N’Zérékoré : privées de célébration, les femmes rurales réclament plus de visibilité et de soutien

À l’occasion de la Journée internationale de la femme rurale, l’absence de célébration officielle à N’Zérékoré a suscité déception et incompréhension parmi les femmes du secteur agricole. Hawa Camara, présidente de l’Union des Femmes pour le Développement Agricole, a livré à notre rédaction un témoignage poignant sur la situation des productrices de la région forestière et leurs attentes face aux autorités.
« C’est une journée qui devrait nous permettre de rendre visibles nos efforts, nos luttes et nos contributions au développement agricole », déplore Hawa Camara, visiblement peinée par le silence observé autour de cette commémoration. Selon elle, l’oubli de cette journée envoie un message négatif quant à la place des femmes dans un secteur pourtant essentiel à l’économie nationale.
Elle regrette que cette occasion, habituellement marquée par des expositions de produits locaux et des échanges d’expériences, soit passée inaperçue. « Ce qui nous encourage, c’est quand nous exposons nos productions. Cela prouve que nous faisons réellement quelque chose. Mais cette année, tout est passé sous silence. Nos groupements, dispersés dans les villages, n’étaient même pas informés. Cela nous touche profondément », confie-t-elle avec amertume.
Au-delà de cette frustration, la présidente de l’Union évoque les multiples obstacles auxquels se heurtent les femmes rurales : absence d’appui technique, difficultés d’accès au financement et aux intrants, manque de formation adaptée, et dégradation avancée des routes rurales. « Nous travaillons dur, mais sans outils ni soutien, notre potentiel reste limité », souligne-t-elle.
Face à ces réalités, Hawa Camara en appelle à une action concertée des autorités et des partenaires techniques et financiers. Elle plaide pour des programmes ciblés, mieux adaptés aux besoins spécifiques des femmes du monde agricole. « Il ne suffit pas d’envoyer des intrants ou de distribuer des motoculteurs. Il faut accompagner les groupements par des formations sur l’utilisation des engrais ou du matériel agricole. Si les femmes comprennent bien ces techniques, elles pourront à leur tour former d’autres productrices. C’est ainsi que nous pourrons avancer », recommande-t-elle.
Son appel résonne comme une piqûre de rappel : derrière les champs verdoyants et les marchés approvisionnés se cachent des femmes travailleuses, souvent oubliées, mais indispensables au développement économique et social de la Guinée.
La non-célébration de cette journée met en lumière un manque de reconnaissance institutionnelle, mais aussi la nécessité d’un engagement renouvelé pour valoriser les femmes rurales, premières gardiennes de la sécurité alimentaire du pays.
Pépé Blaise Théa, correspondant à N’Zérékoré pour Planete7.info
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