Système de santé guinéen – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Thu, 12 Mar 2026 00:19:11 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Système de santé guinéen – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Kindia : l’hôpital régional Dr Alpha Oumar Diallo ouvre ses portes pour mieux se faire connaître du public https://planete7.info/kindia-lhopital-regional-dr-alpha-oumar-diallo-ouvre-ses-portes-pour-mieux-se-faire-connaitre-du-public/ Thu, 12 Mar 2026 00:17:13 +0000 https://planete7.info/?p=52453 L’hôpital régional Dr Alpha Oumar Diallo de Kindia a organisé, ce mardi, une journée portes ouvertes destinée à présenter à la population ses services, son fonctionnement ainsi que les efforts déployés pour améliorer la qualité de la prise en charge des patients. Cette initiative de la Direction de l’établissement s’inscrit dans une démarche de rapprochement […]]]>

L’hôpital régional Dr Alpha Oumar Diallo de Kindia a organisé, ce mardi, une journée portes ouvertes destinée à présenter à la population ses services, son fonctionnement ainsi que les efforts déployés pour améliorer la qualité de la prise en charge des patients.

Cette initiative de la Direction de l’établissement s’inscrit dans une démarche de rapprochement avec les usagers du système de santé. Elle a permis aux visiteurs de découvrir les différentes unités de soins, d’échanger avec le personnel médical et de mieux comprendre le rôle que joue cette structure dans l’offre de soins dans la région.

Au cours de la rencontre, les responsables de l’hôpital ont rappelé l’histoire de l’institution. Créé dans les années 1960, peu après l’indépendance de la Guinée, l’établissement avait pour vocation initiale de renforcer l’accès aux soins pour les populations de Kindia et de servir de structure de référence pour les centres de santé environnants.

À ses débuts, il fonctionnait comme un hôpital préfectoral avant de connaître plusieurs phases de renforcement qui lui ont permis d’évoluer vers un véritable hôpital régional, capable de prendre en charge des pathologies plus complexes. En 1996, l’établissement a été officiellement baptisé Hôpital régional Dr Alpha Oumar Diallo de Kindia, en hommage au médecin guinéen du même nom.

Né vers 1925 à Poredaka, dans la préfecture de Mamou, Dr Alpha Oumar Diallo est décédé le 5 juillet 1979. Son nom a été attribué à l’hôpital en reconnaissance de son engagement et de sa contribution au développement du système de santé guinéen.

Selon la Direction, la mission principale de l’établissement est d’assurer la prise en charge des cas référés par les structures sanitaires de la région. L’hôpital intervient également dans la gestion des urgences, les consultations spécialisées et la formation du personnel médical et paramédical.

Aujourd’hui, la structure dispose de plusieurs services spécialisés, parmi lesquels la médecine générale, la chirurgie, la pédiatrie, la gynéco-obstétrique, la néonatologie, les urgences, la diabétologie, l’ORL, l’ophtalmologie, l’odonto-stomatologie, ainsi que le laboratoire et la pharmacie. L’hôpital abrite également un centre de traitement des épidémies (CTPI), un centre de traitement ambulatoire (CTA) et un service de maintenance technique. Un centre d’imagerie médicale externe complète par ailleurs le dispositif sanitaire de l’établissement.

Les responsables ont profité de cette journée pour présenter quelques résultats récents enregistrés par les équipes médicales. Au cours des trois derniers mois, près de 40 bébés prématurés ont pu être sauvés au sein de l’unité de prise en charge des nouveau-nés.

Dans le même intervalle, l’hôpital a également assuré la prise en charge de plus de 500 victimes d’accidents de la circulation, principalement impliquant des motos et des voitures.

Depuis sa création, quatorze directeurs se sont succédé à la tête de l’établissement. L’actuel Directeur général, Dr Drissa Bina Konaré, a évoqué les principaux défis auxquels l’hôpital est confronté, notamment l’augmentation des accidents de la route.

« Nous faisons face à un nombre très élevé de victimes d’accidents de la circulation. Ces dernières années, près de 5 000 patients accidentés ont été pris en charge gratuitement dans notre établissement. Les cas les plus complexes sont ensuite référés vers les hôpitaux nationaux de Conakry », a-t-il expliqué.

À travers cette journée portes ouvertes, la Direction de l’hôpital régional Dr Alpha Oumar Diallo entend renforcer la confiance entre l’institution sanitaire et les populations, tout en mettant en lumière le rôle stratégique que joue cet établissement dans le système de santé de la région de Kindia.

