Secteur Minier – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Sat, 17 Oct 2026 14:31:30 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Secteur Minier – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Mines et environnement : Ismaël Diakité appelle à repenser la valorisation de la bauxite guinéenne https://planete7.info/mines-et-environnement-ismael-diakite-appelle-a-repenser-la-valorisation-de-la-bauxite-guineenne/ Sat, 17 Oct 2026 14:30:08 +0000 https://planete7.info/?p=66268 Première richesse minière du pays, la bauxite continue de soutenir l’économie guinéenne. Mais derrière les volumes de production et les exportations record se pose une question essentielle : comment transformer cette ressource en un véritable moteur de développement industriel ? Expert en planification minière, économie des affaires et politiques publiques, Ismaël Diakité plaide pour une […]]]>

Première richesse minière du pays, la bauxite continue de soutenir l’économie guinéenne. Mais derrière les volumes de production et les exportations record se pose une question essentielle : comment transformer cette ressource en un véritable moteur de développement industriel ? Expert en planification minière, économie des affaires et politiques publiques, Ismaël Diakité plaide pour une meilleure connaissance des réserves nationales, une diversification des produits dérivés et une transformation plus poussée du minerai.

La Guinée peut-elle continuer à miser sur l’extraction et l’exportation de la bauxite sans accélérer sa transformation industrielle ? C’est l’une des questions soulevées par Ismaël Diakité lors de la table ronde consacrée aux enjeux des mines et de l’environnement, organisée le vendredi 16 octobre 2026 à Conakry par l’Observatoire guinéen des conjonctures économiques (OGCE).

Devant les participants, l’expert a invité les acteurs du secteur minier à dépasser les indicateurs de production et d’exportation pour engager une réflexion de fond sur l’avenir de cette ressource stratégique. Pour lui, l’enjeu ne consiste pas uniquement à extraire davantage de minerai, mais à mieux anticiper les perspectives économiques et industrielles qu’offre la bauxite guinéenne.

« Aujourd’hui, la bauxite est le minerai phare de notre pays et constitue l’un des principaux piliers de notre économie », a-t-il rappelé, avant d’insister sur la nécessité d’inscrire les choix actuels dans une vision de long terme.

« Cela ne sert à rien de garder les yeux rivés sur le guidon. Il faut regarder loin, avoir une vision et se projeter dans l’avenir », a-t-il souligné. Une manière, selon lui, d’encourager la production d’idées susceptibles d’alimenter les politiques publiques et de mieux orienter les stratégies nationales dans le secteur minier.

Au-delà des performances affichées par l’industrie extractive, Ismaël Diakité a attiré l’attention sur la nécessité de réexaminer les données relatives au potentiel bauxitique de la Guinée.

Les chiffres évoqués pour la période 2025-2026 font état d’une production de 182 millions de tonnes de bauxite et de réserves estimées à plus de 7,4 milliards de tonnes. Des volumes considérables qui soulèvent toutefois des interrogations sur l’actualisation des données disponibles, leur fiabilité et l’évolution des caractéristiques du minerai après plusieurs décennies d’exploitation.

« Mais ces chiffres doivent-ils continuer à être considérés comme des références incontestables ? », s’est-il interrogé.

L’expert a notamment mis en lumière la question de la teneur en alumine de certains gisements, un paramètre déterminant pour l’exploitation industrielle de la bauxite. Il a ainsi invité les acteurs du secteur à s’interroger sur la qualité des ressources encore disponibles et sur les conséquences de son évolution pour l’avenir de la filière.

« Lorsque la teneur atteint 45 %, sachant que l’industrie actuelle peut exploiter des minerais présentant des teneurs allant jusqu’à 42 %, que reste-t-il réellement de nos réserves ? Que reste-t-il de ces 7,4 milliards de tonnes annoncées ? », a-t-il questionné.

À travers ces interrogations, Ismaël Diakité plaide pour une meilleure connaissance du patrimoine minier national. L’actualisation des données et l’évaluation de la qualité des ressources constituent, à ses yeux, des éléments essentiels pour anticiper les évolutions du secteur et orienter les décisions publiques sur des bases solides.

Mais c’est surtout sur la transformation locale de la bauxite que l’expert a insisté. Pour lui, la Guinée doit aller au-delà de l’exploitation du minerai brut et envisager une intégration plus poussée de la chaîne de valeur, de la bauxite à l’alumine, puis à l’aluminium.

Cette évolution représente un enjeu économique majeur. L’aluminium entre dans la fabrication de nombreux produits utilisés dans des secteurs aussi variés que l’industrie alimentaire, la construction, les travaux publics et l’aéronautique.

Pour la Guinée, l’ambition consiste donc à tirer davantage de valeur de sa ressource minière en développant progressivement des activités industrielles capables de diversifier les produits issus de la bauxite et de renforcer les retombées économiques nationales.

Ismaël Diakité a également attiré l’attention sur les possibilités offertes par les alumines de spécialité, utilisées notamment dans la fabrication d’abrasifs, d’isolants électriques et d’autres matériaux techniques à forte valeur ajoutée.

« Mon invitation est donc la suivante : oui, la bauxite est une richesse importante, mais nous devons également penser à d’autres produits, notamment les alumines de spécialité, qui permettent de fabriquer des matériaux à haute valeur ajoutée », a-t-il déclaré.

Cette diversification pourrait, selon l’orientation défendue par l’expert, contribuer à élargir les débouchés industriels de la filière et à inscrire la valorisation de la bauxite dans une dynamique dépassant la seule exportation de matières premières.

Pour concrétiser ces perspectives, Ismaël Diakité estime que les institutions de recherche ont un rôle déterminant à jouer. Il les invite à explorer les possibilités de transformation de la bauxite et à identifier de nouvelles applications industrielles susceptibles de renforcer la chaîne de valeur nationale.

« Il me semble essentiel que les institutions de recherche présentes ici commencent à explorer et à développer ces différentes possibilités, qui sont extrêmement importantes pour assurer une intégration verticale de la chaîne de valeur bauxite-aluminium », a-t-il insisté.

Cet appel met en avant l’importance de rapprocher la recherche des besoins de l’industrie afin de mieux identifier les opportunités de valorisation, d’encourager l’innovation et de contribuer à la diversification des produits issus des ressources minières guinéennes.

Au-delà des investissements dans l’extraction, la transformation industrielle suppose en effet une réflexion sur les choix technologiques, les débouchés commerciaux et les conditions nécessaires au développement de nouvelles activités.

À travers son intervention, Ismaël Diakité a posé les bases d’une réflexion qui dépasse les seuls volumes de production. Pour la Guinée, l’enjeu est désormais de mieux connaître ses ressources, d’anticiper l’évolution de leur qualité et d’explorer les possibilités d’une transformation industrielle plus ambitieuse.

La consolidation de la filière bauxitique ne saurait ainsi se limiter à la progression des exportations. Elle appelle également une stratégie de diversification, une mobilisation accrue des institutions de recherche et des politiques publiques capables d’accompagner la création de valeur ajoutée sur le territoire national.

Reste à traduire ces pistes en orientations concrètes. Car si la bauxite constitue déjà un pilier de l’économie guinéenne, sa contribution au développement à long terme dépendra aussi de la capacité du pays à transformer cette richesse minérale en opportunités industrielles durables, au bénéfice de l’économie nationale et des générations futures.

