UA – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Sun, 15 Feb 2026 00:14:20 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg UA – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA : la Guinée marque son retour avec un discours poignant du Président Mamadi Doumbouya https://planete7.info/sommet-des-chefs-detat-et-de-gouvernement-de-lua-la-guinee-marque-son-retour-avec-un-discours-poignant-du-president-mamadi-doumbouya/ Sun, 15 Feb 2026 00:14:20 +0000 https://planete7.info/?p=51513 DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR MAMADI DOUMBOUYA, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE AU SOMMET DE L’UNION AFRICAINE – ADDIS-ABEBA Monsieur le Président de l’Union africaine, Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement, Monsieur le Président de la Commission de l’Union africaine, Mesdames et Messieurs, C’est pour moi un honneur particulier de […]]]>

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR MAMADI DOUMBOUYA, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE AU SOMMET DE L’UNION AFRICAINE – ADDIS-ABEBA

Monsieur le Président de l’Union africaine,

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement, Monsieur le Président de la Commission de l’Union africaine,

Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un honneur particulier de prendre la parole aujourd’hui pour la première participation de la République de Guinée à un Sommet de l’Union africaine depuis l’avènement de notre Cinquième République, à la suite de l’élection présidentielle qui a consacré la volonté souveraine du peuple guinéen de poursuivre la refondation de son État.

La Guinée est un membre fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine, ancêtre de notre Union sacrée depuis nos pères fondateurs. Elle a toujours porté haut l’idéal panafricain : celui d’une Afrique libre, solidaire, stable et résolument tournée vers le progrès. Aujourd’hui plus que jamais, cet idéal doit guider notre action collective.

Excellences,

Nos peuples attendent des résultats concrets. Ils attendent de nous non seulement des déclarations, mais surtout des transformations tangibles dans leur quotidien : l’accès à l’énergie, à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la dignité économique. C’est dans cet esprit que la Guinée a engagé une dynamique profonde de repositionnement diplomatique, économique et institutionnel.

Notre conviction est simple : il n’y a pas de souveraineté politique durable sans souveraineté économique. Et il n’y a pas de développement inclusif sans maîtrise stratégique de nos ressources naturelles, humaines et technologiques. L’Afrique dispose d’atouts exceptionnels : la jeunesse la plus dynamique du monde, des ressources naturelles abondantes, un potentiel agricole immense et une capacité d’innovation croissante. Pourtant, ses atouts restent insuffisamment transformés en prospérité partagée.

Nous devons collectivement accélérer les réformes structurantes autour de trois priorités majeures :

Premièrement, l’industrialisation et la transformation locale de nos ressources. Exporter nos matières premières sans valeur ajoutée ne peut plus être la norme. Nous devons produire, transformer et commercer africain.

Deuxièmement, l’intégration économique et les infrastructures continentales. Routes, chemins de fer, énergie, numérique : sans interconnexion réelle, notre marché continental restera sous-exploité malgré la Zone de libre-échange africaine.

Troisièmement, le capital humain. L’éducation, la formation technique, la science, l’innovation et désormais l’intelligence artificielle doivent devenir les piliers de notre compétitivité collective.

Excellences,

La Guinée s’inscrit pleinement dans cette vision. À travers notre programme de transformation socio-économique à long terme, nous travaillons à bâtir une économie diversifiée, créatrice d’emplois et respectueuse de l’environnement, tout en renforçant la stabilité institutionnelle et la confiance des partenaires. Mais nous savons que le destin de nos nations est lié. Aucune réussite nationale durable ne peut se construire en dehors d’une Afrique forte, stable et intégrée. C’est pourquoi nous appelons à un panafricanisme pragmatique : un panafricanisme des projets concrets, des investissements structurants, de la solidarité économique et de la sécurité collective.

