Responsabilité – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Mon, 16 Mar 2026 14:07:14 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Responsabilité – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Les défis internes de l’Afrique : entre lucidité, dignité et responsabilité collective. (Par Abdourahamane Nabé) https://planete7.info/les-defis-internes-de-lafrique-entre-lucidite-dignite-et-responsabilite-collective-par-abdourahamane-nabe/ Mon, 16 Mar 2026 14:07:14 +0000 https://planete7.info/?p=52592 Au fil des débats intellectuels et citoyens qui traversent nos sociétés africaines, certaines analyses suscitent la réflexion, parfois la controverse, mais surtout l’introspection. Les propos récents de l’industriel et écrivain Kémoko Touré sur ce qu’il appelle « les sept péchés capitaux de l’Africain noir » s’inscrivent dans cette tradition d’interpellation. Au-delà de la formule volontairement […]]]>

Au fil des débats intellectuels et citoyens qui traversent nos sociétés africaines, certaines analyses suscitent la réflexion, parfois la controverse, mais surtout l’introspection. Les propos récents de l’industriel et écrivain Kémoko Touré sur ce qu’il appelle « les sept péchés capitaux de l’Africain noir » s’inscrivent dans cette tradition d’interpellation.

Au-delà de la formule volontairement provocatrice, ce type de réflexion nous invite à examiner sans complaisance certains traits culturels, politiques et sociaux qui peuvent freiner la marche de nos sociétés vers la souveraineté intellectuelle, économique et institutionnelle.

Cependant, une chose doit être dite d’emblée : l’Afrique n’est pas condamnée par sa nature, mais parfois entravée par ses contradictions. Et ces contradictions méritent d’être analysées avec nuance et responsabilité.

Entre hospitalité et vulnérabilité

L’une des critiques évoquées concerne la grande hospitalité africaine et la difficulté supposée à se percevoir comme l’égal – voire le supérieur – de celui qui vient d’ailleurs.

En réalité, l’hospitalité africaine est d’abord une richesse civilisationnelle. Elle est au cœur de nos valeurs communautaires, de nos traditions d’accueil et de coexistence. Mais dans un monde structuré par les rapports de puissance, cette qualité peut parfois être exploitée lorsqu’elle n’est pas accompagnée de lucidité stratégique.

La véritable question n’est donc pas de renoncer à cette valeur, mais de la conjuguer avec la conscience de nos intérêts et de notre dignité collective.

La fascination pour les modèles extérieurs

Un autre point soulevé concerne la tendance à adopter des modèles venus d’ailleurs : religieux, politiques, économiques ou intellectuels.

Il serait toutefois simpliste de considérer ce phénomène comme un défaut intrinsèque. Toutes les civilisations apprennent les unes des autres. L’histoire de l’humanité est faite d’emprunts, d’échanges et d’adaptations.

Le problème apparaît lorsque l’imitation remplace la réflexion. Lorsque les solutions importées sont appliquées sans adaptation aux réalités locales, elles deviennent souvent inefficaces, voire contre-productives.

L’Afrique ne doit pas rejeter les idées du monde, mais elle doit les transformer à partir de son propre génie social et culturel.

Le défi de l’intérêt collectif

L’une des critiques les plus pertinentes concerne la difficulté de construire et de maintenir des stratégies collectives durables.

Les divisions politiques, ethniques ou personnelles fragilisent souvent les projets nationaux. Elles empêchent parfois la continuité des politiques publiques et diluent l’intérêt général dans les rivalités.

Pourtant, aucune nation ne se développe sans discipline collective. Les exemples historiques à travers le monde montrent que les grandes transformations reposent toujours sur une vision partagée et une capacité à s’y tenir dans la durée.

Leadership et confusion des rôles

La confusion entre instruction, savoir réel, leadership et patriotisme constitue également un défi majeur.

Dans beaucoup de sociétés, le diplôme est parfois confondu avec la compétence, la popularité avec la vision stratégique, ou encore la rhétorique avec le leadership véritable.

Or le développement exige une articulation claire entre compétence, responsabilité et vision collective.

L’éducation, clé de toutes les transformations

Parmi les points évoqués, un consensus s’impose presque unanimement : aucune société ne peut progresser durablement sans une éducation de masse, inclusive et de qualité.

