectif est désormais d’aller vers la transformation industrielle.
« À un horizon raisonnable, la République de Guinée transformera sa bauxite en commençant par l’alumine, avant de produire un jour de l’aluminium sur le sol guinéen avec des entreprises de l’État. »
Djiba Diakité a également insisté sur les retombées attendues de cette convention, notamment le renforcement du contenu local, la formation des compétences nationales, la création d’emplois, le développement communautaire ainsi que la transparence dans la gestion des ressources naturelles.

Tout en félicitant les membres du gouvernement, du Comité stratégique de Simandou et l’ensemble des équipes ayant participé aux négociations, il a rappelé que cette signature ne représente qu’un point de départ.
« Cette signature n’est pas un aboutissement. Elle marque le commencement d’une nouvelle phase. Les attentes du Président de la République sont élevées et nous devons désormais accélérer l’exécution, honorer les engagements pris et produire des résultats à la hauteur des ambitions de notre pays. »
Plusieurs membres du Comité stratégique de Simandou ont pris la parole pour souligner la portée historique de cette convention.

Le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a mis en avant la protection des emplois ainsi que le retour de la confiance des partenaires internationaux.
Il a notamment annoncé la relance de la coopération avec les Émirats arabes unis, évoquant des investissements dans les infrastructures et l’agriculture.

Le ministre des Infrastructures, Facinet Sylla, a estimé que cette convention démontre que la Guinée est désormais capable de « prendre son destin minier en main », tout en exprimant le souhait de voir prochainement la bauxite transformée en alumine sur le territoire national.
Pour sa part, le ministre de l’Information, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, a insisté sur la protection des emplois après la reprise de la société par l’État.
Selon lui, aucun licenciement n’a été enregistré, ce qui traduit, a-t-il déclaré, la volonté des autorités de préserver les intérêts des travailleurs guinéens.

En consacrant officiellement la Nimba Mining Company comme société minière détenue à 100 % par l’État guinéen, cette convention ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire économique du pays.
Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement d’extraire les ressources naturelles, mais de construire progressivement une industrie minière nationale capable de créer davantage de valeur ajoutée, de générer des emplois qualifiés et de renforcer la souveraineté économique de la Guinée.

À travers cette convention, le gouvernement entend faire de la maîtrise de la chaîne de valeur minière, de l’exploitation à la transformation, l’un des piliers du programme de développement socio-économique Simandou 2040, avec l’ambition affichée de faire des richesses du sous-sol un véritable levier de prospérité au bénéfice des générations présentes et futures.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
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