Permis obligatoire à N’Zérékoré : les taxis-motards approuvent la réforme, mais exigent baisse des coûts et formation préalable

Le Ministère des Transports, via la Direction Nationale des Transports Terrestres, a annoncé l’entrée en vigueur du permis de conduire obligatoire pour les conducteurs de motos à partir du 29 novembre 2025. Une mesure accueillie avec intérêt, mais aussi avec de vives préoccupations parmi les taxis-motards de N’Zérékoré. Ce jeudi 27 novembre, plusieurs d’entre eux ont livré leurs réactions au micro de notre correspondant.
Si l’objectif officiel réduire les accidents et professionnaliser le secteur est largement salué, c’est surtout le coût du permis, fixé à 800 000 GNF, qui suscite frustration et inquiétude.

Pour Simon Pierre Kolié, taxi-motard depuis plusieurs années, la réforme est pertinente mais doit être adaptée à la réalité économique du terrain.
« Moi, j’ai étudié, mais faute de travail, je conduis pour nourrir mes enfants. Ce que l’État dit là, vraiment, c’est bon. Beaucoup conduisent comme ils veulent. Si le permis devient obligatoire, ce sera mieux. Mais nous demandons au gouvernement de diminuer le prix, au moins à 500 000 GNF », plaide-t-il.

Même son de cloche chez Moussa Traoré, qui reconnaît l’importance du permis dans la prévention des accidents, mais juge son montant incompatible avec les revenus précaires de nombreux motards.
« Le permis est important pour nous, pour les passagers et pour toute la population. Mais 800 000 GNF, c’est trop. On se bat juste pour nourrir nos familles. Je demande à l’État d’alléger le coût », insiste-t-il.

Au-delà du prix, la date d’application jugée trop proche est également source de tensions. Kalilou Keita estime que les délais doivent être revus pour permettre aux motards de se préparer.
« Dire aux gens de prendre le permis le 29, ce n’est pas bon. Le moment est difficile. On ne peut pas payer un permis à 800 000 GNF et une plaque à 750 000 GNF. Que le gouvernement diminue le prix à 100 000 francs et repousse la date jusqu’au 30 janvier 2025 », propose-t-il.
Pour certains syndicats, la question dépasse même le cadre financier. Ils pointent un manque de formation préalable, pourtant essentiel pour garantir la sécurité sur la route.

Selon Saikou Oumar Diallo, syndicaliste, la priorité devrait être l’apprentissage du code de la route :
« Ce n’est pas anormal d’exiger un permis, mais il y a des étapes à respecter. À N’Zérékoré, beaucoup de taxis-motos ne maîtrisent pas le code. On devait d’abord former les conducteurs avant de leur imposer le permis », soutient-il.

Dans l’attente d’éventuels ajustements du gouvernement, les taxis-motards affirment être prêts à se conformer à la nouvelle réglementation. Ils espèrent toutefois des mesures d’accompagnement plus adaptées à leur situation économique et à la réalité du terrain.
Pépé Blaise Théa, correspondant à N’zérékoré pour Planete7.info
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