Salif Camara pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
66268
Mines et environnement : le Dr Ibrahima Diogo Diallo plaide pour une nouvelle valorisation de la bauxite guinéenne https://planete7.info/mines-et-environnement-le-dr-ibrahima-diogo-diallo-plaide-pour-une-nouvelle-valorisation-de-la-bauxite-guineenne/ Fri, 16 Oct 2026 22:04:23 +0000 https://planete7.info/?p=66225 Face aux limites du modèle fondé sur l’exportation de la bauxite brute et aux contraintes énergétiques du pays, le Dr Ibrahima Diogo Diallo préconise des solutions industrielles progressives. Lors d’une table ronde organisée le vendredi 16 octobre 2026 à Conakry, l’expert en géologie minière et technologies des matériaux a notamment présenté les alumines de spécialité […]]]>

Face aux limites du modèle fondé sur l’exportation de la bauxite brute et aux contraintes énergétiques du pays, le Dr Ibrahima Diogo Diallo préconise des solutions industrielles progressives. Lors d’une table ronde organisée le vendredi 16 octobre 2026 à Conakry, l’expert en géologie minière et technologies des matériaux a notamment présenté les alumines de spécialité comme une piste à explorer pour accroître la valeur ajoutée locale.

« Pourquoi continuer à exporter autant de quantités bauxitiques pendant que nous perdons en valeur ? » La question posée par le Dr Ibrahima Diogo Diallo résume le défi auquel la Guinée est confrontée : comment tirer davantage profit de ses ressources minières en développant une véritable industrie de transformation locale ?

C’est autour de cette problématique que l’expert a articulé son intervention lors de la table ronde organisée par l’Observatoire guinéen des conjonctures économiques (OGCE), consacrée aux enjeux des mines et de l’environnement. Son exposé, intitulé « Nouvelles voies de valorisation et perspectives industrielles », a mis en avant plusieurs solutions susceptibles de diversifier les produits issus de la bauxite guinéenne et de renforcer les retombées économiques de son exploitation.

Avec ses importantes réserves de bauxite, la Guinée occupe une place majeure dans l’industrie minière mondiale. Mais, pour le Dr Ibrahima Diogo Diallo, l’importance des ressources disponibles ne suffit pas à garantir des bénéfices économiques à la hauteur du potentiel national. L’enjeu consiste désormais à mieux valoriser cette richesse.

« Vous savez qu’en Guinée, depuis plus d’un demi-siècle maintenant, le sujet de la bauxite fait écho et on nous parle de 7,4 milliards de réserves qui feraient que la Guinée soit l’un des pays les plus riches en bauxite au monde », a-t-il rappelé.

Évoquant les performances du pays sur le marché international, notamment les 182,8 millions de tonnes d’exportations mentionnées dans son intervention, le spécialiste a appelé à repenser les mécanismes de valorisation de cette ressource.t5g5 vqsb. qqnhss

À ses yeux, la poursuite des exportations de bauxite à l’état brut pose la question des revenus que la Guinée pourrait générer en développant des produits transformés sur son territoire.

« Si vous continuez à vendre de la bauxite à 35 ou maximum 40 dollars la tonne, c’est une perte si vous pouvez en vendre à 1 000 dollars ou plus », a-t-il souligné.

À travers cette comparaison, l’expert met en évidence le potentiel économique des produits à forte valeur ajoutée. Il estime que la transformation locale mérite une place plus importante dans les stratégies industrielles du pays, à condition de privilégier des solutions adaptées aux réalités nationales.

Pour répondre à ce défi, le Dr Ibrahima Diogo Diallo a présenté plusieurs alternatives de transformation regroupées sous l’appellation d’« alumines de spécialité ». Cette approche vise à explorer des filières industrielles complémentaires à la production classique d’alumine métallurgique.

« On nous a demandé de réfléchir à une alternative, d’abord au niveau de la connaissance de la bauxite sous l’étendue nationale du sol guinéen, mais aussi au niveau de sa transformation », a-t-il expliqué.

Les travaux présentés ont permis d’identifier dix alternatives, réparties par l’expert en quatre grandes familles.

« Nous avons proposé des alternatives qu’on a appelées les alternatives modulaires ou, si vous voulez, les alumines de spécialité. On en a proposé dix, mais que moi personnellement, j’ai rangées en quatre grands groupes », a-t-il précisé.

Ces familles comprennent les alumines calcinées, les alumines tabulaires, les alumines hydratées et les alumines de très haute pureté, désignées par le sigle anglais HPA. Ces dernières peuvent atteindre une teneur en alumine de 99,99 %, selon les éléments présentés par le spécialiste.

Pour le Dr Ibrahima Diogo Diallo, ces différentes options ouvrent des perspectives de diversification des produits issus de la bauxite. Elles pourraient également contribuer à l’émergence de nouvelles activités industrielles, sous réserve d’évaluations techniques et économiques approfondies.

L’objectif est de dépasser une économie minière principalement tournée vers l’exportation de la matière première, en examinant les possibilités de transformation offrant davantage de valeur ajoutée au pays.

Si la transformation locale apparaît comme une perspective prometteuse, sa concrétisation reste confrontée à plusieurs obstacles, notamment les besoins énergétiques des grandes installations industrielles.

Le spécialiste estime que les capacités actuelles de la Guinée imposent de réfléchir à des solutions progressives plutôt que de miser exclusivement sur des infrastructures de très grande dimension.

« Déjà aujourd’hui, nous n’avons pas la capacité énergétique nécessaire pour construire en Guinée des raffineries, des méga-raffineries qui produisent l’alumine métallurgique », a-t-il affirmé.

Il a notamment évoqué des besoins pouvant atteindre 300 mégawatts pour une seule grande raffinerie, soulignant ainsi l’ampleur des investissements énergétiques nécessaires à ce type de projet.

Dans ce contexte, le développement d’unités modulaires figure parmi les pistes qu’il invite à examiner. L’approche consiste à rechercher des solutions compatibles avec les capacités techniques, énergétiques et financières du pays, tout en préparant une montée en puissance progressive de l’industrialisation.

« Donc, il faut trouver des alternatives, tenir compte de nos réalités et accepter d’évoluer, de ne pas sauter le pas, accepter d’aller pas à pas pour relever le défi de l’industrialisation qui est majeur », a-t-il insisté.

Pour l’expert, l’ambition industrielle doit ainsi s’accompagner d’une démarche réaliste, fondée sur l’évaluation des moyens disponibles et des contraintes à surmonter.

Au-delà des questions énergétiques et technologiques, le Dr Ibrahima Diogo Diallo a insisté sur une étape qu’il juge fondamentale : la caractérisation précise des ressources bauxitiques du pays.

Disposer d’importantes réserves ne suffit pas. Encore faut-il connaître les caractéristiques des minerais disponibles, déterminer leurs propriétés et identifier les procédés de transformation les mieux adaptés.

« Il faut connaître, maîtriser exactement la bauxite que nous avons en Guinée. Ne pas se dire que nous avons la bauxite, mais ne pas pouvoir s’expliquer sur la nature de la bauxite que nous avons », a-t-il averti.

Cette connaissance doit, selon lui, reposer sur la classification des minerais, la réalisation d’essais techniques et l’évaluation des coûts liés au transport, aux infrastructures et aux technologies nécessaires à leur transformation.

