Sayon Dambélé : “L’ANIES, un levier contre la pauvreté, pas un simple distributeur d’argent”

Depuis janvier 2022, Sayon Dambélé dirige l’Agence Nationale d’Inclusion Économique et Sociale (ANIES). Trois ans après sa prise de fonction, cet ancien consultant international revient sur les avancées de l’institution, les incompréhensions qui l’entourent, et la dynamique de fond qu’elle impulse dans la lutte contre la pauvreté en Guinée.
À 47 ans, Sayon Dambélé cumule une solide expérience dans les domaines de la sociologie, de la santé publique et de la gouvernance. Formé en France, il a dirigé un cabinet de consulting à Paris pendant 15 ans, collaboré avec des institutions prestigieuses telles que l’Inserm, Santé publique France, l’OFDT, et enseigné à l’Institut du travail social de la Salpêtrière. Depuis janvier 2022, il pilote l’ANIES, bras opérationnel de l’État guinéen en matière d’inclusion économique et de protection sociale.
« Je suis animé par une volonté constante d’agir. L’univers administratif guinéen est certes complexe, mais je m’efforce de garder cette flamme de transformation », confie-t-il.
Face aux critiques qui réduisent l’ANIES à un simple distributeur d’argent, Sayon Dambélé se montre ferme : « L’ANIES n’est pas un guichet automatique. C’est une institution de protection sociale non contributive, au service des plus vulnérables : les pauvres, les isolés, ceux qui n’ont pas accès aux services de base. »
Il insiste sur la mission multidimensionnelle de l’Agence : au-delà des transferts monétaires, l’ANIES agit sur les leviers du capital humain, santé, nutrition, éducation, environnement et renforce l’autonomie économique des bénéficiaires à travers la formation et l’accompagnement vers des activités génératrices de revenus.
Parmi les projets majeurs, le directeur général met en avant NAFA, financé par la Banque mondiale, qui touche actuellement 150 000 ménages à travers le pays. Ce projet repose sur trois piliers : transferts monétaires, renforcement du capital humain, et accompagnement économique. « Chaque ménage a déjà reçu six transferts. Nos assistants communautaires, près de 500 aujourd’hui, accompagnent ces foyers au quotidien. »
Mais ce n’est pas tout. L’ANIES mène également :
- Un projet de choc alimentaire financé par le FMI à hauteur de 25 millions de dollars, visant 60 000 ménages dans des zones souvent négligées comme Télimélé, Mandiana, Faranah, ou encore l’île de Kassa, où 800 familles bénéficient de transferts mensuels.
- Une assistance post-incendie à Kaloum, où 3 195 ménages sinistrés ont été soutenus.
Interrogé sur la visibilité des actions de l’ANIES, Sayon Dambélé nuance les attentes : « Les effets de nos interventions relèvent souvent du moyen ou du long terme. Nous travaillons sur des transformations sociales profondes, pas sur des actions ponctuelles. »
Présente dans neuf préfectures : Kindia, Mamou, Gawal, Tougué, Dabola, Kouroussa, Kérouané, Beyla, entre autres, l’ANIES s’ancre progressivement dans le tissu social guinéen. Une présence discrète mais impactante, qui mériterait davantage de visibilité selon son directeur.
Si beaucoup reste à faire, Sayon Dambélé garde intacte sa volonté de construire une Guinée plus inclusive. Pour lui, l’ANIES est appelée à jouer un rôle pivot dans la refondation sociale du pays. « Notre ambition est de faire reculer durablement la pauvreté. Cela demande des moyens, du temps, de l’écoute. Mais surtout, une conviction inébranlable que le changement est possible. »
Encadré : L’ANIES en chiffres clés
- 150 000 ménages accompagnés via le projet NAFA
- 500 assistants communautaires sur le terrain
- 60 000 ménages bénéficiaires du projet de choc alimentaire
- 3 195 ménages soutenus après l’incendie de Kaloum
- Présence dans 9 préfectures, dont Kindia, Mamou, Kouroussa, Beyla…
Loin des clichés, l’ANIES s’affirme sous la houlette de Sayon Dambélé comme un acteur stratégique de la solidarité nationale. Au croisement de la politique sociale et de l’innovation institutionnelle, elle pose les bases d’une nouvelle approche de la lutte contre la pauvreté en Guinée. Un chantier de longue haleine, mais porteur d’espoir.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
Contact Planete7.info : 624045895/625214852
Planete7guinee@gmail.com
Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.