 

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planète7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
52453
Réforme du secteur de la santé : les biologistes médicaux plaident pour la création d’un Ordre national https://planete7.info/reforme-du-secteur-de-la-sante-les-biologistes-medicaux-plaident-pour-la-creation-dun-ordre-national/ Tue, 25 Nov 2025 14:56:11 +0000 https://planete7.info/?p=48675 Longtemps relégués au second plan dans le système hospitalier guinéen, malgré leur rôle central dans l’établissement des diagnostics, les biologistes médicaux s’organisent désormais pour faire entendre leur voix. Ils viennent de créer l’Association des Biologistes Médicaux de Guinée (ABMG), une structure destinée à valoriser la profession et à renforcer la qualité des prestations dans les […]]]>

Longtemps relégués au second plan dans le système hospitalier guinéen, malgré leur rôle central dans l’établissement des diagnostics, les biologistes médicaux s’organisent désormais pour faire entendre leur voix. Ils viennent de créer l’Association des Biologistes Médicaux de Guinée (ABMG), une structure destinée à valoriser la profession et à renforcer la qualité des prestations dans les laboratoires du pays.

Selon eux, cette association constitue un premier pas décisif vers une meilleure structuration du métier. Elle vise notamment à qualifier les professionnels de laboratoire, à harmoniser les pratiques et à contribuer plus efficacement au travail des médecins.

Dans un entretien accordé à notre rédaction, Dr Moussa Cissé, président de l’ABMG, a souligné l’importance de cette initiative pour l’amélioration globale du système sanitaire :

« Qualifier davantage les professionnels de laboratoire est essentiel pour aider les médecins à poser un bon diagnostic. Organiser ce corps, c’est améliorer la qualité des services dans nos hôpitaux et, en somme, renforcer notre système de santé », a-t-il déclaré.

Cependant, un défi majeur reste à relever : la création de l’Ordre National des Biologistes Médicaux de Guinée, une instance indispensable, selon l’association, pour réguler la profession et garantir des standards plus élevés.

Pour Dr Cissé, l’association n’est qu’une étape transitoire :

« Cette structure sert de passerelle pour mobiliser toutes les parties prenantes. L’objectif final est clair : l’adoption d’un décret présidentiel officialisant la création de l’Ordre national », précise-t-il.

Mais le processus, affirme-t-il, est actuellement entravé au niveau du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique :

« Nous avons besoin de l’appui du ministre pour avancer. Pour l’instant, le ministère n’arrive pas à accompagner ce processus, ce qui bloque notre progression », regrette-t-il.

La mise en lumière de cette association s’inscrit dans la dynamique de refondation institutionnelle engagée en Guinée durant la période de transition. Les biologistes médicaux espèrent désormais que cette réforme aboutira, afin de donner à leur profession la place qui lui revient dans le fonctionnement du système de santé.

Salif Camara pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
48675
Polémique autour du décès du bébé Abdoul Karim Sacko : l’Hôpital Donka apporte sa version https://planete7.info/polemique-autour-du-deces-du-bebe-abdoul-karim-sacko-lhopital-donka-apporte-sa-version/ Sat, 16 Aug 2025 22:58:26 +0000 https://planete7.info/?p=44978 Le décès du petit Abdoul Karim Sacko, survenu dans la matinée du samedi 17 août 2025 à l’Hôpital National Ignace Deen, suscite une vive polémique. Plusieurs témoignages publiés sur les réseaux sociaux accusent l’Hôpital National Donka d’avoir refusé de prendre en charge l’enfant, faute de moyens financiers. Une version que la direction de l’établissement rejette […]]]>

Le décès du petit Abdoul Karim Sacko, survenu dans la matinée du samedi 17 août 2025 à l’Hôpital National Ignace Deen, suscite une vive polémique. Plusieurs témoignages publiés sur les réseaux sociaux accusent l’Hôpital National Donka d’avoir refusé de prendre en charge l’enfant, faute de moyens financiers. Une version que la direction de l’établissement rejette fermement.

Selon les explications du Dr Amadou Yalla Camara, chef du service des urgences de Donka, le bébé, d’abord conduit au Centre Médical Communal (CMC) de Ratoma, a été transféré vers Donka dans une ambulance. « L’enfant a bien été reçu aux urgences, trié, ses paramètres vitaux relevés, et il a été consulté par le pédiatre de garde », précise-t-il.