L’ensemble de ces paramètres doit être pris en compte avant tout engagement dans un projet industriel, afin d’en apprécier la faisabilité et les perspectives de rentabilité.

« C’est primordial d’abord à la base de classifier et puis de faire tous les essais possibles, d’évaluer les coûts sur le transport, sur les infrastructures, sur tout ce que vous voulez, sur les technologies, avant de conclure à travers une étude de faisabilité », a-t-il expliqué.

Le spécialiste a également souligné que les propositions présentées ne constituaient qu’une première étape. Il entend poursuivre les travaux afin d’évaluer concrètement les coûts et les conditions de réalisation des différentes options envisagées.

« Nous n’allons pas nous limiter à cette proposition qui est plutôt stratégique. Nous irons jusqu’à l’évaluation des coûts à travers des études de faisabilité très bien réfléchies et très bien ficelées », a-t-il assuré.

À travers cette intervention, le Dr Ibrahima Diogo Diallo invite à élargir la réflexion sur l’avenir du secteur minier guinéen. Au-delà des quantités extraites et exportées, la question centrale reste celle de la valeur économique que le pays peut tirer de ses ressources naturelles.

La diversification des produits, le développement de solutions modulaires et une meilleure connaissance des minerais constituent, selon les pistes exposées, des axes à approfondir pour renforcer la transformation locale.

La concrétisation de ces perspectives dépendra toutefois de plusieurs conditions : des études de faisabilité rigoureuses, des investissements adaptés, une disponibilité énergétique suffisante et une prise en compte effective des exigences environnementales.

Pour la Guinée, l’enjeu est de trouver un équilibre entre l’exploitation de ses ressources, les contraintes auxquelles elle fait face et ses ambitions industrielles.

Le message du Dr Ibrahima Diogo Diallo est sans équivoque : plutôt que de rechercher une industrialisation précipitée, le pays doit identifier des solutions réalistes, avancer par étapes et explorer les voies susceptibles de transformer davantage sa richesse minière en valeur ajoutée locale.

Salif Camara pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
66225
Mines et environnement : l’OGCE plaide pour une meilleure valorisation des ressources minières guinéennes https://planete7.info/mines-et-environnement-logce-plaide-pour-une-meilleure-valorisation-des-ressources-minieres-guineennes/ Fri, 16 Oct 2026 19:50:33 +0000 https://planete7.info/?p=66209 Réunis à Conakry autour des enjeux miniers et environnementaux, des experts, des responsables publics et des acteurs du secteur privé ont débattu des moyens de mieux valoriser les richesses du sous-sol guinéen. Au cœur des échanges : la transformation locale des minerais, la gouvernance du secteur et la nécessité de préparer l’économie nationale à l’après-mine. […]]]>

Réunis à Conakry autour des enjeux miniers et environnementaux, des experts, des responsables publics et des acteurs du secteur privé ont débattu des moyens de mieux valoriser les richesses du sous-sol guinéen. Au cœur des échanges : la transformation locale des minerais, la gouvernance du secteur et la nécessité de préparer l’économie nationale à l’après-mine.

Comment faire des ressources minières un véritable moteur de développement durable pour la Guinée ? C’est autour de cette question que l’Observatoire guinéen des conjonctures économiques (OGCE) a organisé, ce vendredi 16 octobre, une table ronde à Conakry. La rencontre a mobilisé des experts nationaux et internationaux, des membres du gouvernement ainsi que des représentants des secteurs minier et environnemental.

L’objectif était de confronter les analyses et les expériences afin d’identifier des pistes concrètes pour renforcer les retombées économiques de l’exploitation minière, tout en préservant les ressources naturelles. Les discussions ont notamment porté sur la transformation locale des minerais, les politiques publiques, la gouvernance minière, la protection de l’environnement et le développement des corridors économiques.

Parmi les panélistes figuraient Fadi Wazni, Amara Somparé, Fassou Théa, le Dr Ibrahima Diogo Diallo, Ismaël Diakité et Aboubacar Sidiki Koulibaly. Leurs interventions ont permis d’aborder les défis liés à la valorisation des ressources minières et les possibilités de renforcer leur contribution au développement économique du pays.

Pour Abdoulaye Guirassy, membre fondateur de l’OGCE, l’un des principaux défis consiste à dépasser le modèle fondé sur l’extraction des ressources pour accorder une place plus importante à leur transformation sur le territoire national. Une orientation qui suppose également d’anticiper les conséquences de l’épuisement progressif des ressources minières.

« Aujourd’hui, on s’est réunis pour discuter de comment transformer nos mines et augmenter la valeur ajoutée de nos mines pour notre économie nationale. Les mines sont des ressources épuisables. Donc, il est important de réfléchir à des alternatives de l’après-mine », a-t-il déclaré.

Au-delà de l’exploitation minière, cette réflexion renvoie à la capacité de la Guinée à diversifier son économie et à construire des activités susceptibles de soutenir sa croissance sur le long terme.

Dans cette perspective, Abdoulaye Guirassy a également mis en avant le programme Simandou 2040, présenté comme une opportunité de transformation économique. Il a réaffirmé la volonté de l’OGCE de mettre son expertise au service des pouvoirs publics et du secteur privé, notamment pour contribuer à l’élaboration de politiques publiques adaptées aux ambitions de développement du pays.

Si la valorisation des ressources minières constitue un enjeu économique majeur, elle ne saurait, selon les participants, se faire au détriment de l’environnement. La prise en compte des impératifs écologiques dans les politiques de développement a ainsi occupé une place importante dans les échanges.

Présent à la rencontre, Fassou Théa, ministre de l’Environnement et du Développement durable, a souligné l’importance de ce cadre de concertation pour sensibiliser les acteurs et favoriser l’intégration des principes de durabilité dans les projets économiques.

« Ce genre de table ronde contribue non seulement à informer, mais également à amener le public, les décideurs, les opérateurs et le secteur privé à se munir d’outils favorables pour intégrer les actions de développement dans la durabilité », a-t-il indiqué.

Le ministre a également précisé que son département ne se limite pas à exercer une fonction de contrôle. Il intervient aussi dans l’accompagnement des acteurs et la supervision de leurs activités, dans le respect des exigences environnementales.

« L’environnement n’est pas un frein. L’environnement conseille, accompagne, supervise, mais contrôle également le comportement des usagers des ressources naturelles », a-t-il rappelé.

Un positionnement qui souligne la nécessité de concilier les ambitions économiques de la Guinée avec la préservation de son patrimoine naturel, dans un contexte où l’exploitation des ressources minières occupe une place importante dans les perspectives de développement national.

Les discussions ont également porté sur les infrastructures et les mécanismes susceptibles de favoriser les investissements et de renforcer les retombées économiques des projets miniers. À ce titre, Aboubacar Sidiki Koulibaly, directeur général de Rio Tinto en Guinée, est intervenu sur les corridors économiques et les zones économiques spéciales, en évoquant des expériences internationales susceptibles d’inspirer la Guinée.

À l’issue des échanges, il a salué la qualité des débats et la diversité des profils réunis autour de la table.

« Je suis très satisfait des débats. Nous sommes un groupe d’experts avec des parcours variés. Les questions étaient très intéressantes, surtout les questions environnementales et comment les mines peuvent être un levier essentiel au développement socio-économique de notre pays », a-t-il souligné.

