Technologies et souveraineté numérique : Bakaramoko Kaba appelle à une refonte urgente de la formation en Guinée

Invité de l’émission « Face à Pathé », Bakaramoko Kaba a défendu une vision ambitieuse du développement numérique en Guinée. Entre souveraineté numérique, modernisation du système éducatif et formation des ingénieurs, le Directeur général d’AISAKA GROUP a plaidé pour une réforme profonde de l’enseignement afin de préparer la jeunesse guinéenne aux exigences des nouvelles technologies.
Au cours de cet entretien, Bakaramoko Kaba est revenu sur les origines de son entreprise, créée en 2018, ainsi que sur les défis auxquels le secteur numérique reste confronté en Guinée. Selon lui, AISAKA GROUP est né d’une volonté de transmettre aux jeunes Guinéens les opportunités technologiques auxquelles certains étudiants africains n’ont accès qu’à l’étranger.

« AISAKA Group naît d’un rêve, un rêve d’étudiant et un rêve de frère. L’idée était de reproduire en Guinée ce que nous avons eu la chance de découvrir ailleurs, afin de permettre aux jeunes Guinéens de bénéficier des nouvelles technologies de l’information », a-t-il expliqué.
Pour le responsable, le développement économique des États africains dépend désormais de leur capacité à construire une véritable souveraineté numérique. Celle-ci passe, selon lui, par la maîtrise des données nationales et par la formation de ressources humaines qualifiées.
« Le développement économique aujourd’hui ne peut se construire sans souveraineté numérique. Cela passe par le rapatriement de nos données, la formation des formateurs et celle des ingénieurs capables de gérer efficacement les données de la République de Guinée », a-t-il soutenu.

Bakaramoko Kaba a également dénoncé l’insuffisance des infrastructures technologiques dans les universités publiques guinéennes, qu’il considère comme un frein majeur à l’émergence du pays dans le domaine numérique.
« Nous ne disposons pas encore de laboratoires dignes de ce nom dans nos universités publiques. Dans plusieurs pays, les universités privées s’appuient sur les infrastructures publiques pour les travaux pratiques, alors qu’en Guinée, ces équipements font encore défaut », a regretté le Directeur général d’AISAKA GROUP.

Malgré ces difficultés, il estime que le retard technologique de la Guinée peut être rapidement réduit, à condition d’engager des réformes structurelles ambitieuses, notamment dans le système éducatif. Il préconise une pré-spécialisation dès le lycée afin de mieux orienter les élèves vers les filières techniques et scientifiques adaptées aux réalités du marché moderne.
Le patron d’AISAKA GROUP a aussi mis en avant l’importance des certifications internationales dans les métiers des technologies de l’information. Citant les programmes de Cisco, spécialisés dans les équipements réseaux, il a souligné leur portée universelle.
« Les certifications sont standardisées et reconnues à l’international. Une certification obtenue ici en Guinée peut être valorisée partout dans le monde », a-t-il affirmé.

Selon lui, ces formations offrent aux apprenants guinéens un accès au même contenu pédagogique que celui dispensé dans les grandes écoles et centres de formation à travers le monde.
« Le cours suivi en Guinée est exactement le même que celui enseigné aux États-Unis, au Japon, en France ou encore en Allemagne », a conclu Bakaramoko Kaba, convaincu que l’avenir numérique du pays dépendra de sa capacité à investir durablement dans la formation et l’innovation.
Planete7.info
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