Guinée forestière : la banane se raréfie et flambe sur les marchés de N’Zérékoré

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Longtemps considérée comme un symbole d’abondance et un pilier de l’alimentation quotidienne en Guinée forestière, la banane traverse aujourd’hui une période de forte tension. Sur les marchés de N’Zérékoré, la denrée se fait rare et son prix connaît une envolée spectaculaire, suscitant inquiétude et mécontentement chez les consommateurs.

Au marché central de N’Zérékoré, les étals habituellement bien garnis affichent désormais des quantités limitées. Le constat est sans appel : le régime de banane, autrefois vendu entre 25 000 et 30 000 GNF, s’échange aujourd’hui entre 45 000 et 60 000 GNF, selon la qualité et la zone de provenance.

Pour les ménages, cette flambée des prix a des conséquences directes.

« Avant, avec un petit budget, je pouvais acheter suffisamment de bananes pour nourrir toute la famille. Aujourd’hui, je suis obligée de réduire les quantités », confie Fatoumata Camara, visiblement préoccupée.

Du côté des commerçantes, la hausse est reconnue, mais jugée inévitable.

« Les clients pensent que nous exagérons les prix, alors que nous achetons nous-mêmes très cher auprès des grossistes », explique Aïssatou Konaté, vendeuse de banane depuis plus de dix ans. Elle pointe notamment l’augmentation des coûts de transport : « Les routes sont fortement dégradées et le prix du carburant ne cesse de grimper. Tout cela se répercute sur le prix final ».

Dans les zones de production rurales, notamment à Samoé, Kpaya, Galaye et Zoulouta, les producteurs évoquent des difficultés structurelles persistantes. Sékou Doré, cultivateur de banane, déplore une situation de plus en plus préoccupante :

« Certaines plantations ont été ravagées par des maladies, tandis que les pluies irrégulières ont fortement impacté la production. Nous manquons également d’engrais et d’un véritable accompagnement technique ».

À ces contraintes s’ajoute la problématique de l’acheminement des récoltes vers les centres urbains. « Les camions refusent parfois de venir à cause de l’état des routes. Lorsqu’ils acceptent, ils exigent des frais de transport plus élevés », ajoute le producteur.

Pour de nombreuses familles de la région forestière, la banane n’est pas un simple fruit, mais un aliment de base essentiel. Sa raréfaction et sa cherté contraignent désormais certains ménages à se tourner vers des alternatives moins accessibles, voire plus coûteuses, accentuant la pression sur le pouvoir d’achat.

Cette situation met en lumière les défis auxquels fait face la filière bananière en Guinée forestière, entre contraintes climatiques, insuffisances infrastructurelles et hausse des coûts de production et de transport. Autant de facteurs qui appellent des réponses urgentes pour préserver l’accès à un produit vital pour les populations locales.

Antoine Neima pour Planete7.info 

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