Cependant, confronté à un afflux massif de patients, l’hôpital s’est trouvé dans l’incapacité de l’hospitaliser. « Tous les lits étaient occupés, parfois doublés ou même triplés. Dans ces conditions, il était impossible d’assurer une prise en charge optimale. Le bébé a donc été orienté vers Ignace Deen, où il a reçu des soins avant son décès », explique Dr Camara.

Le médecin insiste : « Au CHU Donka, nous ne refusons jamais un malade. Le protocole est clair : tout patient est reçu et trié. Mais si aucune place n’est disponible, nous procédons à un transfert. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’un refus de soins mais d’une réorientation médicale. »

Pour éviter de telles situations, le service des urgences rappelle qu’une circulaire a été adressée aux hôpitaux de Conakry et de certaines préfectures, recommandant d’alerter Donka en amont avant tout transfert. Une mesure qui, selon lui, n’a pas été respectée dans ce cas précis.

Au-delà de cette affaire, Dr Camara appelle les familles à consulter plus tôt : « Trop souvent, les parents attendent que l’état de l’enfant devienne critique avant de se rendre à l’hôpital. Cela complique la prise en charge et réduit les chances de survie. »

Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852
Planete7guinee@gmail.com

]]>
44978
Système de santé guinéen : un miroir des injustices institutionnalisées https://planete7.info/systeme-de-sante-guineen-un-miroir-des-injustices-institutionnalisees/ Mon, 12 May 2025 15:21:26 +0000 https://planete7.info/?p=41472 Il est temps que l’opinion publique comprenne une chose essentielle : 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗳𝗲𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹 𝗱𝗲 𝘀𝗮𝗻𝘁é (biologiste médical, médecin, infirmier, etc.), malgré le serment qu’il prête, 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻 𝗯é𝗻é𝘃𝗼𝗹𝗲 𝗽𝗮𝗿 𝗻𝗮𝘁𝘂𝗿𝗲. Il a certes choisi une vocation noble, mais cela reste avant tout 𝘂𝗻 𝗺é𝘁𝗶𝗲𝗿, un moyen de subsistance, de survie et de dignité. Trop […]]]>

Il est temps que l’opinion publique comprenne une chose essentielle : 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗳𝗲𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹 𝗱𝗲 𝘀𝗮𝗻𝘁é (biologiste médical, médecin, infirmier, etc.), malgré le serment qu’il prête, 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻 𝗯é𝗻é𝘃𝗼𝗹𝗲 𝗽𝗮𝗿 𝗻𝗮𝘁𝘂𝗿𝗲. Il a certes choisi une vocation noble, mais cela reste avant tout 𝘂𝗻 𝗺é𝘁𝗶𝗲𝗿, un moyen de subsistance, de survie et de dignité. Trop souvent, on oublie qu’il a passé 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗱’𝘂𝗻𝗲 𝗱é𝗰𝗲𝗻𝗻𝗶𝗲 à 𝘀𝗲 𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲𝗿, souvent dans des conditions extrêmement contraignantes.

Pourquoi acceptons-nous sans réserve que le banquier prélève ses agios, que l’avocat facture ses consultations, que l’ingénieur valorise son expertise, et pourtant, 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝗱𝗼𝗻𝘀-𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗱𝘂 𝗺𝗲́𝗱𝗲𝗰𝗶𝗻 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝘀𝗼𝗶𝗴𝗻𝗲 𝗴𝗿𝗮𝘁𝘂𝗶𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 ? Ce raisonnement est non seulement injuste, mais profondément hypocrite. Le professionnel de santé a, lui aussi, des obligations familiales, des charges, et mérite 𝘂𝗻𝗲 𝗿é𝗺𝘂𝗻é𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱é𝗰𝗲𝗻𝘁𝗲 à la hauteur de ses compétences — vitales.

Quand un médecin offre ses services gratuitement, 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗱𝗲 𝗹’𝗵𝘂𝗺𝗮𝗻𝗶𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲. Mais cela ne doit jamais devenir la règle, encore moins une attente ou une obligation sociale. Les soins ont une 𝘃𝗮𝗹𝗲𝘂𝗿 et le respect de cette valeur passe aussi par leur juste reconnaissance financière.