L’éducation n’est pas seulement un outil de transmission de connaissances. Elle est aussi un levier de transformation sociale, de citoyenneté éclairée et d’innovation économique.

Investir dans l’éducation, c’est investir dans la capacité d’un peuple à penser par lui-même, à produire ses propres solutions et à assumer son destin.

Pour une autocritique constructive

Les débats sur les limites internes des sociétés africaines ne doivent jamais nourrir le fatalisme ni l’autodénigrement.

Au contraire, la critique n’a de valeur que lorsqu’elle ouvre un chemin de transformation.

L’Afrique d’aujourd’hui est traversée par des dynamiques nouvelles : une jeunesse ambitieuse, une créativité culturelle remarquable, une montée progressive de la conscience économique et une volonté croissante de réappropriation de son destin.

Ces forces constituent le socle d’un renouveau possible.

Plutôt que de parler de « péchés capitaux », il serait peut-être plus juste de parler de défis historiques à surmonter.

Car aucune civilisation n’est parfaite, et aucune société ne progresse sans introspection.

L’essentiel est ailleurs :

transformer la lucidité en action, la critique en réforme, et la conscience collective en projet commun.

C’est à ce prix que l’Afrique pourra pleinement assumer sa place dans le concert des nations : non pas en reniant ses valeurs, mais en les renforçant par la responsabilité, la connaissance et la vision.

 

Abdourahamane Nabé Analyste social et des questions de gouvernance

drastone70@gmail.com

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Baccalauréat 2025 : le lycée-collège Coleyah donne le coup d’envoi officiel à Matam sous le signe de la responsabilité https://planete7.info/baccalaureat-2025-le-lycee-college-coleyah-donne-le-coup-denvoi-officiel-a-matam-sous-le-signe-de-la-responsabilite/ Mon, 23 Jun 2025 13:45:16 +0000 https://planete7.info/?p=43054 Ce lundi 23 juin 2025, le lycée-collège Coleyah a servi de cadre au lancement officiel des épreuves du baccalauréat dans la commune de Matam. Placée sous le sceau de la responsabilité, la cérémonie a mobilisé les autorités municipales, éducatives, sécuritaires ainsi que les services de sécurité, venus marquer leur engagement pour la transparence et l’intégrité […]]]>

Ce lundi 23 juin 2025, le lycée-collège Coleyah a servi de cadre au lancement officiel des épreuves du baccalauréat dans la commune de Matam. Placée sous le sceau de la responsabilité, la cérémonie a mobilisé les autorités municipales, éducatives, sécuritaires ainsi que les services de sécurité, venus marquer leur engagement pour la transparence et l’intégrité du processus.

Dans une atmosphère empreinte de sérénité et de rigueur, le président de la délégation spéciale de Matam, Badra Condé, a délivré un message fort aux candidats. Après la montée des couleurs, il a échangé avec les élèves avant leur installation dans les salles d’examen. « Nous leur avons souhaité bonne chance. Le message principal, c’est d’incarner des valeurs : faire honneur à leur travail, à leur famille et à notre pays. Il n’y a pas de secret : il s’agit simplement de restituer ce qu’ils ont appris durant l’année scolaire », a-t-il déclaré avec conviction.

Le président a également adressé un mot aux surveillants, les invitant à la vigilance, à la sérénité et à la fermeté dans l’application du règlement.

De son côté, la directrice communale de l’éducation de Matam, Madame Camara Mariama Condé, a rappelé les mots d’ordre édictés par les autorités en amont des épreuves. Elle a insisté sur la nécessité pour tous les acteurs élèves, encadreurs et parents – de respecter les principes fondamentaux du système éducatif. « Nous avons mené une campagne de sensibilisation à l’endroit des candidats, des parents et de l’environnement immédiat des établissements pour que chacun agisse dans le respect strict des règlements. La réussite passe par le mérite et le respect des règles », a-t-elle affirmé.

Pour cette session 2025, la commune de Matam aligne 2 398 candidats, dont 1 178 filles, répartis sur sept centres d’examen. Les épreuves se dérouleront jusqu’au vendredi 27 juin.

En plaçant cette session sous le signe de la responsabilité, les autorités entendent envoyer un signal fort pour des examens crédibles, loin des pratiques frauduleuses, et rappeler que la réussite est d’abord le fruit du travail.