Chers frères et sœurs africains,

L’histoire nous observe. Nos peuples nous regardent. Nous avons aujourd’hui l’opportunité de faire entrer l’Afrique dans une nouvelle phase : celle de la transformation, de la souveraineté assumée et de la prospérité partagée. La Guinée prendra toute sa part dans cet effort collectif, avec humilité, détermination et esprit de fraternité africaine.

Je vous remercie.

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25 mai : Honneur aux pionniers de l’unité africaine, mémoire vive et futur à bâtir https://planete7.info/25-mai-honneur-aux-pionniers-de-lunite-africaine-memoire-vive-et-futur-a-batir/ Sun, 25 May 2025 21:55:41 +0000 https://planete7.info/?p=42029 En ce 25 mai, nos pensées se tournent d’abord vers ceux qui ont tracé les premiers sillons de l’unité africaine, à la force de leurs convictions et de leur vision. Ahmed Sékou Touré, le Guinéen au verbe franc et au courage inébranlable. Kwame Nkrumah, le Ghanéen visionnaire qui rêvait d’une Afrique fédérée. Julius Nyerere, le […]]]>

En ce 25 mai, nos pensées se tournent d’abord vers ceux qui ont tracé les premiers sillons de l’unité africaine, à la force de leurs convictions et de leur vision. Ahmed Sékou Touré, le Guinéen au verbe franc et au courage inébranlable. Kwame Nkrumah, le Ghanéen visionnaire qui rêvait d’une Afrique fédérée. Julius Nyerere, le Tanzanien philosophe du socialisme africain. Modibo Keïta, le Malien bâtisseur d’une indépendance souveraine. Ces figures majeures n’ont pas seulement mené leurs pays vers la libération. Ils ont posé les fondations d’un idéal : celui d’une Afrique unie, indépendante, solidaire et maîtresse de son destin.

C’est dans cet esprit que naissait, en 1963, l’Organisation de l’unité africaine, devenue aujourd’hui Union africaine. Non comme un simple cadre diplomatique, mais comme le prolongement politique d’un rêve panafricain, toujours vivant. Pourtant, plus de soixante ans après, l’ambition initiale semble parfois s’estomper dans les méandres du réel.

Car ce 25 mai n’est pas une simple date sur le calendrier. C’est une piqûre de rappel. Celle qui éveille les consciences, interroge notre présent et bouscule nos certitudes. L’Afrique se trouve à la croisée des chemins : riche de ses ressources, de sa jeunesse, de ses cultures multiples, mais toujours confrontée à des contradictions tenaces. Une jeunesse dynamique mais souvent bridée. Des matières premières abondantes mais captées par des intérêts extérieurs. Et une gouvernance qui peine à s’émanciper de modèles importés, loin des réalités locales.

Il devient impératif de rompre avec le mimétisme institutionnel. La démocratie africaine ne saurait se réduire à une copie de schémas occidentaux. Elle doit puiser dans les traditions du dialogue communautaire, du consensus, de la légitimité sociale. C’est dans cette synthèse entre modernité politique et sagesse ancestrale que réside notre avenir.

Mais aucun idéal ne prospère sans moyens. L’Union africaine ne pourra incarner la voix du continent si elle dépend encore des financements extérieurs pour ses initiatives. L’autonomie financière n’est plus un luxe : c’est une urgence. Financer nos projets par nous-mêmes, pour nous-mêmes, est la condition première d’une souveraineté retrouvée.

Des signes encourageants émergent. La récente Déclaration de Libreville, adoptée par les Présidents de Parlement autour des questions de transition politique, montre la voie d’un dialogue panafricain plus franc, plus exigeant, plus ancré dans le réel.

Ce 25 mai, bien au-delà des cérémonies protocolaires, doit résonner comme un appel à la cohérence. L’unité ne se décrète pas, elle se construit. La liberté n’est pas un legs figé, elle est un combat permanent. Et notre avenir commun ne se dessinera pas ailleurs — il se décide ici, maintenant, ensemble, dans la fidélité à ceux qui ont osé rêver l’Afrique.

