Crise du ciment à N’Zérékoré : les prix grimpent jusqu’à 125 000 FG le sac

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Depuis plusieurs jours, la commune urbaine de N’Zérékoré fait face à une pénurie aiguë de ciment, entraînant une envolée spectaculaire des prix. Le sac, qui se vendait auparavant à des tarifs plus abordables, atteint désormais des sommets allant jusqu’à 125 000 francs guinéens, selon les constats effectués ce mardi 24 juin 2025 par notre correspondant sur place.

Dans les principaux points de vente de la ville, les stocks se sont raréfiés. Les commerçants peinent à s’approvisionner et les clients parcourent la ville pour espérer trouver quelques sacs. Le prix d’un sac de ciment oscille actuellement entre 120 000 et 125 000 FG, une situation qui affecte durement les artisans, les entrepreneurs et les particuliers engagés dans des travaux de construction.

Kémo Traoré, briquetier rencontré sur un site d’approvisionnement, partage son désarroi : « Je suis venu acheter quatre sacs de ciment pour confectionner des briques. À 120 000 FG le sac, je travaille à perte. Je respecte le dosage, c’est trois brouettiers de sable par sac, soit 30 briques. Mais avec ce prix, c’est difficilement rentable. Je demande au gouvernement d’intervenir, notamment auprès des usines à Conakry. »

Les professionnels du secteur évoquent plusieurs facteurs expliquant cette crise. Pour Sékou Kourouma, vendeur de ciment à N’Zérékoré, le transport constitue un obstacle majeur. « Les chauffeurs préfèrent travailler avec la société RIO-TINTO à Beyla, qui paie 27 millions FG le transport pour 30 tonnes, contre 17 à 18 millions pour 40 tonnes chez nous. Forcément, ils se détournent de notre circuit », explique-t-il.

À cela s’ajoutent d’autres problèmes :

  • Augmentation de 2 000 FG à l’usine sur le prix du sac ;
  • Pénurie de plincaire, un composant essentiel dans la fabrication du ciment ;
  • Crise d’approvisionnement générale même à Conakry.

« À notre niveau, nous achetons le sac à 115 000 FG, sans compter 500 000 FG de frais de débarquement. En le revendant à 120 000 FG, on gagne à peine 4 500 FG. Les grossistes, eux, veulent maximiser leurs marges malgré la faible quantité de ciment disponible », confie-t-il.

Un autre acteur du secteur, Ibrahima Diabaté, confirme cette tension logistique : « J’ai envoyé deux camions à Conakry, ils y sont depuis plus de deux semaines sans chargement. Le coût du transport par tonne est passé de 400 000 à 850 000 FG. C’est inédit. »

Selon lui, les délais d’attente à l’usine peuvent désormais dépasser trois semaines. Les types de ciment disponibles, notamment CPG 32.5 et CPG 42.5, sont devenus difficilement négociables. « Le sac CPG 32.5 se vend entre 115 000 et 120 000 FG, le CPG 42.5 peut aller jusqu’à 125 000 FG. Seul l’État peut débloquer la situation, notamment en agissant sur la chaîne d’approvisionnement et la disponibilité du plincaire. »

Dans un contexte où les chantiers ralentissent, où les artisans s’essoufflent et où les commerçants peinent à maintenir un équilibre financier, les citoyens de N’Zérékoré interpellent les autorités. Tous appellent à une implication urgente du gouvernement pour stabiliser le marché, faciliter le transport, approvisionner les usines, et surtout, protéger le pouvoir d’achat des populations.

Pépé Blaise Théa, correspondant à N’Zérékoré pour Planete7.info

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