Violences électorales – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Thu, 11 Jun 2026 19:14:17 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Violences électorales – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Kankan : le Parquet général engage des poursuites contre les auteurs des violences électorales du 31 mai https://planete7.info/kankan-le-parquet-general-engage-des-poursuites-contre-les-auteurs-des-violences-electorales-du-31-mai/ Thu, 11 Jun 2026 19:10:48 +0000 https://planete7.info/?p=57114 Le Parquet général près la Cour d’appel de Kankan a annoncé, ce jeudi 11 juin 2026, l’ouverture de poursuites judiciaires contre les personnes impliquées dans les violences ayant émaillé les élections législatives et communales du 31 mai dernier dans plusieurs localités relevant de son ressort. Dans un communiqué officiel, le Procureur général, Marwane Baldé, fait […]]]>

Le Parquet général près la Cour d’appel de Kankan a annoncé, ce jeudi 11 juin 2026, l’ouverture de poursuites judiciaires contre les personnes impliquées dans les violences ayant émaillé les élections législatives et communales du 31 mai dernier dans plusieurs localités relevant de son ressort.

Dans un communiqué officiel, le Procureur général, Marwane Baldé, fait état de faits particulièrement préoccupants enregistrés durant le scrutin. Selon lui, plusieurs actes de violence, d’intimidation et d’atteinte à l’intégrité physique ont été perpétrés contre des membres des Commissions administratives de centralisation des votes (CACV), ainsi que contre des agents des forces de défense et de sécurité mobilisés pour assurer la sécurisation des opérations électorales.

Le Parquet général dénonce avec fermeté ces agissements qu’il qualifie de graves violations des lois de la République et d’atteintes au bon déroulement du processus démocratique.

Face à la situation, des instructions ont été données aux procureurs de la République, aux juges de paix ainsi qu’aux services de police judiciaire compétents afin que des enquêtes soient ouvertes sans délai. L’objectif est d’identifier, interpeller et traduire devant les juridictions compétentes tous les auteurs, coauteurs et complices impliqués dans ces actes de violence.

« Nul n’est au-dessus de la loi », rappelle le communiqué, qui souligne que toute tentative de perturbation du processus électoral, de destruction de biens publics, de violences contre les agents de l’État ou d’entrave à l’exercice de leurs fonctions est passible de poursuites pénales.

Le Procureur général a également lancé un appel au sens des responsabilités des citoyens, les invitant à privilégier les voies légales de recours en cas de contestation des résultats électoraux plutôt que de recourir à la violence.

S’adressant particulièrement aux candidats et aux acteurs politiques, Marwane Baldé les exhorte à s’abstenir de tout discours ou comportement susceptible d’inciter à la violence, aux troubles à l’ordre public ou à toute autre forme d’agitation pouvant compromettre la paix sociale.

Réaffirmant son engagement à faire respecter l’État de droit, le Parquet général assure qu’il veillera à la protection des personnes et des biens, ainsi qu’au maintien de l’ordre public dans l’ensemble du ressort de la Cour d’appel de Kankan.

Le communiqué conclut sur une mise en garde sans équivoque : des poursuites seront engagées contre toute personne impliquée dans des troubles à l’ordre public, « quelle que soit sa qualité ou son appartenance politique ».

Saliou Fatou Cissé, correspondant à Kankan pour Planete7.info

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Violences électorales en Afrique subsaharienne:  »une démocratie sous tension » https://planete7.info/violences-electorales-en-afrique-subsaharienne-une-democratie-sous-tension/ Mon, 27 Oct 2025 13:15:05 +0000 https://planete7.info/?p=47578 Introduction Les élections présidentielles devraient être des moments de célébration démocratique, des instants où les peuples choisissent librement leurs dirigeants et tracent les contours de leur avenir. Pourtant, en Afrique subsaharienne, ces échéances électorales sont trop souvent synonymes de tensions, de violences et de fractures sociales. Le spectre de la contestation, des affrontements communautaires et […]]]>

Introduction

Les élections présidentielles devraient être des moments de célébration démocratique, des instants où les peuples choisissent librement leurs dirigeants et tracent les contours de leur avenir. Pourtant, en Afrique subsaharienne, ces échéances électorales sont trop souvent synonymes de tensions, de violences et de fractures sociales. Le spectre de la contestation, des affrontements communautaires et des dérives autoritaires plane sur des pays comme le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Kenya, pour ne citer que ces quelques pays; où les urnes deviennent parfois le théâtre de luttes acharnées pour le pouvoir. Ce phénomène récurrent interroge la solidité des institutions, la maturité des systèmes politiques et les dynamiques internes qui alimentent ces crises. Pourquoi les élections, censées incarner la souveraineté populaire, se transforment-elles en foyers de violence? Quels sont les enjeux réels derrière ces confrontations ? Et surtout, quelles forces endogènes orchestrent ou résistent à ces dérives ?