Bonne fête à l’Afrique et à tous ses amis ! De Conakry avec le Général Mamadi Doumbouya à Addis-Abeba, du Caire jusqu’à Cape Town, célébrons l’unité et la grandeur du continent

 

Par Aboubacar SAKHO

Expert en communication

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La durée des processus de transitions militaires en Afrique https://planete7.info/la-duree-des-processus-de-transitions-militaires-en-afrique/ https://planete7.info/la-duree-des-processus-de-transitions-militaires-en-afrique/#respond Mon, 27 May 2024 12:14:37 +0000 https://planete7.info/?p=29364 Traditionnellement, les transitions militaires sur le continent sont en théorie des courtes durées. Généralement, dans les six mois suivant la prise du pouvoir par l’armée, tout était mis en œuvre pour un retour rapide des civils aux pouvoirs. Les autorités militaires étaient au prise entre pression extérieure (pression politique et diplomatique ; sanctions économiques et financières, […]]]>

Traditionnellement, les transitions militaires sur le continent sont en théorie des courtes durées. Généralement, dans les six mois suivant la prise du pouvoir par l’armée, tout était mis en œuvre pour un retour rapide des civils aux pouvoirs. Les autorités militaires étaient au prise entre pression extérieure (pression politique et diplomatique ; sanctions économiques et financières, restrictions individuelles) et des contraintes internes (mobilisation politiques des forces vives, demandes sociales liées à l’amélioration des conditions de vie ; des exigences relatives à la garantie des droits et libertés).

Toutefois, ces dernières années, avec le discrédit des institutions sous-régionales et régionales (CEDEAO-UA) et les limites de la diplomatie coercitive africaine, nous tendons vers des transitions incertaines. La durée dépend ainsi largement des rapports des forces à la fois internes et externes en présence.

Il n’est pas exagéré de s’interroger sur la durée des processus de transitions sur le continent. Sommes-nous dans des processus (imposés ou négociés) de durées limitées- de six mois, de douze mois ou de 24 mois ou bien ces transitions s’inscrivent dans la durée avec des mandats assimilables à des mandats constitutionnels (quatre ans ou cinq ans) ?

La limite et l’inefficacité de la sécurité collective africaine (CEDEAO-UA) ont contribué en grande partie à légitimer les actions des autorités militaires. Ces dernières pour des contraintes politiques, techniques ou des volontés affichées ne pressent plus ou peu pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Ils ont désormais la maîtrise des processus de transition et semble avoir une opinion favorable auprès de la société africaine. La forme et la durée des transitions sont remises en cause. Les autorités en charge de la conduite des processus, qu’elles soient civiles, militaires ou mixtes conscientes des rapports de forces favorables : manque de légitimité des instances africaines en charge de gestion des crises, divisions politiques internes (absence d’opposition ou restrictions des activités politiques par les autorités) manœuvres pour perdurer les processus de transition : Tchad, Mali, Guinée, Burkina Faso et Niger.

De Ndjamena à Bamako, des dialogues sont initiés – dialogue inter-tchadien, dialogue inter-malien et sont sanctionnés par des recommandations dans le but de donner une légitimité au glissement du calendrier en cours, mais également de permettre à une éventuelle candidature des autorités transitoires. Une pratique toutefois contraire aux exigences de la CEDEAO et de l’UA mais aussi une initiative contestée par les acteurs internes prenant part à ces processus.

Ces dialogues ou assises quels que soit la couleur, la forme ou la dénomination qu’on en donne, cachent d’autres ambitions. En effet, en plus de donner une légitimité à la prorogation des processus, il s’agit d’une manœuvre politique pour à la longue se maintenir au pouvoir avec la participation aux élections organisées pour mettre fin à la transition. Le processus sanctionnant la transition tchadienne s’inscrit dans ce contexte. Le Mali semble opté pour cette démarche politique. Les conclusions du dialogue inter-malien recommande en effet au-delà de la prolongation de la transition pour une durée indéterminée, au président de la transition, de briguer la magistrature suprême malienne.

