Exilés politiques : Ousmane Gaoual Diallo estime que « personne n’est interdit de rentrer en Guinée »

Lors de la conférence de presse du gouvernement tenue ce lundi 27 juillet 2026, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, s’est exprimé sur la question des exilés politiques guinéens. Pour lui, l’absence de retour de certains acteurs relève davantage d’un choix personnel que d’une interdiction des autorités.
La question du retour des personnalités guinéennes vivant à l’étranger continue d’alimenter les débats dans l’espace public. Interrogé sur la situation des exilés politiques, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a tenu à apporter des précisions sur cette notion, estimant qu’aucune disposition officielle n’empêche aujourd’hui un citoyen guinéen de rentrer au pays.
« Il n’y a pas aujourd’hui de disposition qui interdit à tel ou tel de rentrer dans le pays », a déclaré le ministre, avant d’ajouter que les personnes concernées restent libres de revenir en Guinée. Selon lui, certains choisissent plutôt de ne pas rentrer par crainte d’une éventuelle procédure judiciaire.
« Il est libre de rentrer en Guinée, mais ça, c’est sa propre liberté. Après, c’est lui qui dit : si je rentre, on va me questionner à la justice. Ben oui, si la justice estime qu’on va te questionner, on va te questionner », a-t-il affirmé.
Pour Ousmane Gaoual Diallo, le fait d’éviter un retour en raison d’un risque judiciaire ne constitue pas forcément un exil politique. Il appelle à distinguer les situations entre ceux qui seraient empêchés de revenir et ceux qui font le choix de rester à l’étranger.
« Ce n’est pas l’exil, parce que tu n’es pas interdit de ton séjour », a-t-il insisté.
Le porte-parole du gouvernement a également évoqué son propre parcours pour illustrer son argumentaire. Il rappelle qu’il a lui-même vécu une période où son retour en Guinée pouvait comporter des risques judiciaires, mais qu’il a choisi de revenir au pays.
« Je savais parfaitement qu’en rentrant en Guinée, il y avait un risque qu’on m’arrête. Mais je ne suis pas resté à l’étranger. Je suis rentré ici. J’ai été, bien sûr, arrêté. Mais j’ai assumé mes propos. J’ai assumé mon comportement », a-t-il expliqué.
Selon lui, les convictions politiques doivent pouvoir être défendues et assumées publiquement, tout en faisant la distinction entre l’expression d’opinions et des actes répréhensibles par la loi.
« Si tu y vas pour tes opinions, tu ne dois pas craindre d’aller pour tes opinions. Je ne dis pas quelqu’un qui tue ou qui vole. Lui, il doit craindre même pour tuer ou voler », a-t-il précisé.
Dans son intervention, Ousmane Gaoual Diallo a insisté sur la responsabilité personnelle de chaque acteur face à ses prises de position publiques. Pour lui, les opinions politiques ne devraient pas être un motif de fuite permanente, car elles impliquent également une capacité à les défendre devant les citoyens.
« Derrière tes convictions, derrière tes propos, il y a des gens qui croient. Tu ne peux pas te mettre à l’abri en te suivant », a-t-il soutenu.
Une sortie qui intervient dans un contexte où le retour de plusieurs figures politiques guinéennes établies à l’étranger reste au centre des discussions, entre appels au dialogue, exigences de garanties et interrogations sur les éventuelles suites judiciaires.
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