Ces échanges mettent en lumière plusieurs défis auxquels la Guinée reste confrontée : accroître la valeur ajoutée issue de ses ressources naturelles, renforcer la gouvernance du secteur minier et développer des activités économiques capables de prendre le relais lorsque les gisements arriveront à épuisement.

À travers cette table ronde, l’OGCE entend ainsi contribuer à la réflexion sur les orientations économiques du pays. L’enjeu ne se limite plus à l’exploitation des richesses du sous-sol, mais réside aussi dans la capacité à les transformer en opportunités durables pour l’économie nationale, tout en veillant à la préservation de l’environnement.

Salif Camara pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
66209
Ghana : les compagnies minières sous pression face au durcissement des contrôles https://planete7.info/ghana-les-compagnies-minieres-sous-pression-face-au-durcissement-des-controles/ Mon, 12 Oct 2026 18:13:32 +0000 https://planete7.info/?p=66006 Premier producteur d’or en Afrique, le Ghana renforce la surveillance de son secteur aurifère. Des entreprises chinoises et sud-africaines font désormais l’objet d’une attention accrue des autorités, qui entendent mieux encadrer les activités minières, prévenir les incidents environnementaux et augmenter les revenus tirés de l’exploitation de cette ressource stratégique. Le secteur aurifère ghanéen entre dans […]]]>

Premier producteur d’or en Afrique, le Ghana renforce la surveillance de son secteur aurifère. Des entreprises chinoises et sud-africaines font désormais l’objet d’une attention accrue des autorités, qui entendent mieux encadrer les activités minières, prévenir les incidents environnementaux et augmenter les revenus tirés de l’exploitation de cette ressource stratégique.

Le secteur aurifère ghanéen entre dans une nouvelle phase de surveillance. À Accra, les autorités multiplient les inspections et durcissent les exigences réglementaires à l’égard des compagnies minières, dans un contexte marqué par des préoccupations environnementales et la volonté de mieux contrôler l’exploitation des ressources nationales.

Parmi les entreprises concernées figure Cardinal Namdini, une filiale du groupe chinois Shandong Gold. La société est mise en cause après un déversement de résidus miniers et des retards présumés dans le signalement de l’incident. Selon l’Autorité ghanéenne de protection de l’environnement, une fuite aurait été provoquée par un mauvais raccordement d’une canalisation. À la suite de cet incident, l’entreprise a reçu un préavis de fermeture.

Une autre compagnie chinoise, Earl International, est également dans le viseur des autorités. Son exploitation a été suspendue la semaine dernière en raison de soupçons liés à des activités d’extraction illégale. L’entreprise affirme avoir corrigé les problèmes signalés et obtenu, lundi, l’autorisation de reprendre ses activités.

La campagne de contrôle engagée par les autorités ghanéennes ne se limite pas aux opérateurs chinois. Les activités de Gold Fields, groupe minier sud-africain exploitant notamment la mine de Tarkwa, font également l’objet d’un examen. Le rapport d’inspection de cette exploitation est en cours d’analyse, mais aucune conclusion officielle n’a encore été rendue publique.

Au-delà de ces différents dossiers, le gouvernement ghanéen entend modifier en profondeur les mécanismes de surveillance du secteur minier. L’objectif est de passer d’inspections ponctuelles à un dispositif de contrôle continu, afin de mieux détecter les irrégularités et de renforcer le respect des normes environnementales et réglementaires.

Cette offensive réglementaire s’accompagne d’une volonté de renforcer les retombées économiques de l’exploitation aurifère. Les autorités prévoient notamment d’augmenter les redevances minières et préparent une nouvelle législation destinée à consolider le contrôle de l’État sur les ressources en or.

À travers ces réformes, Accra cherche à accroître les recettes publiques générées par l’industrie aurifère, tout en favorisant une participation plus importante des acteurs nationaux à cette activité stratégique.

Pour le Ghana, l’enjeu dépasse ainsi la seule question du respect des règles environnementales. Il s’agit également de mieux maîtriser l’exploitation de ses richesses naturelles et de faire en sorte que les revenus issus de l’or contribuent davantage au développement de l’économie nationale.

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
66006
CBG : entre héritage, expertise et transformation locale, Karifa Condé mise sur un modèle durable https://planete7.info/cbg-entre-heritage-expertise-et-transformation-locale-karifa-conde-mise-sur-un-modele-durable/ Wed, 07 Oct 2026 11:42:07 +0000 https://planete7.info/?p=65622 Active depuis 1963, la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) entend capitaliser sur plus de six décennies d’expérience pour consolider ses activités et accélérer sa transition vers la transformation locale de la bauxite. Pour son directeur général, Karifa Condé, la longévité de la compagnie repose sur un partenariat historique avec HALCO, une expertise désormais largement […]]]>

Active depuis 1963, la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) entend capitaliser sur plus de six décennies d’expérience pour consolider ses activités et accélérer sa transition vers la transformation locale de la bauxite. Pour son directeur général, Karifa Condé, la longévité de la compagnie repose sur un partenariat historique avec HALCO, une expertise désormais largement guinéenne et un ancrage ancien dans les communautés de sa zone d’intervention.

Plus de 60 ans après sa création, la CBG reste l’un des acteurs historiques de l’industrie minière guinéenne. Une longévité que Karifa Condé attribue d’abord à la stabilité du partenariat conclu entre l’État guinéen et HALCO.

« Quand on est arrivé aux commandes, on a fait un diagnostic stratégique de la société. On s’est rendu compte que l’un des facteurs clés de succès qui garantit cette longévité, c’est la qualité du partenariat. La Guinée et son partenaire HALCO ont signé un accord depuis 1963. De 1963 à date, cet accord n’a été amendé que deux fois », explique-t-il.

À cette stabilité contractuelle s’ajoute, selon le dirigeant, une expertise progressivement acquise par les travailleurs guinéens au fil des décennies. « C’est aussi l’expertise que nous avons. Les Guinéens ont développé une forte expertise en matière de l’industrie de la bauxite depuis 1963 », souligne Karifa Condé.

L’histoire de la CBG se confond également avec celle de plusieurs localités de la région de Boké. Kamsar, Sangarédi, Kolaboungni et Boké ont connu d’importantes évolutions depuis l’implantation de la compagnie.

Karifa Condé rappelle qu’au-delà de l’exploitation minière, la CBG a longtemps assumé des fonctions traditionnellement associées aux services publics dans sa zone d’opération.

« La CBG est la plus vieille entreprise minière encore en activité. Et pour qui connaît l’histoire de la CBG, elle a joué fortement le rôle de l’État dans sa zone d’opération pendant longtemps. La CBG a fourni l’électricité, l’eau aux communautés, gratuitement, autant à Kamsar qu’à Sangarédi, qu’à Kolaboungni, qu’à Boké », rappelle-t-il.

Le directeur général évoque notamment la transformation de Kamsar et de Sangarédi depuis l’arrivée de la compagnie. « Quand CBG s’installait en 1963, Kamsar n’était pas une ville. Sangarédi était un gros hameau et aujourd’hui, à leur place, ce sont des grandes villes qui sont nées », affirme-t-il.

Cet héritage territorial s’accompagne aujourd’hui d’engagements revendiqués par la compagnie en matière de développement communautaire, d’environnement, de santé, de sécurité et de gouvernance.