Du côté du Burkina Faso, après l’annonce avec engouement la tenue dans les prochaines heures et jours des assises nationales pour rectifier à nouveau la transition. Compte tenu du contexte sécuritaire, les participants à ses dites rencontres hautement politique demandent sans nul doute au président de la transition de se maintenir cinq années de plus à la tête du pays. Ils prônent au nom de la sécurité pour la continuité, même si la situation reste toujours critique et incertaine.

Concernant la Guinée, la position des autorités est ambiguë et la question relative au respect du chronogramme de la transition fixant la fin du processus à la fin de l’année 2024 n’est pas résolue. Peut-on s’attendre un effet de contagion ou du mimétisme des démarches initiées au Tchad, au Mali et dernièrement au Burkina Faso ? Tout ce qu’on peut affirmer à date, est que le respect de l’accord tripartite fixant la fin de la transition est incertain et que toutes les initiatives pour tenter de donner légitimité le maintien dans la durée ou tout simplement pour garder le pouvoir ne sont pas à exclure dans l’avenir.

Que faut-il envisager face à cette incertitude institutionnelle ?

Il faudra vite à la diplomatie africaine réintégrer les processus de transitions dans ces pays. Des politiques unilatérales pour la gestion de ses crises ont des conséquences graves à la longue pour les pays africains qui ont du mal à concrétiser la transition démocratique amorcée il y a de cela quelques décennies. Il est impératif de rétablir la confiance et de maintenir le dialogue avec ses pays en vue de trouver une nouvelle formule de sortie de crise.

La diplomatie régionale doit remobiliser les partenaires (ONU, UE) autour des enjeux relatifs à ces processus tant importants pour la construction de la démocratie, l’instauration de l’Etat de droit que pour la stabilité politique et sécuritaire durable sur le continent, particulièrement en Afrique de l’ouest en proie à toutes sortes de menace.

Également, redynamiser l’ensemble des acteurs internes pour des transitions inclusives et acceptées par tous. Ceci pour éviter des contestations dénonçant des transitions unilatérales et solitaires. La nécessité de la communauté internationale pour participer à ces processus n’est plus une question taboue. Les besoins d’accompagnement technique et financière sont de plus en plus élevés pour des transitions apaisées et réussies.

Si cette velléité réelle ou cachée de perdurer les transitions- avec une éventuelle candidature des autorités transitoires n’est pas écourté et mise à terme, nous risquons de replonger les Etats africains dans les périodes sombres des années post- indépendances (1970-1980) avec une bonne partie des dirigeants en manque de légitimité, car issus des coups de forces militaires ou issus des processus politiques biaisées dans le seul but de revêtir le manteau de démocrate. Cette époque est aussi une période charnière pour les droits humains et le processus démocratique dans la région. Il est important pour les Etats et les institutions africaines de trouver des solutions contre les atteintes aux institutions démocratiques. Cela va permettre de mobiliser la diplomatie continentale autour des questions stratégiques internationales, notamment les questions relatives à la gestion des ressources, aux enjeux environnementaux, technologiques, commerciaux et de défenses dans un monde de plus en plus concurrentiel et d’influence.

L’histoire récente de la gestion des transitions politiques et militaires en Afrique renseigne qu’une mauvaise ou une transition non maîtriser à la limite unilatérale appelle toujours à une autre transition.

Amadou Lamarane BAH

Diplômé en Relations Internationales

Doctorant en Droit Public FSJP/UCAD

Email: amadoulemaire@yahoo.fr.

