Cinquième ex æquo au baccalauréat en Sciences mathématiques : Aliou Diallo dévoile les secrets d’une réussite fondée sur le travail et la discipline

Classé cinquième ex æquo de la République au baccalauréat unique, session 2025-2026, en Sciences mathématiques, Aliou Diallo fait partie des meilleurs élèves du pays. Pensionnaire du Groupe scolaire privé Les Élites du Fouta, à Mamou, le jeune lauréat s’est distingué par un parcours marqué par la rigueur, la persévérance et une soif permanente d’apprendre. Dans un entretien accordé à notre rédaction, il revient sur les clés de son succès, partage ses ambitions et adresse un message d’encouragement à la jeunesse guinéenne.
Dès les premiers échanges, Aliou Diallo explique que son classement n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement de plusieurs mois de préparation méthodique.
« J’avais énormément travaillé pour le baccalauréat et je ne doutais pas de mon admission. Ce n’était pas de l’orgueil, mais la conviction que les efforts fournis finiraient par porter leurs fruits. Mon objectif n’était pas seulement d’être admis, mais d’obtenir un excellent rang. Je m’étais fixé une limite que je ne voulais pas dépasser. »
Une confiance nourrie par le travail au point qu’il n’a même pas ressenti le besoin de consulter personnellement les résultats.
« Lorsque les résultats ont été publiés, j’ai préféré attendre qu’on m’appelle. Je savais que si j’avais accompli tout ce que je m’étais promis de faire, le résultat suivrait naturellement. C’est mon professeur de français, Monsieur Ismaël, qui m’a annoncé que j’étais cinquième ex æquo de la République. Au début, j’avais du mal à y croire. Après vérification, j’ai ressenti une immense joie et un profond sentiment du devoir accompli. »
Au-delà du classement, cette distinction revêt une dimension profondément personnelle.
« Je voulais rendre fière ma mère, qui a toujours pris soin de moi, honorer mon père, ma grand-mère et toutes les personnes qui m’ont soutenu. Pour moi, la réussite repose sur le travail personnel, une bonne organisation, une motivation constante, des objectifs clairs et une détermination sans faille. »
Bien qu’orienté vers les sciences, Aliou Diallo reconnaît que les matières littéraires constituaient son principal défi.
« L’anglais et l’économie ne me posaient pas de difficultés particulières. En revanche, la philosophie et le français demandaient beaucoup plus de préparation, car il est difficile d’anticiper les sujets. Malgré cela, je visais au minimum 16 ou 17 dans toutes les matières, et davantage dans les disciplines scientifiques. »
Conscient de cette faiblesse, il a choisi d’y consacrer davantage de temps.
« J’ai énormément travaillé la philosophie et le français durant toute l’année. Je cherchais à comprendre les concepts plutôt qu’à apprendre par cœur. Je sollicitais régulièrement mes enseignants et je relisais constamment mes cours. Ce sont des matières que je prenais très au sérieux. »
Pour le jeune prodige, la véritable clé de la réussite ne réside pas dans l’accumulation de connaissances, mais dans leur compréhension.
> « Mon secret, c’est de comprendre ce que j’apprends. En mathématiques, je voulais savoir d’où venaient les formules. En physique et en chimie, j’essayais de visualiser les phénomènes pour mieux les expliquer. Je ne me limitais jamais aux cours dispensés en classe et je faisais constamment des recherches personnelles. »
Passionné de sciences et de nouvelles technologies depuis son enfance, Aliou Diallo affirme avoir largement tiré profit des ressources disponibles sur Internet.
« J’ai beaucoup utilisé YouTube et plusieurs plateformes éducatives. Je suivais des enseignants de différents pays, notamment du Maroc et un professeur libanais qui m’a énormément aidé en physique. Ces ressources m’ont permis d’approfondir mes connaissances bien au-delà des cours dispensés à l’école. »
À ses yeux, les réseaux sociaux peuvent devenir de puissants outils d’apprentissage lorsqu’ils sont utilisés de manière responsable.
« Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont indispensables pour la formation d’un élève, à condition de les utiliser intelligemment. Si je m’étais limité uniquement aux cours de l’école, je ne pense pas que j’aurais obtenu ce classement. Les élèves doivent considérer ces plateformes comme des outils de travail, et non uniquement comme des moyens de distraction. »
Animé par une passion de longue date pour les technologies, Aliou Diallo nourrit désormais un projet professionnel bien défini.
« Depuis l’enfance, je suis passionné par les sciences et le numérique. Mon ambition est de devenir ingénieur en informatique, de concevoir des logiciels innovants et d’apporter ma contribution au monde académique. J’aimerais poursuivre mes études au Canada afin de bénéficier d’une formation de haut niveau avant de revenir mettre mes compétences au service du développement de la Guinée. »
Au terme de l’entretien, le cinquième ex æquo de la République a tenu à exprimer sa reconnaissance envers ceux qui ont accompagné son parcours.
« Je rends grâce à Dieu, car malgré tous les efforts que j’ai fournis, rien n’aurait été possible sans Sa volonté. Je dédie cette réussite à ma mère, qui m’a toujours soutenu, à mon père, qui travaille sans relâche pour notre éducation, ainsi qu’à tous mes enseignants. Je suis originaire de la sous-préfecture de Kégnèko, dans la préfecture de Mamou, et j’espère que mon parcours inspirera de nombreux jeunes. »
À travers son parcours, Aliou Diallo démontre que l’excellence n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une préparation rigoureuse, d’une discipline constante et d’une volonté de repousser ses limites. Son histoire illustre également le rôle grandissant des outils numériques dans l’apprentissage et rappelle que le succès se construit avant tout par le travail, la curiosité intellectuelle et la persévérance.
Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info
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