Selon Karifa Condé, certaines de ces pratiques ont été engagées avant même l’existence d’obligations réglementaires spécifiques. « Si vous prenez le développement communautaire, avant la CBG, sans aucune loi, sans aucune obligation, participait au développement de ces communautés. Nous avons souscrit volontairement à certaines normes », affirme-t-il.

Le dirigeant cite notamment la triple certification ISO de la compagnie dans les domaines de la qualité, de la santé, de la sécurité et de l’environnement, ainsi que son adhésion à l’Aluminium Stewardship Initiative (ASI).

Après plusieurs décennies consacrées à l’exploitation de la bauxite, la CBG veut désormais franchir une nouvelle étape : accroître la valeur ajoutée produite en Guinée.

Le projet de transformation de la bauxite en alumine constitue ainsi l’un des principaux axes de développement mis en avant par la direction de la compagnie. Karifa Condé voit dans l’orientation du gouvernement en faveur de la transformation locale une opportunité stratégique.

« Pour moi, la meilleure opportunité que la CBG a saisie, c’est ce temps qui est donné par le gouvernement pour la transformation locale. La meilleure opportunité aujourd’hui, c’est vraiment la transformation locale en alumine et pourquoi pas un jour transformer l’alumine aussi en aluminium », explique-t-il.

La compagnie affirme avoir avancé sur les études préparatoires de son projet de raffinerie. « Nous sommes en train de finaliser les études FL2, FL3 qu’on combine, parce qu’on a pris des engagements avec le gouvernement pour pouvoir commencer la construction de notre raffinerie au plus tard en 2027 », annonce le directeur général.

Au-delà de ses projets industriels, Karifa Condé présente également l’histoire de la CBG comme un argument susceptible de rassurer les investisseurs intéressés par la Guinée.

Il met en avant la continuité de l’entreprise malgré les différentes alternances politiques intervenues dans le pays depuis 1963.

« Sincèrement, si j’ai eu l’opportunité, je dirais à l’investisseur de regarder la CBG. La CBG est là depuis 1963. Imaginez de 1963 à aujourd’hui, on a eu combien de changements de régime ? Les présidents se sont succédé, la compagnie est restée, la convention est restée. Elle n’a pas été remise en cause », soutient-il.

Cette stabilité s’accompagne, selon le dirigeant, d’une forte présence de compétences nationales au sein de l’entreprise. « Si vous prenez la CBG, nous sommes à 99,99 % guinéens à faire tourner la société. Au comité de direction, nous n’avons qu’un seul expatrié dont le poste va être guinéisé au plus tard en décembre », affirme-t-il.

De la stabilité de son partenariat historique à la montée en puissance de l’expertise guinéenne, en passant par son implantation dans les communautés et son projet de raffinerie, la CBG entend ainsi s’appuyer sur son héritage pour préparer une nouvelle étape de son développement.

Pour Karifa Condé, l’enjeu est désormais de transformer cette expérience accumulée depuis 1963 en un levier pour davantage de valeur ajoutée locale et pour une nouvelle phase de l’industrie minière guinéenne.

Sylla Ama pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
65622
Mariama Daff : « Une femme bien formée prouve naturellement qu’elle a sa place dans la mine » https://planete7.info/mariama-daff-une-femme-bien-formee-prouve-naturellement-quelle-a-sa-place-dans-la-mine/ Sat, 12 Sep 2026 03:05:12 +0000 https://planete7.info/?p=63632 À travers l’ONG Force des Femmes et le PROFEF, l’entrepreneure Mariama Daff veut faire de la formation technique un levier d’insertion professionnelle et d’autonomisation des femmes guinéennes. Invitée de l’émission « Face à Pathé » de Planète7, elle revient sur son engagement et les ambitions de son programme dans le cadre de Simandou 2040. Longtemps […]]]>

À travers l’ONG Force des Femmes et le PROFEF, l’entrepreneure Mariama Daff veut faire de la formation technique un levier d’insertion professionnelle et d’autonomisation des femmes guinéennes. Invitée de l’émission « Face à Pathé » de Planète7, elle revient sur son engagement et les ambitions de son programme dans le cadre de Simandou 2040.

Longtemps perçus comme des bastions masculins, les secteurs minier et industriel guinéens pourraient-ils progressivement changer de visage ? Pour Mariama Daff, entrepreneure, présidente de l’ONG Force des Femmes et initiatrice du Programme de formation et d’employabilité des femmes (PROFEF), la réponse passe avant tout par la compétence.

Sur le plateau de « Face à Pathé », l’invitée de Planète7 a défendu une conviction : une femme formée, compétente et capable de démontrer ses résultats dispose des moyens nécessaires pour s’imposer dans des secteurs où sa présence reste encore limitée.

Depuis sa création en 2020, l’ONG Force des Femmes œuvre à l’accompagnement et à l’autonomisation des femmes à travers la formation, l’insertion professionnelle et la création d’opportunités. Selon sa présidente, environ 600 femmes ont déjà bénéficié des actions de l’organisation, dans différents métiers des secteurs formel et informel.

L’année 2025 marque une nouvelle étape dans cette démarche, avec le lancement du Programme de formation et d’employabilité des femmes, développé dans le cadre de Simandou 2040. L’initiative vise à préparer davantage de femmes aux exigences des métiers techniques et industriels.

« Depuis sa création à aujourd’hui, on a pu impacter 600 femmes dans les métiers du secteur formel et informel. Nous leur offrons aussi des opportunités de stage et d’emploi à travers des partenaires qui nous accompagnent. Et en 2025, on a initié le programme de formation et d’employabilité des femmes au compte de Simandou. C’est un programme qui vise à former 2 500 femmes dans les métiers techniques et industriels. On l’a déjà lancé », explique Mariama Daff.

Au-delà des chiffres, la présidente de Force des Femmes insiste sur les changements que ces formations peuvent produire dans la vie des bénéficiaires. Pour elle, l’autonomisation ne se résume pas à l’acquisition d’un certificat ou à la participation à une session de formation. Elle prend tout son sens lorsque la femme formée devient capable de gagner sa vie et de contribuer aux besoins de sa famille.

« Ce qui me marque le plus, c’est de voir des femmes arriver au sein de cette ONG sans qualification, sans confiance en elles, puis apprendre un métier et gagner leur vie. Parce que quand on parle de l’autonomisation de la femme, il faudrait vraiment qu’elle arrive à subvenir à ses besoins, mais aussi à accompagner sa famille à travers son travail. Donc pour moi, c’est ça, la vraie réussite », témoigne-t-elle.

L’accès des femmes aux métiers techniques et industriels demeure l’un des principaux défis auxquels s’attaque l’organisation. Dans un secteur minier encore largement associé à la main-d’œuvre masculine, Mariama Daff entend dépasser les préjugés par des résultats concrets.

Pour l’entrepreneure, la meilleure manière de convaincre repose sur la formation et la capacité à exercer efficacement son métier.

« Moi, je dirais, en fait, par sa compétence et le résultat. Aujourd’hui, une femme bien formée prouve naturellement qu’elle occupe aussi une place dans ce secteur qui est plutôt réservé aux hommes », soutient-elle.