 

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La France doit cesser de tirer les ficelles des organisations africaines (par Magaye Gaye) https://planete7.info/la-france-doit-cesser-de-tirer-les-ficelles-des-organisations-africaines-par-magaye-gaye/ https://planete7.info/la-france-doit-cesser-de-tirer-les-ficelles-des-organisations-africaines-par-magaye-gaye/#respond Fri, 10 Mar 2023 20:42:33 +0000 https://planete7.info/?p=19452 Je viens de lire les développements qui suivent dans le journal français le monde. Je suis tombé des nues. « Les Comores à la présidence de l’Union africaine, une aubaine pour la France » Paris a facilité l’accession de la petite île de l’océan Indien à la tête de l’UA en incitant le Kenya à retirer sa […]]]>

Je viens de lire les développements qui suivent dans le journal français le monde. Je suis tombé des nues.

« Les Comores à la présidence de l’Union africaine, une aubaine pour la France »

Paris a facilité l’accession de la petite île de l’océan Indien à la tête de l’UA en incitant le Kenya à retirer sa candidature. Le président comorien est un habitué de l’Elysée, qui apprécie son opposition ouverte à l’invasion russe de l’Ukraine.

Moroni a même failli voir cette occasion s’évaporer au dernier moment. Le Kenya membre lui aussi du bloc de l’Afrique de l’Est, en lice pour la présidence 2023 a longtemps présenté une candidature concurrente. Nairobi a fini par la retirer après une série de tractations et une discrète demande de la France. Paris s’est activé en coulisses pour refréner les ambitions de William Ruto, tout juste élu président du Kenya, et laisser le champ libre à l’archipel…

Si la perspective d’une présidence comorienne intéresse la France, c’est que les deux capitales sont proches…

« D’abord, la France voulait éviter des dissensions au sein de l’UA, confie un responsable comorien. Puis il y a la possibilité pour nous, les Comores, de jouer un rôle de médiateur. Nous pouvons passer des messages, notamment au Sahel où le Mali a des problèmes avec la France ».

Mon avis

1-La France doit s’écarter de la gestion de notre devenir continental. Ce qu’elle vient de faire dans cet épisode de la désignation du Président en exercice de l’Union Africaine (l’UA) est dangereux et sera négativement décryptée et sanctionnée par les opinions publiques africaines. Vu la persistance de la France à vouloir jouer les premiers rôles en lieu et place des pays du Continent, et ce par une stratégie de forcing irrespectueuse, j’anticipe de nouvelles défections dans la Françafrique après celles du Mali, du Burkina Faso et de la Centrafrique.

2 -L’UA gagnerait à être plus crédible en ne permettant à aucune « puissance » internationale d’influencer ses décisions. Comment est-ce que le Kenya et les Comores ont-ils pu accepter un compromis aussi déshonorant pour l’image de l’Afrique ?

3-Les stratèges africains devraient engager des réflexions urgentes afin de voir comme contrecarrer cette menace de l’omniprésence française qui je le répète ternit notre image en termes de capacité à prendre nous-mêmes nos décisions. Ce qui est inacceptable c’est de voir ce pays passer par les organisations internationales africaines pour régler ses problèmes géopolitiques. Les stratèges africains devraient être très vigilants sur ce que j’appelle la triple Déconnexion :

a) casser le leadership du Nigéria pour l’isoler des autres pays de la CEDEAO et de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA)

b) séparer l’Afrique dite « noire » et celle dite « blanche’

c) affaiblir et prendre le contrôle des locomotives anglophones du Continent (Kenya, Afrique du Sud, Ghana, Maurice etc.) en les amenant à adhérer à l’Éco version francophone.

 

Magaye GAYE

Économiste International

Professeur à l’Institut Supérieur de Gestion de Paris 

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De l’efficacité des sanctions de la CEDEAO contre les régimes militaires : le cas de la Guinée https://planete7.info/de-lefficacite-des-sanctions-de-la-cedeao-contre-les-regimes-militaires-le-cas-de-la-guinee/ https://planete7.info/de-lefficacite-des-sanctions-de-la-cedeao-contre-les-regimes-militaires-le-cas-de-la-guinee/#respond Mon, 06 Mar 2023 12:09:27 +0000 https://planete7.info/?p=19385 Le Conseil de Médiation et de Sécurité (CMS) de la CEDEAO réunie au niveau des Chefs d’Etat et de Gouvernent, le 18 février 2023 a pris la décision de maintenir les sanctions contre la Guinée. La conférence fustige les mesures unilatérales prises par les autorités de la transition, concernant la conduite du processus pour le […]]]>