𝗘𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁, en Guinée, la majorité des personnels qui assurent aujourd’hui la continuité des soins dans nos hôpitaux publics 𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗳𝗼𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀. Ce sont principalement 𝗱𝗲𝘀 𝘀𝘁𝗮𝗴𝗶𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀, 𝗱𝗲𝘀 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗻𝗲𝘀, 𝗼𝘂 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗮𝗰𝘁𝘂𝗲𝗹𝘀, qui ne gagnent parfois 𝗺ê𝗺𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝟱𝟬𝟬.𝟬𝟬𝟬 𝗚𝗡𝗙 𝗽𝗮𝗿 𝗺𝗼𝗶𝘀, alors que leurs charges mensuelles dépassent largement 𝟱.𝟬𝟬𝟬.𝟬𝟬𝟬 𝗚𝗡𝗙. Ce déséquilibre est à la fois inhumain et indéfendable.

Certes, quelques fonctionnaires existent, mais beaucoup 𝗻𝗲 𝘀𝗲 𝗽𝗿é𝘀𝗲𝗻𝘁𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗿é𝗴𝘂𝗹𝗶è𝗿𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘂 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹. Ce sont les jeunes stagiaires 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗮𝘁, 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝘀𝗮𝗹𝗮𝗶𝗿𝗲, 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗿𝗲𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝘀𝘀𝗮𝗻𝗰𝗲 qui portent à bout de bras le fonctionnement de nos hôpitaux. Leur « récompense » ? 𝗨𝗻𝗲 𝗽𝗿𝗶𝗺𝗲 𝗱é𝗿𝗶𝘀𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝟭𝟬𝟬.𝟬𝟬𝟬 𝗚𝗡𝗙, 𝗽𝗮𝗿𝗳𝗼𝗶𝘀 𝘂𝗻 𝗽𝗲𝘂 𝗽𝗹𝘂𝘀.

Comment ces professionnels sont-ils censés vivre ? La réponse est brutale : 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗱𝗼𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗮𝗹𝗮𝗱𝗲𝘀. C’est ici que commence l’engrenage de la maltraitance, de l’hostilité involontaire, et du désengagement moral. Le système fabrique 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗳𝗲𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹𝘀 𝗳𝗿𝘂𝘀𝘁𝗿é𝘀, acculés à des pratiques discutables, non par choix, mais par 𝗻é𝗰𝗲𝘀𝘀𝗶𝘁é 𝘃𝗶𝘁𝗮𝗹𝗲.

Pire encore, 𝟵𝟬 % 𝗱𝗲𝘀 𝗳𝗼𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝘀𝗮𝗻𝘁é censés offrir leurs services gratuitement à la population — car 𝗿é𝗺𝘂𝗻é𝗿é𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗹’𝗘́𝘁𝗮𝘁 — investissent l’essentiel de leur temps dans des 𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗶𝘃é𝗲𝘀 (𝗰𝗹𝗶𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀, 𝗵ô𝗽𝗶𝘁𝗮𝘂𝘅, 𝗰𝗮𝗯𝗶𝗻𝗲𝘁𝘀). Pendant ce temps, 𝗹𝗲𝘀 𝗵ô𝗽𝗶𝘁𝗮𝘂𝘅 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝘃𝗶𝗱𝗲𝘀, gérés par des jeunes non rémunérés.

Pourtant, le 𝗖𝗼𝗱𝗲 𝗱𝘂 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹 𝗴𝘂𝗶𝗻é𝗲𝗻 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗱𝗶𝘁 𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲𝗹𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 à un agent public d’exercer une activité concurrente à celle de l’État, notamment dans le même domaine. En dépit de cela, ces professionnels fonctionnaires obtiennent des 𝗮𝗴𝗿é𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗼𝗳𝗳𝗶𝗰𝗶𝗲𝗹𝘀 pour leurs structures privées — 𝘀𝗶𝗴𝗻é𝘀 𝗽𝗮𝗿 Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique censé réguler le secteur.

Voilà 𝗹𝗲 𝗰œ𝘂𝗿 𝗱𝘂 𝘀𝗰𝗮𝗻𝗱𝗮𝗹𝗲 : notre système de santé repose sur 𝘂𝗻 𝗺𝗲𝗻𝘀𝗼𝗻𝗴𝗲 𝗶𝗻𝘀𝘁𝗶𝘁𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗮𝗹𝗶𝘀é, un tissu d’injustices et de contradictions, au détriment du patient et du professionnel honnête.

