Bonfi : colère et détresse après le naufrage en Mauritanie — les familles implorent le gouvernement d’agir

À Bonfi, dans la commune de Matam, une profonde détresse s’est exprimée ce mardi 18 novembre 2025. Des dizaines de familles, pour la plupart des mères, sont descendues dans les rues pour demander l’intervention urgente de l’État guinéen, après le naufrage d’une embarcation de migrants au large de la Mauritanie.
Selon les témoignages recueillis, plus de 300 jeunes originaires de Bonfi et de quartiers environnants auraient quitté Conakry il y a plusieurs semaines, en direction de la Gambie, espérant poursuivre leur route vers l’Europe. Un espoir qui n’aura duré que quelques jours.

Issiaga Camara, porte-parole des familles, raconte que l’annonce initiale de leur arrivée à destination avait suscité une brève euphorie :
« On nous avait dit qu’ils avaient atteint l’Europe. Tout le quartier avait célébré. » Quelques jours plus tard, un appel terrifiant est venu briser cet enthousiasme. « Un jeune a contacté sa sœur en pleurant : Ils nous ont tués… », rapporte-t-il.
Les familles affirment avoir appris que l’embarcation en provenance de Gambie avait été rejointe en mer par une barque venue du Sénégal, transportant une centaine d’autres migrants. La surcharge aurait fragilisé le navire déjà précaire.
Les rescapés évoquent également des conditions extrêmes : près de deux semaines sans eau, sans nourriture, entassés, avec des enfants à bord. Plusieurs passagers auraient succombé à l’épuisement avant même le drame, d’autres auraient disparu en mer.
Jusqu’ici, les familles de Bonfi ont recensé six décès confirmés, mais le nombre réel de victimes reste inconnu.

On parle de plusieurs disparus, de personnes jetées à la mer, et de passagers n’ayant jamais informé leurs proches de leur départ.
Du côté des survivants, la situation demeure critique :
- Onze personnes seraient hospitalisées en Mauritanie,
- D’autres seraient détenues par les autorités locales,
- Une trentaine de survivants auraient été identifiés via des vidéos relayées sur les réseaux sociaux.
À Bonfi-Port seulement, 47 familles ont déjà signalé des proches manquants.
Face à l’ampleur du drame, les familles ont organisé une marche pour appeler le gouvernement guinéen à intervenir rapidement.
« Nos enfants sont vivants mais abandonnés en Mauritanie. Certains sont malades, d’autres traumatisés. Sans l’aide de l’État, ils ne pourront pas rentrer », a plaidé Issiaga Camara.
Les protestataires demandent :
- le rapatriement d’urgence des survivants,
- un accompagnement pour les blessés,
- et une enquête claire pour déterminer combien de jeunes ont réellement pris la mer.
Les habitants de Bonfi espèrent que leur appel ne restera pas sans réponse.
« Nous supplions le gouvernement de sauver nos enfants », insistent les familles, sous le choc d’une tragédie dont l’ampleur réelle n’est pas encore connue.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
Contact Planete7.info : 624045895/625214852
Planete7guinee@gmail.com
Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.