Le Conseil de Médiation et de Sécurité (CMS) de la CEDEAO réunie au niveau des Chefs d’Etat et de Gouvernent, le 18 février 2023 a pris la décision de maintenir les sanctions contre la Guinée. La conférence fustige les mesures unilatérales prises par les autorités de la transition, concernant la conduite du processus pour le retour rapide à l’ordre constitutionnel. Elle tient responsable aussi le CNRD du retard dans la mise en œuvre du chronogramme tripartite signé entre la CEDEAO, la junte et les acteurs politiques. Elle reconnait en effet la nécessité pour les autorités guinéennes d’honorer leur engagement signé pour un chronogramme consolidé de la transition s’articulant autour de 10 points.  Sur ces motifs, l’instance sous régionale décide de maintenir les sanctions et d’imposer une interdiction de voyager aux membres du Gouvernement et d’autres hauts fonctionnaires guinéens. Cette décision est matérialisée par la publication d’une « liste noire » par la Commission de la CEDAEAO, écartant ainsi toute incertitude sur la compétence de cette dernière, en matière de politique coercitive.

Cette liste nominative ou « liste noire » suscite beaucoup de questionnement.  Le débat sur l’efficacité des sanctions internationales en général (ONU) et particulièrement les sanctions africaines (CEADEAO, UA) refait surface.

Apres une série de sanction contre la junte depuis le coup d’Etat militaire du 5 septembre 2021, quel bilan peut-on faire de la politique coercitive de la CEDEAO à l’endroit de la Guinée ?

Il est difficile de mesurer l’efficacité des sanctions, notamment les sanctions ciblées comme l’interdiction de voyager. Pour analyser l’apport des mesures coercitives, il faudra identifier les objectifs fixés par les censeurs et porter un regard sur l’évolution de la situation en rapport avec les mesures édictées afin de tirer un bilan sur l’efficacité réelle ou relatives des sanctions.

I – les objectifs visés par les sanctions

Il faut signaler tout d’abord que l’évolution du régime de sanction globale à un régime de sanction plus sélective et individuelle est « la volonté de maximiser l’impact sur les entités dont on cherche à influencer le comportement (les autorités politiques d’un pays), tout en s’efforçant de réduire les effets humanitaires indésirables, ainsi ses conséquences imprévues sur les personnes non visées ». Ainsi, l’un des objectifs des sanctions nouvelles à l’image de l’interdiction de voyager ou du gel des avoirs est d’éviter de porter atteinte aux droits de tiers. Les sanctions sont individuelles, elles ne visent que les responsables directs de la situation incriminée.

Les sanctions cherchent également à forcer une autorité, un gouvernement à changer de conduite ou de modifier un choix politique. Autrement dit, exercer une pression afin que la cible respecte les prescriptions internationales, s’engage dans un processus de sortie de crise et enfin contraindre l’assujetti (Etat, régime ou entité) à respecter ses engagements en cas d’accord. Il s’agit de définir une ligne de conduite à la cible pour restaurer la situation normale.

Le dernier objectif des sanctions intelligentes consiste à signaler ou à stigmatiser un régime, une entité ou des personnes au regard de la violation de certaines normes internationales. Il en est ainsi des interdictions des réunions publiques, les repressions sanglantes, les arrestations arbitraires, les atteintes à la liberté d’aller et de venir. C’est un moyen pour dénoncer le comportement du régime visé au niveau sous régionale, régionale et multilatérale.