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852
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Drame au stade de Nzérékoré : Les victimes exigent des réponses avec une plainte officielle https://planete7.info/drame-au-stade-de-nzerekore-les-victimes-exigent-des-reponses-avec-une-plainte-officielle/ Mon, 10 Mar 2025 22:38:52 +0000 https://planete7.info/?p=39210 Nzérékoré, le 10 mars 2025 – Plus de trois mois après la tragédie survenue au stade du 3 Avril de Nzérékoré lors de la finale du tournoi doté du trophée général Mamadi Doumbouya, les familles endeuillées et les blessés réclament justice. Ce lundi, un collectif d’avocats a officiellement déposé une plainte au tribunal de première […]]]>

Nzérékoré, le 10 mars 2025 – Plus de trois mois après la tragédie survenue au stade du 3 Avril de Nzérékoré lors de la finale du tournoi doté du trophée général Mamadi Doumbouya, les familles endeuillées et les blessés réclament justice. Ce lundi, un collectif d’avocats a officiellement déposé une plainte au tribunal de première instance de Nzérékoré contre les auteurs présumés du drame qui a coûté la vie à 56 personnes, selon le bilan officiel du gouvernement guinéen.

Déterminé à faire la lumière sur cette catastrophe, le collectif d’avocats, représenté par Maître Paul Lazare Gbilimou, entend engager des poursuites contre des individus formellement identifiés. « Nous avons déposé une plainte régulière au nom des victimes et de leurs familles contre des personnes bien désignées, dont l’implication dans ce drame ne fait aucun doute. Il revient désormais au parquet, en tant qu’organe de poursuite, de prendre ses responsabilités et d’ouvrir des procédures judiciaires conformément à la loi », a déclaré l’avocat au barreau de Guinée.

Toutefois, par souci de préserver la dignité des personnes mises en cause, le collectif maintient pour l’instant la confidentialité de leurs identités. « Nous respecterons la volonté des victimes et révélerons ces noms au moment opportun, lorsque celles-ci s’estimeront prêtes », précise Maître Gbilimou.

Le collectif des avocats fustige le silence du parquet qu’il accuse d’inaction face à un drame d’une telle ampleur. « Depuis le 1er décembre, aucune victime, aucun témoin n’a été convoqué par la justice. Aucune audition n’a été menée, et les victimes n’ont reçu aucune sollicitation officielle pour témoigner. Face à cette inertie, nous avons pris nos responsabilités en déposant cette plainte afin que la justice soit enfin saisie », déplore Maître Gbilimou.

Malgré les annonces du ministre de la Justice et du procureur général sur l’ouverture d’une enquête, les avocats expriment leur scepticisme quant à la réalité de cette instruction. « Nous avons frappé à toutes les portes pour savoir quel cabinet d’instruction avait été saisi, mais nous avons appris qu’aucun juge d’instruction n’a encore été désigné pour traiter cette affaire », affirme l’avocat, dénonçant un manque de transparence dans la gestion du dossier.

De son côté, Maître Théodore Michel Loua interpelle le chef de l’État sur la nécessité d’honorer les engagements pris depuis le 5 septembre 2021 en matière de justice et de respect des droits humains. « Jusqu’à présent, aucun geste symbolique n’a été posé en faveur des victimes de cette tragédie. Il est inconcevable que cet événement dramatique soit relégué aux oubliettes, comme si rien ne s’était passé », s’indigne-t-il.

Le 1er décembre 2024, une bousculade survenue au stade du 3 Avril lors de la finale du tournoi a entraîné la mort de 56 personnes et fait plusieurs blessés, selon les autorités guinéennes. Cependant, des organisations de défense des droits de l’homme contestent ce bilan officiel et avancent un chiffre dépassant les 100 morts.

Alors que la douleur des familles demeure vive, la bataille judiciaire engagée par le collectif des avocats pourrait être un tournant décisif dans la quête de vérité et de justice. Reste à savoir si cette initiative contraindra enfin les autorités judiciaires à se saisir pleinement du dossier et à établir les responsabilités de ce drame.

Pépé Blaise Théa, correspondant à Nzérékoré pour Planete7.info 

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