Face à cette réalité, il est urgent que 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗲𝘀𝘂𝗿𝗲𝘀 𝗳𝗼𝗿𝘁𝗲𝘀 𝘀𝗼𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗿𝗶𝘀𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗠𝗮𝗺𝗮𝗱𝗶 𝗗𝗼𝘂𝗺𝗯𝗼𝘂𝘆𝗮, à travers son Gouvernement. Il ne s’agit pas seulement de réformes techniques, mais 𝗱’𝘂𝗻 𝗰𝗵𝗮𝗻𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲𝗹 𝗲𝘁 é𝘁𝗵𝗶𝗾𝘂𝗲, sans lequel 𝗹𝗲 𝗰𝗮𝗹𝘃𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗮𝘁𝗶𝗲𝗻𝘁𝘀 dans nos hôpitaux — qu’ils soient publics ou privés — continuera.

Le système de santé actuel est 𝗱é𝗳𝗮𝗶𝗹𝗹𝗮𝗻𝘁 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗮 𝗳𝗮𝘂𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗘́𝘁𝗮𝘁, incarné ici par le 𝗠𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁è𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗦𝗮𝗻𝘁é 𝗲𝘁 𝗰𝗲𝗹𝘂𝗶 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗙𝗼𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲, qui ferment les yeux sur les dérives et abandonnent des milliers de jeunes professionnels à une forme moderne 𝗱’𝗲𝘀𝗰𝗹𝗮𝘃𝗮𝗴𝗲 𝗶𝗻𝘀𝘁𝗶𝘁𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹.

Il est temps que cela cesse.

 

Moustapha Diaby – 𝑪𝒐𝒏𝒔𝒖𝒍𝒕𝒂𝒏𝒕 𝒆𝒏 𝒓é𝒇𝒐𝒓𝒎𝒆 𝒑𝒐𝒍𝒊𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒔𝒕𝒓𝒂𝒕é𝒈𝒊𝒆𝒔 𝒅𝒆 𝒅é𝒗𝒆𝒍𝒐𝒑𝒑𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒔𝒂𝒏𝒊𝒕𝒂𝒊𝒓𝒆𝑮𝒆𝒔𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒆𝒕 𝑴𝒂𝒏𝒂𝒈𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒆 𝒑𝒓𝒐𝒈𝒓𝒂𝒎𝒎𝒆 𝒆𝒕 𝒑𝒓𝒐𝒋𝒆𝒕𝒔 𝒅𝒆 𝑺𝒂𝒏𝒕é.

]]>
41472
Guinée : la CONAPROS tire la sonnette d’alarme sur les graves dysfonctionnements du système de santé https://planete7.info/guinee-la-conapros-tire-la-sonnette-dalarme-sur-les-graves-dysfonctionnements-du-systeme-de-sante/ Thu, 17 Apr 2025 17:43:55 +0000 https://planete7.info/?p=40582 Face à une crise silencieuse mais profonde, la Coalition Nationale des Professionnels de Santé (CONAPROS) a livré, ce jeudi, un premier aperçu d’une enquête de grande envergure qui met en lumière les failles majeures du système de santé guinéen. Lors d’une conférence de presse tenue à Conakry, le coordinateur national de la CONAPROS, Dr Kaba […]]]>

Face à une crise silencieuse mais profonde, la Coalition Nationale des Professionnels de Santé (CONAPROS) a livré, ce jeudi, un premier aperçu d’une enquête de grande envergure qui met en lumière les failles majeures du système de santé guinéen.

Lors d’une conférence de presse tenue à Conakry, le coordinateur national de la CONAPROS, Dr Kaba Abdoulaye, a présenté les premiers résultats d’une enquête menée entre novembre 2024 et mars 2025 auprès de 6 034 professionnels de santé répartis sur l’ensemble du territoire national. Une démarche rigoureuse qui, selon lui, a respecté l’intégralité de la pyramide sanitaire, du niveau central jusqu’aux structures déconcentrées. « L’échantillon a couvert toutes les catégories : médecins, pharmaciens, infirmiers, agents techniques de santé, biologistes, laborantins… Tous ont été consultés pour recueillir leur perception de la gouvernance actuelle du secteur », a précisé Dr Kaba.

Et les résultats sont sans équivoque. Un profond malaise traverse la profession.
Plus de 91 % des répondants estiment ne pas se reconnaître dans la gouvernance actuelle du système de santé. Une statistique alarmante qui traduit un désaveu massif de la part de ceux qui sont en première ligne au quotidien. « L’enquête révèle de graves manquements d’ordre politique et administratif. Le constat est clair : notre système de santé souffre d’un déficit de gouvernance structurant », a déploré le coordinateur de la coalition.