Ainsi, un régime soucieux de l’image du pays qu’il gouverne fournira tous les efforts pour sortir de l’isolement. Par contre, un pouvoir autoritaire, souverainiste à la limite populiste, tentera d’instrumentaliser les mesures pour susciter une solidarité nationale autour de sa politique.  Les sanctions sont assimilées dans ce cadre à des politiques impérialistes contre un Etat souverain, des mesures qui visent à déstabiliser et à fragiliser les autorités et l’économie d’un pays au détriment de la population.

II – L’apport des sanctions sur l’évolution de la transition

Depuis le Coup d’Etat militaire du 5 septembre 2021, la Guinée fait l’objet des sanctions de la part de la CEDEAO et de l’UA. Il faut souligner toutefois que le régime de sanction infligé au régime militaire comporte des « sanctions contraignantes douces » et des « sanctions contraignantes rigoureuses ». La CEDEAO a pris des mesures possessives contre la junte. Au début, la conférence a adopté des sanctions symboliques. L’action de l’organisation n’est pas statique mais dynamique et évolutive. C’est au regard de l’évolution salutaire ou non que l’organisation agisse contre un régime sanctionné pour suspendre, maintenir ou décider de lever les sanctions.

Sur l’objectif de faire pression sur un régime afin qu’il change de comportement, on peut souligner qu’à un moment donné, le CNRD à modérer sa position malgré sa volonté manifeste de gérer unilatéralement le processus de la transition. Il a organisé des concertations au niveau interne avec les acteurs politiques, même si une partie importante de l’échiquier politique n’avait pas fait part au dialogue. Également, les autorités de la transition n’ont pas rompu ses contacts avec les instances internationales, dont la CEDEAO. C’est la pression interne et externe qui a conduit la junte à participer dans un cadre de concertation plus large incluant la CEDEAO. Sur fond de pression interne et de menace d’une nouvelle série de sanction plus contraignante, la junte à revue à la baisse ses ambitions. Il signe un accord fixant le chronogramme de transition pour une période de 24 mois. Un accord dont le contrôle de l’effectivité est garanti par la CEDEAO. Sur ce point, on ne peut nier l’apport des sanctions sur les militaires pour une transition courte et inclusive.

Concernant la volonté de la CEDEAO d’épargner la population des conséquences néfastes des sanctions, le mécanisme mis en place dissocie les intérêts de la junte et les besoins essentiels de la population civile.  Les sanctions sont sélectives et individuelles. Elles ne ciblent que les responsables de la crise et de ceux qui œuvrent pour que la situation perdure.  Pour l’instant, la Guinée ne fait l’objet des sanctions des grandes ampleurs. Cependant, à tout moment les autorités sous-régionales peuvent réagir par une action plus forte, d’autant plus que les sanctions sont adoptées de manière progressives.

Pour le dernier objectif, lié à la stigmatisation de la cible, il est indéniable que le régime de Conakry est isolé. La Guinée est à la marge de la « communauté internationale ». Elle est suspendue aux organisations africaines. Le pays ne peut plus accueillir des réunions de la CEDEAO et de l’UA, ni présenté des candidatures aux institutions internationales, encore moins participé à la prise des décisions importantes au sein de ses organisations. La Guinée est le présent le plus absent des enjeux internationaux, au moment où la géopolitique régionale, continentale et internationale se redessine. On décide pour la Guinée sans la Guinée.

L’impact des sanctions ça ne reste que l’atteinte à l’honneur et à l’image du pays doit motiver tous les acteurs concernés pour le retour rapide à l’ordre constitutionnel. Ignorer les conséquences des sanctions sur l’évolution relative de la situation revient tout simplement à ignorer la nature et le fonctionnement du mécanisme des sanctions internationales. L’objectif principal du système, qu’il soit régional ou multilatéral est de faire la pression sur la cible, de la stigmatiser, de dénoncer son attitude afin qu’elle change de choix politique. La doctrine du mécanisme de sanctions individuelles n’est pas de fragiliser l’économie de la cible pour susciter un rejet du régime de la part de la population. C’est à la fois un moyen de pression et une politique incitative.

