« Le Konkouré se meurt : sauvons l’artère vitale de la Guinée ! » (Par Mohamed Salifou Keita)

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 Le cri d’alarme de mon homonyme Fodé Salifou Tabouna Sylla (Fodé Tass pour les intimes), mérite d’être entendu. Il dépasse le simple constat écologique pour devenir un véritable appel à la responsabilité nationale.

Le fleuve Konkouré est bien plus qu’un cours d’eau. Il constitue le cœur énergétique de la Guinée, un patrimoine stratégique dont dépend une grande partie de notre avenir économique, industriel et social. Le protéger n’est plus un choix : c’est une nécessité absolue.

L’urgence impose aujourd’hui un vaste programme de reboisement intensif de l’ensemble du corridor du Konkouré, depuis ses sources jusqu’à son embouchure. Chaque hectare de forêt restauré est une réserve d’eau préservée, une protection contre l’érosion et une garantie supplémentaire pour la production hydroélectrique de demain.

Mais un tel projet ne peut rester uniquement national. À l’image de l’initiative portée par l’Union africaine autour du Bassin du Fouta Djallon, véritable château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, la restauration du bassin du Konkouré mérite également une dimension sous-régionale et internationale. Les partenaires techniques et financiers, les institutions africaines et les organisations environnementales doivent être mobilisés autour d’un vaste programme de restauration écologique, de recherche scientifique et de développement durable.

Dans le même temps, la restauration ne produira aucun résultat durable si elle n’est pas accompagnée d’une politique de fermeté. L’État doit faire respecter la loi avec rigueur. Les coupes anarchiques de bois, les défrichements incontrôlés, les occupations illégales des berges et les incendies de végétation doivent être combattus avec détermination. La protection du corridor du Konkouré doit devenir une priorité nationale, au même titre que la sécurité ou la santé publique.

Il est également indispensable d’associer pleinement les communautés riveraines. Elles doivent devenir les premières gardiennes du fleuve grâce à des programmes de sensibilisation, de reboisement communautaire, d’agroforesterie et de création d’activités économiques durables qui réduisent la pression sur les ressources forestières.

Le Konkouré éclaire aujourd’hui nos villes. Demain, il pourra encore porter le développement de la Guinée, à condition que nous ayons le courage de protéger ce qu’il nous offre depuis des siècles.

Sauver le Konkouré, c’est sauver notre indépendance énergétique, notre agriculture, notre biodiversité et l’avenir des générations futures. Le temps des discours est passé. Celui de l’action doit commencer maintenant.

Mohamed Salifou Keita, est un journaliste et Écrivain.

Expert en Communication Stratégique. Ingénieur en Intelligence Culturelle.

Lobbyiste et Consultant International.

 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

 

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