L’initiatrice du PROFEF évoque notamment les premières expériences de femmes formées dans le cadre de son projet. Leur présence sur le terrain, notamment dans la conduite d’engins lourds, constitue à ses yeux une illustration de la place que les femmes peuvent occuper dans les activités minières et industrielles.

« Quand on a initié ce projet, voir ces braves femmes sur le terrain en train de conduire des engins lourds, des chargeuses, je me dis que c’est la compétence. Quand on est bien formé, qu’on sait ce qu’on fait et qu’on aime ce qu’on fait, on arrive toujours à atteindre nos objectifs et à occuper la place qu’il faut dans la société », affirme Mariama Daff.

À travers le PROFEF, Force des Femmes ambitionne de permettre à un plus grand nombre de Guinéennes d’accéder aux compétences recherchées dans les secteurs techniques et industriels. L’objectif annoncé de former 2 500 femmes s’inscrit dans une volonté de mieux préparer cette main-d’œuvre féminine aux opportunités liées aux grands projets de développement.

Pour Mariama Daff, l’enjeu dépasse la seule question de l’emploi. Il s’agit également de renforcer la confiance des femmes, de favoriser leur indépendance économique et de leur permettre de participer pleinement à la transformation de la Guinée.

Dans cette perspective, la formation apparaît comme un outil essentiel pour faire évoluer les mentalités et ouvrir davantage les portes des métiers miniers aux femmes.

Le message porté par la présidente de Force des Femmes se veut clair : l’avenir des femmes dans les secteurs industriels ne doit pas être défini par les préjugés, mais par leurs compétences, leur engagement et les résultats qu’elles sont capables de produire.

Sylla Ama pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
63632
Djiba Diakité : « Les revenus de Simandou, c’est de l’argent que la Guinée n’a pas besoin pour vivre » https://planete7.info/djiba-diakite-les-revenus-de-simandou-cest-de-largent-que-la-guinee-na-pas-besoin-pour-vivre/ Mon, 07 Sep 2026 22:28:50 +0000 https://planete7.info/?p=63361 À l’heure où la Guinée se prépare à récolter les premières grandes retombées du projet Simandou, la question de la gestion de ces revenus se pose déjà avec acuité. Pour Djiba Diakité, Ministre Directeur de Cabinet de la Présidence et Président du Comité stratégique de Simandou, cette manne financière ne doit surtout pas être assimilée […]]]>

À l’heure où la Guinée se prépare à récolter les premières grandes retombées du projet Simandou, la question de la gestion de ces revenus se pose déjà avec acuité. Pour Djiba Diakité, Ministre Directeur de Cabinet de la Présidence et Président du Comité stratégique de Simandou, cette manne financière ne doit surtout pas être assimilée à une simple source de financement des dépenses courantes de l’État.

Le responsable appelle plutôt à une gestion prudente et stratégique de ces ressources, avec notamment la mise en place d’un fonds souverain destiné à constituer un patrimoine durable pour la Guinée et les générations futures.

« Les revenus de Simandou pour nous, c’est de l’argent que la Guinée n’a pas besoin pour vivre. Nous avons vécu déjà plus de 60 ans sans Simandou », a déclaré Djiba Diakité, soulignant que l’enjeu dépasse largement la seule exploitation du minerai de fer.

Selon lui, la vision portée par le Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, place la souveraineté économique au cœur de la stratégie de développement du pays. Dans cette perspective, les revenus générés par Simandou devraient être utilisés de manière à produire des effets durables, plutôt que d’être immédiatement absorbés par les dépenses publiques.

« Si Simandou arrive, l’objectif, ce n’est pas juste de prendre l’argent dépensé. Comment l’utiliser stratégiquement ? D’où le fonds souverain ? Mettre une bonne partie de cet argent pour assurer un fonds intergénérationnel », a-t-il expliqué.

Pour illustrer la nécessité d’une telle approche, Djiba Diakité compare l’État guinéen à un père de famille disposant de revenus importants, mais qui finit chaque année sans aucune épargne.

« L’État guinéen, c’est un père de famille qui est très, très bien, mais en réalité, à la fin de chaque année, c’est un père de famille qui a dépensé tout ce que le pot de douane a mobilisé », a-t-il expliqué.

Cette situation, selon lui, montre la nécessité de changer de modèle dans la gestion des ressources publiques. L’objectif serait de consacrer une partie des revenus exceptionnels issus de Simandou à un mécanisme d’épargne capable de s’accumuler au fil des années.

« Comment faire en sorte qu’avec ce fonds souverain, on puisse cumuler des revenus pour les générations futures ? Nous, d’abord, mais aussi pour les générations », a-t-il poursuivi.

L’idée défendue est donc de transformer une partie des revenus de Simandou en un patrimoine financier de long terme, dont les bénéfices pourraient continuer à profiter à la Guinée bien après l’exploitation des ressources minières.

Pour Djiba Diakité, l’enjeu ultime est de faire en sorte que les générations futures puissent encore bénéficier de la richesse créée aujourd’hui par le projet Simandou.

« Pour que demain, quand nos enfants viendront, ils viennent regarder dans la caisse de l’État, un pot de douane continuera toujours à mobiliser, mais on verra aussi qu’il y a un fonds qui n’est pas dépensé et qu’on vit des intérêts de ce fonds », a-t-il indiqué.

À travers cette vision, le projet Simandou est ainsi présenté non seulement comme un vaste programme minier, mais aussi comme une opportunité de bâtir un patrimoine financier durable. Pour ses responsables, le véritable défi sera donc de transformer les revenus tirés de cette ressource exceptionnelle en un levier de souveraineté économique, d’épargne et de prospérité pour plusieurs générations de Guinéens.

Sylla Ama pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
63361
Minéraux critiques : les quatre pièges que la Guinée doit éviter pour transformer son potentiel en richesse https://planete7.info/mineraux-critiques-les-quatre-pieges-que-la-guinee-doit-eviter-pour-transformer-son-potentiel-en-richesse/ Thu, 03 Sep 2026 20:17:14 +0000 https://planete7.info/?p=63157 La Guinée dispose d’un potentiel considérable en minéraux critiques, mais encore faut-il savoir le convertir en projets, en investissements et en retombées économiques durables. Invité de l’émission « Face à Pathé », l’ingénieur des Mines Ismaël Diakité a identifié plusieurs erreurs que le pays devra impérativement éviter pour réussir le pari de la valorisation de […]]]>

La Guinée dispose d’un potentiel considérable en minéraux critiques, mais encore faut-il savoir le convertir en projets, en investissements et en retombées économiques durables. Invité de l’émission « Face à Pathé », l’ingénieur des Mines Ismaël Diakité a identifié plusieurs erreurs que le pays devra impérativement éviter pour réussir le pari de la valorisation de son sous-sol.

Le potentiel minier de la Guinée est indéniable. Mais, pour Ismaël Diakité, il ne constitue en aucun cas une garantie de succès. Alors que le pays cherche à diversifier son économie et à mieux tirer profit de ses ressources naturelles, l’ingénieur des Mines appelle à davantage de pragmatisme et de préparation dans la stratégie nationale autour des minéraux critiques.

Au cours de son intervention dans l’émission « Face à Pathé », il a notamment mis en garde contre quatre écueils majeurs : le repli sur soi, l’instabilité du cadre d’investissement, le manque de préparation des projets structurants et l’insuffisance des données sur le potentiel géologique national.