Parmi les données les plus préoccupantes figure la situation des structures hospitalières. 91 % des directeurs d’hôpitaux sont actuellement en intérim, un indicateur criant d’instabilité au sommet des établissements de soins.

Face à ces constats, la CONAPROS ne se contente pas d’observer. Elle interpelle, haut et fort, les autorités nationales, et en particulier le président de la République, à prendre des mesures urgentes. « Nous avons jugé nécessaire de faire cette interpellation directe. Il est temps d’écouter les professionnels, de comprendre leur vécu sur le terrain et de réformer en profondeur notre système de santé », a plaidé Dr Kaba.

Au-delà de ce premier partage avec les médias, la coalition prévoit de diffuser les résultats définitifs de l’enquête auprès des acteurs clés du secteur, dans l’espoir de susciter une prise de conscience et un sursaut national.

À l’heure où la santé publique est un enjeu de souveraineté et de dignité nationale, ce cri d’alerte de la CONAPROS résonne comme un appel à l’action immédiate. Le silence ne peut plus être une option.

 

Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info 

]]>
40582
Guinée : Mamadou Diouma Diallo meurt devant l’hôpital Ignace Deen faute de soins – un témoignage poignant de son frère https://planete7.info/guinee-mamadou-diouma-diallo-meurt-devant-lhopital-ignace-deen-faute-de-soins-un-temoignage-poignant-de-son-frere/ Sun, 17 Nov 2024 13:20:04 +0000 https://planete7.info/?p=34848 Un nouveau drame vient assombrir l’image des structures sanitaires guinéennes. Ce samedi, Mamadou Diouma Diallo, un jeune homme souffrant, a rendu l’âme devant l’hôpital Ignace Deen, à Conakry, faute de prise en charge médicale. Un incident qui suscite l’indignation et relance le débat sur les dysfonctionnements au sein des établissements de santé publique en Guinée. […]]]>

Un nouveau drame vient assombrir l’image des structures sanitaires guinéennes. Ce samedi, Mamadou Diouma Diallo, un jeune homme souffrant, a rendu l’âme devant l’hôpital Ignace Deen, à Conakry, faute de prise en charge médicale. Un incident qui suscite l’indignation et relance le débat sur les dysfonctionnements au sein des établissements de santé publique en Guinée.

Selon les témoignages recueillis auprès de sa famille, Mamadou Diouma s’était rendu lui-même à l’hôpital après avoir constaté la détérioration de son état de santé. Ousmane Diallo, son frère aîné, décrit avec émotion les circonstances tragiques de ce décès . « Mon jeune frère s’est présenté à l’hôpital Ignace Deen pour chercher des soins. Malheureusement, les médecins présents n’ont pas prêté attention à son cas. Il est resté là, sans prise en charge, jusqu’à ce qu’il rende l’âme devant ceux qui étaient censés lui sauver la vie. Ce qui est encore plus révoltant, c’est que ces médecins, au lieu de lui venir en aide, ont préféré appeler ses amis pour leur signaler qu’il était allongé dehors. C’est ainsi que nous avons appris son décès. »

Ousmane Diallo ne cache pas son indignation face à ce qu’il qualifie de comportement inhumain et irresponsable : « Il a été expulsé de la cour de l’hôpital comme un vulgaire malpropre. Si nous avions été informés plus tôt, peut-être que son sort aurait été différent. Mais les agissements des médecins ont sans doute accéléré sa mort. »

Profondément attristé et choqué, Ousmane lance un appel pressant aux autorités guinéennes pour qu’elles prennent des mesures fermes contre de tels comportements, qu’il estime déshonorants pour le corps médical et le pays tout entier. « Ces pratiques ternissent l’image de notre système de santé et de notre nation. Il est impératif que des sanctions exemplaires soient prises pour que de telles tragédies ne se reproduisent plus. »

Cet incident n’est malheureusement pas un cas isolé. En 2020, une femme avait accouché à même le sol dans l’enceinte de l’hôpital régional de Mamou, faute d’assistance. Ces drames récurrents illustrent les défis majeurs auxquels est confronté le système de santé en Guinée, notamment l’insuffisance des soins, le manque de professionnalisme et l’absence d’empathie de certains praticiens.

Alors que l’émotion ressentie par cette tragédie reste vive, beaucoup espèrent que les autorités réagiront rapidement pour restaurer la dignité et la confiance dans les services de santé publique.

 

Mohamed Diallo pour Planete7.info

]]>
34848