Amadou Lamarane BAH

Doctorant en Droit public

FSJP/UACD

Tel : 00221776960011

Email : amadoulemaire@yahoo.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le président de la Tunisie est-il vraiment sain d’esprit ? (par Magaye Gaye) https://planete7.info/le-president-de-la-tunisie-est-il-vraiment-sain-desprit-par-magaye-gaye/ https://planete7.info/le-president-de-la-tunisie-est-il-vraiment-sain-desprit-par-magaye-gaye/#respond Wed, 01 Mar 2023 18:25:25 +0000 https://planete7.info/?p=19291 Lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale, le président tunisien, Kaïs Saïed, a tenu un discours irresponsable au sujet de « hordes des migrants clandestins » en provenance d’Afrique subsaharienne, dont la présence est selon lui source de « violence, de crimes et d’actes inacceptables », Il a soutenu « la nécessité de mettre rapidement fin » à cette immigration. […]]]>

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale, le président tunisien, Kaïs Saïed, a tenu un discours irresponsable au sujet de « hordes des migrants clandestins » en provenance d’Afrique subsaharienne, dont la présence est selon lui source de « violence, de crimes et d’actes inacceptables »,

Il a soutenu « la nécessité de mettre rapidement fin » à cette immigration.

Oui c’est un discours raciste venant d’un homme immature, irresponsable et certainement très mal éduqué. Sans vision à long terme.

Cette réaction puérile ne doit cependant pas nous conduire, nous africains, à faire l’amalgame.

Les tunisiens que j’ai connus sous l’ère Ben Ali, lors d’un séjour à Tunis (hôtel belvédère) étaient profondément attachés à la fraternité des peuples.

Certes, les déclarations de Monsieur Kaïs Saïed sont très graves et doivent être sanctionnées mais. Pour autant je n’ incrimine pas les tunisiens dans leur majorité.

Cette épisode renseigne une fois de plus sur la qualité des hommes qui nous gouvernent et sur la nécessité de repenser les modes et processus de leur désignation

Voici les propositions que m’inspire cette sortie du Président tunisien.

1 Lui demander de présenter ses excuses officielles. À défaut,

2 Rappeler tous les ambassadeurs africains en Tunisie

3. Exclure tous les représentants diplomatiques de la Tunisie en Afrique.

4 Convoquer une réunion extraordinaire de l’Union Africaine en vue d’examiner la possibilité de suspendre la Tunisie de l’UA

5 Organiser un boycott sur tous les produits tunisiens vendus en Afrique

6 Inciter les tunisiens par le biais de leur armée nationale à prendre leur responsabilité et à rectifier le tir de manière à réancrer la Tunisie sur « sa voie naturelle »

La Tunisie verra en ce moment que sa stratégie d’ancrage à l’Europe ou au monde arabo-musulman ne lui apportera pas de valeur ajoutée. Son berceau naturel c’est l’Afrique.

Cette épisode doit aussi amener les pays d’Afrique subsaharienne à faire preuve de responsabilité dans la conduite de leur politiques publiques en vue de mieux encadrer une jeunesse aux abois.

Je n’exclus évidemment pas que ce qui se passe en Tunisie relève de stratégies de déstabilisation géopolitiques qui visent deux ruptures

Déconnexion 1 entre l’Afrique dite « blanche » et celle dite « noire »

Déconnexion 2 Entre le géant Nigérian et l’ Afrique de l’ouest afin d’affaiblir le leadership de ce pays, perpétuer une domination étrangère sur les pays de l’UEMOA et envisager un contrôle de la Cedeao.

Nos stratèges devraient réfléchir sur ces menaces.

Je me permets un conseil à Kaïs Saïed qui revendique l’appartenance de la Tunisie au monde arabo musulman

Méditez le verset 97 de la sourate 4 du coran

« ..Alors les Anges diront: ‘La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer ? »

Magaye GAYE
Économiste International
00221 77 245 07 58

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