Pour Ismaël Diakité, la première erreur serait de considérer que l’abondance des ressources minières guinéennes constitue, à elle seule, un argument suffisant pour attirer les capitaux et les compétences internationales.

« C’est de se recroqueviller sur elle-même, en disant : “j’ai un grand potentiel, donc tout le monde viendra me chercher”. Non. Le potentiel ne suffit pas », a-t-il prévenu.

Selon lui, la Guinée doit au contraire renforcer son ouverture et profiter des opportunités offertes par les grands programmes en cours ou annoncés. Il cite notamment Simandou 2040, présenté comme un important portefeuille de projets nécessitant des investissements considérables et susceptible de produire des effets structurants sur l’économie nationale.

« Il faut que la Guinée s’ouvre de plus en plus, et on a de bonnes raisons de s’ouvrir. On a Simandou 2040 qui vient avec un portefeuille de projets, des projets lourds en financement et en impact potentiel. Donc, première chose, c’est s’ouvrir, ne pas se refermer », a-t-il insisté.

Cette ouverture, estime l’ingénieur, ne pourra cependant produire les résultats escomptés sans un environnement favorable aux investisseurs.

La Guinée doit, selon lui, renforcer la sécurité juridique, réglementaire et institutionnelle de son secteur minier afin de rassurer les partenaires susceptibles d’accompagner le développement de nouveaux projets.

« Deuxième chose, se doter d’un cadre législatif, réglementaire, institutionnel le plus sécurisant que possible pour les investissements étrangers. C’est fondamental », a souligné Ismaël Diakité.

Un impératif d’autant plus important que les ressources financières disponibles au niveau national ne pourront pas, à elles seules, couvrir l’ensemble des besoins liés au développement des infrastructures et des chaînes de valeur.

« Nos ressources internes ne suffisent pas, mais elles sont les ressources qui vont catalyser notre action. On a besoin de ressources externes, aussi bien pour mobiliser des capitaux que pour bénéficier de l’expertise et des expériences internationales », a-t-il expliqué.

Au-delà de l’attractivité du pays, l’enjeu est également celui de la capacité à transformer les ambitions en projets effectivement réalisables.

Ismaël Diakité estime que la Guinée doit rapidement faire émerger des projets structurants dans le domaine des minéraux critiques, tout en anticipant les exigences liées à leur financement, aux autorisations administratives et au respect des normes en vigueur.

« Dans les 2 à 3 ans, on doit pouvoir au moins avoir un ou deux projets structurants », a-t-il estimé.

Pour y parvenir, le pays devra notamment mieux préparer ses dossiers, sécuriser les financements nécessaires et s’assurer que les projets répondent aux exigences réglementaires et institutionnelles avant leur mise en œuvre.

Autre faiblesse pointée par l’ingénieur : la connaissance encore insuffisante du potentiel géologique national.

À moyen terme, la Guinée devra investir davantage dans la cartographie, la collecte et l’analyse des données géologiques afin d’identifier avec précision les zones susceptibles d’abriter des minéraux critiques.

Ismaël Diakité cite notamment plusieurs préfectures du sud-est et de la Haute-Guinée qui pourraient présenter un potentiel intéressant en nickel.

« Toute la zone Kissidougou, Faranah, Guéckédou, jusqu’à Macenta, qui a un gros potentiel en matière de nickel, et en remontant un peu vers Kérouané », a-t-il précisé.

L’objectif, selon lui, est de disposer progressivement d’une connaissance suffisamment précise du sous-sol pour permettre aux investisseurs et aux autorités de prendre des décisions sur la base de données fiables.

Dans cette perspective, il préconise de consacrer des efforts importants à l’exploration, avec l’ambition de couvrir au moins 20 % du territoire guinéen en matière de connaissance du potentiel lié aux minéraux critiques.

Pour Ismaël Diakité, le véritable défi de la Guinée n’est donc plus seulement de démontrer qu’elle possède des ressources. Il s’agit désormais de savoir comment les transformer en investissements, en emplois, en infrastructures, en compétences et en valeur ajoutée locale.

L’exploitation des minéraux critiques ne pourra ainsi se limiter à l’extraction et à l’exportation des matières premières. Elle devra s’inscrire dans une stratégie de long terme, articulée autour d’un environnement d’investissement sécurisé, d’une meilleure connaissance géologique du pays et d’une préparation rigoureuse des projets.

À l’horizon 2040, l’ambition sera surtout de faire en sorte que le potentiel minier guinéen ne demeure pas une simple promesse géologique, mais devienne un véritable levier de transformation économique et de souveraineté nationale.

 

Sylla Ama pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852
Planete7guinee@gmail.com

]]>
63157
CBG : Karifa Condé exhorte les travailleurs à faire de la responsabilité individuelle un engagement national https://planete7.info/cbg-karifa-conde-exhorte-les-travailleurs-a-faire-de-la-responsabilite-individuelle-un-engagement-national/ Wed, 02 Sep 2026 12:10:24 +0000 https://planete7.info/?p=63087 À Conakry, Kamsar et Sangarédi, les Assemblées Générales des employés de la Compagnie des Bauxites de Guinée ont été l’occasion pour la Direction générale de faire le point sur la marche de l’entreprise et de rappeler les exigences liées à la responsabilité, à l’engagement et à la gouvernance collective. La responsabilité de chacun dans la […]]]>

À Conakry, Kamsar et Sangarédi, les Assemblées Générales des employés de la Compagnie des Bauxites de Guinée ont été l’occasion pour la Direction générale de faire le point sur la marche de l’entreprise et de rappeler les exigences liées à la responsabilité, à l’engagement et à la gouvernance collective.

La responsabilité de chacun dans la construction de la performance collective. C’est l’un des principaux messages portés par le Directeur général de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), Karifa Condé, lors des Assemblées Générales des employés organisées successivement à Conakry, Kamsar et Sangarédi.

Après les étapes de Conakry et de Kamsar, la série de rencontres s’est achevée à Sangarédi, présentée comme la « mine mère nourricière de la CBG ». Une dernière étape qui a permis à la Direction générale de dresser, avec les travailleurs, un état des lieux de l’entreprise, de revenir sur les résultats enregistrés à mi-parcours et d’évoquer les défis ainsi que les priorités pour la suite de l’année.

Mais au-delà des chiffres et des performances, Karifa Condé a choisi de mettre l’accent sur une dimension qu’il considère comme essentielle : la responsabilité individuelle de chaque collaborateur dans la marche de l’entreprise et, plus largement, dans le développement de la Guinée.

« Nous n’avons pas seulement une responsabilité personnelle. Nous avons une responsabilité nationale », a déclaré le Directeur général.

Pour Karifa Condé, chaque comportement posé dans le cadre professionnel peut avoir des répercussions qui dépassent les murs de l’entreprise. Il invite ainsi les travailleurs à mesurer la portée de leurs décisions et de leurs actes au quotidien.

« Chacun de nous, dans chaque acte que tu poses, dis-toi que s’il n’est pas bon, tu as touché le pays. S’il est bon, tu as aidé le pays », a-t-il martelé.

Un message qui traduit, selon la Direction générale, la nécessité de faire de la responsabilité professionnelle un véritable levier de performance et de contribution à l’intérêt national.

L’autre axe fort de l’intervention du Directeur général concerne la gouvernance de la compagnie. Karifa Condé a défendu une approche reposant sur le dialogue, la participation et l’implication des travailleurs dans la vie de l’entreprise.