Cet article propose une analyse critique de ces violences électorales, en explorant leurs causes, leurs conséquences et les défis à relever pour une démocratie véritablement apaisée.

Les causes profondes : entre institutions fragiles et héritages historiques

Les violences électorales ne sont pas le fruit du hasard. Elles trouvent leurs racines dans :
• La faiblesse des institutions électorales, souvent perçues comme inféodées au pouvoir en place.
• L’ethnicisation de la politique, où les appartenances communautaires priment sur les projets de société.
• La personnalisation du pouvoir, avec des dirigeants qui s’accrochent au pouvoir, parfois au mépris de la Constitution.
• L’absence de justice transitionnelle, qui empêche la réconciliation après les crises passées.
En Côte d’Ivoire, l’élection présidentielle de 2020 a été marquée par la décision controversée du président Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat. Cette décision a déclenché une vague de protestations violentes, notamment à Daoukro, où des affrontements ont causé plusieurs morts, dont un jeune militant, Koffi Toussaint. Plus de 8 000 personnes ont fui vers les pays voisins, redoutant une répétition des violences de 2010.

Conséquences : une démocratie fragilisée et des sociétés fracturées

Les violences électorales ont des effets dévastateurs :
• Perte de vies humaines et déplacements massifs.
• Affaiblissement de la confiance citoyenne dans le processus démocratique.
• Polarisation sociale et communautaire, souvent instrumentalisée par les élites politiques.
• Frein au développement économique, car l’instabilité décourage les investissements.

Au Kenya, bien que l’élection présidentielle de 2022 ait été globalement plus pacifique que celle de 2007, elle n’a pas échappé aux tensions. Des accusations de fraude ont alimenté des manifestations dans les bastions de l’opposition, notamment à Kisumu. La méfiance envers la commission électorale reste vive, et le climat politique demeure polarisé.

Les enjeux : pouvoir, ressources et légitimité

Derrière ces violences se cachent des enjeux cruciaux :
• Le contrôle des ressources économiques, souvent concentrées entre les mains de l’État.
• La quête de légitimité, dans des contextes où les élections sont vues comme le seul moyen d’accéder au pouvoir.
• La survie politique, pour des régimes qui redoutent l’alternance.

Au Cameroun, les tensions post-électorales de 2018 ont été exacerbées par un climat de méfiance généralisée envers les institutions; bis repetita en 2025 lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025, des violences ont éclaté à Garoua, où une enseignante a été tuée par balle lors d’une manifestation contre des résultats jugés frauduleux. Les partisans d’Issa Tchiroma Bakary ont dénoncé un « hold-up électoral », tandis que le gouvernement a qualifié les manifestations de « tentatives insurrectionnelles ». Des affrontements ont également eu lieu à Douala et Limbé, illustrant la tension extrême autour du maintien au pouvoir du président Paul Biya.

Les forces endogènes : entre manipulation et résistance

Les violences électorales sont souvent orchestrées ou tolérées par :
• Des élites politiques, qui mobilisent des milices ou exploitent les tensions communautaires.
• Des médias partisans, qui attisent les divisions.
• Des institutions judiciaires faibles, incapables de sanctionner les abus.
Mais face à cela, des forces de résistance émergent : société civile, mouvements citoyens, journalistes indépendants, et une jeunesse de plus en plus connectée et exigeante. Au Kenya, des plateformes citoyennes comme Ushahidi ont permis de documenter les violences et de renforcer la transparence. En Côte d’Ivoire, des ONG ont joué un rôle crucial dans la médiation communautaire.

Conclusion

Les violences électorales en Afrique subsaharienne ne sont pas des fatalités. Elles sont le reflet de systèmes politiques en quête de maturité, de sociétés en tension, mais aussi de résistances citoyennes qui aspirent à un changement profond. Pour sortir de ce cycle de crises, il est impératif de renforcer les institutions démocratiques, de promouvoir une culture politique fondée sur le respect des règles du jeu, et de garantir l’indépendance des organes électoraux et judiciaires, l’éducation civique et politique des citoyens, le renforcement des institutions indépendantes, la promotion du dialogue intercommunautraire….

La paix électorale ne se décrète pas : elle se construit, jour après jour, par l’engagement des citoyens, la responsabilité des leaders et la vigilance de la société civile. L’Afrique a les ressources humaines, intellectuelles et culturelles pour bâtir une démocratie apaisée et inclusive. Il est temps de transformer les élections en véritables instruments de progrès, et non en champs de bataille pour le pouvoir.

Par Gervais MOUSSONGO

  Consultant en Stratégie – Intelligence Économique – Due Diligence & Communication d’Influence Managing Partner Chez ADVALYS Consulting Group

 

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