« Moi, j’ai un principe, on gouverne ensemble. On décide individuellement, la décision se prend au niveau du chef, mais la gouvernance, elle est collective », a-t-il expliqué.

À travers cette vision, la Direction générale entend renforcer la culture de la responsabilité partagée et favoriser une meilleure implication du personnel dans l’atteinte des objectifs de la CBG.

Les Assemblées Générales auront ainsi servi de cadre non seulement à la présentation des résultats et des perspectives de l’entreprise, mais également à l’écoute des préoccupations des travailleurs et au renforcement du dialogue entre la Direction et le personnel.

De Conakry à Kamsar, jusqu’à Sangarédi, ces rencontres auront finalement porté un même message : la performance de la CBG ne repose pas uniquement sur les décisions de sa Direction, mais également sur la discipline, l’engagement et le sens des responsabilités de chacun de ses collaborateurs.

Pour Karifa Condé, travailler pour la CBG revient donc aussi à assumer une part de responsabilité dans une dynamique plus large : celle de la contribution au développement de la Guinée.

Sylla Ama pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
63087
Minéraux critiques : Ismaël Diakité invite la Guinée à passer du potentiel à la valorisation https://planete7.info/mineraux-critiques-ismael-diakite-invite-la-guinee-a-passer-du-potentiel-a-la-valorisation/ Mon, 31 Aug 2026 11:38:53 +0000 https://planete7.info/?p=62983 Invité de l’émission « Face à Pathé » sur Planète7, l’ingénieur des Mines Ismaël Diakité a appelé à une meilleure connaissance du sous-sol guinéen et à une approche multidisciplinaire pour transformer les ressources en véritables opportunités économiques et industrielles. À l’heure où les minéraux critiques occupent une place stratégique dans la transition énergétique et attisent […]]]>

Invité de l’émission « Face à Pathé » sur Planète7, l’ingénieur des Mines Ismaël Diakité a appelé à une meilleure connaissance du sous-sol guinéen et à une approche multidisciplinaire pour transformer les ressources en véritables opportunités économiques et industrielles.

À l’heure où les minéraux critiques occupent une place stratégique dans la transition énergétique et attisent les convoitises à l’échelle mondiale, la Guinée entend-elle réellement tirer profit de son potentiel ? Pour l’ingénieur des Mines Ismaël Diakité, une condition préalable s’impose : mieux connaître les ressources dont dispose le pays avant de prétendre les valoriser.

Invité de l’émission « Face à Pathé », diffusée sur Planète7, le spécialiste a livré son analyse sur les enjeux liés aux minéraux critiques et sur les défis auxquels la Guinée doit faire face pour mieux se positionner sur ce marché en pleine expansion.

Selon Ismaël Diakité, la question des minéraux critiques ne saurait être abordée sous le seul prisme de la géologie ou de l’exploitation minière. Leur importance stratégique, leur forte valeur marchande et l’évolution de la demande mondiale imposent, estime-t-il, de mobiliser plusieurs domaines de compétences.

« La question n’est pas seulement au niveau géologique et minier, et au niveau technologique. Il y a aussi des enjeux économiques, parce que ce sont des minéraux qui ont une valeur marchande assez importante et que la demande est croissante », explique-t-il.

Pour lui, économistes, commerciaux, technologues et spécialistes du secteur minier doivent travailler de manière complémentaire afin de donner davantage de valeur aux ressources découvertes.

« Tout le monde se rue vers ces minéraux-là. On a besoin aussi d’économistes, de commerciaux et de technologues, parce que tous ces métiers concourent justement à donner de la valeur à ces minéraux-là, au-delà de la valeur technologique », poursuit-il.

Mais avant de parler d’exploitation ou d’investissements, un préalable demeure incontournable : connaître avec précision ce que renferme réellement le sous-sol guinéen.

Sur ce point, l’ingénieur des Mines estime que le pays dispose encore de données insuffisantes pour passer d’un simple potentiel à une connaissance scientifique et économique suffisamment solide.

« Nous n’avons pas une connaissance assez précise de ce que nous avons sur le territoire. Nous spéculons là-dessus, nous parlons de potentiel, mais malheureusement, en matière géologique et minière, il faut chercher et trouver », insiste-t-il.

Pour Ismaël Diakité, la notion de potentiel ne suffit donc plus. La Guinée doit identifier des ressources dont l’existence, la qualité, la quantité et les conditions d’exploitation peuvent être établies avec suffisamment de précision.

« Il faut trouver des réserves confirmées, exploitables et minables », martèle-t-il.

Cette meilleure connaissance du sous-sol passe nécessairement par la production de données scientifiques fiables. L’enjeu est à la fois de confirmer les ressources disponibles et de permettre aux investisseurs de disposer d’informations suffisamment précises avant de s’engager.

Le spécialiste cite notamment la nécessité de disposer de données « géotechniques, géo-structurales, minéralogiques et géochimiques ».

Ces informations doivent permettre de déterminer avec davantage de précision la qualité et la quantité des réserves et, surtout, de disposer d’éléments suffisamment crédibles pour présenter le potentiel guinéen aux investisseurs.

« Nous avons besoin de données à la fois géotechniques, géo-structurales, minéralogiques et géochimiques, pour nous assurer que nous avons vraiment quelque chose à offrir aux investisseurs, du point de vue de la qualité et de la quantité des réserves », souligne-t-il.

Au-delà de la collecte de données, Ismaël Diakité plaide pour la mise en place d’un schéma directeur de valorisation industrielle. Un outil qui, selon lui, permettrait de structurer les connaissances disponibles et de mieux orienter leur transformation en projets industriels.

L’objectif serait notamment de constituer une véritable base d’informations sur les ressources identifiées en Guinée, accessible aux investisseurs, aux chercheurs et au monde universitaire.

« Ce travail va nous aider à avoir une masse d’informations et de données que nous pourrons présenter aux investisseurs, aux chercheurs et aux universitaires, en disant : “Voilà, nous avons de l’existant en Guinée qui est palpable” », explique l’ingénieur.

Pour lui, la finalité ne doit toutefois pas être de produire des rapports supplémentaires, mais bien de faire émerger des projets suffisamment documentés, crédibles et attractifs pour les investisseurs.

Dans un contexte mondial marqué par une compétition croissante autour des ressources nécessaires aux technologies de pointe et à la transition énergétique, les minéraux critiques représentent une opportunité stratégique pour les pays qui disposent de ressources, mais également un défi pour ceux qui ne parviennent pas à les maîtriser.

Pour la Guinée, l’enjeu consiste donc désormais à aller au-delà de l’annonce de potentiels miniers et à bâtir une connaissance suffisamment précise de son sous-sol pour permettre une véritable prise de décision.

Le message d’Ismaël Diakité est clair : la valorisation commence par la connaissance. En renforçant son expertise, en produisant des données fiables et en élaborant une stratégie industrielle cohérente, la Guinée pourrait mieux transformer ses ressources minérales en projets structurants et en retombées économiques.

Une étape jugée essentielle pour permettre au pays de mieux se positionner dans la compétition mondiale autour des minéraux critiques et, surtout, de ne pas rester simple spectateur d’une course dont les enjeux économiques et industriels ne cessent de grandir.

Sylla Ama pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
62983