reprise de Kidal – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Wed, 07 Oct 2026 20:26:11 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg reprise de Kidal – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Mali : Kidal change de mains, l’armée malienne reprend la ville sans combat https://planete7.info/mali-kidal-change-de-mains-larmee-malienne-reprend-la-ville-sans-combat/ Wed, 07 Oct 2026 20:25:02 +0000 https://planete7.info/?p=65711 Kidal est de nouveau sous le contrôle de l’armée malienne. Mardi 6 octobre, les Forces armées maliennes (Fama), appuyées par leurs partenaires russes d’Africa Corps, ont fait leur entrée dans cette ville stratégique du nord du pays après le retrait des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA). Une reprise qui s’est déroulée sans […]]]>

Kidal est de nouveau sous le contrôle de l’armée malienne. Mardi 6 octobre, les Forces armées maliennes (Fama), appuyées par leurs partenaires russes d’Africa Corps, ont fait leur entrée dans cette ville stratégique du nord du pays après le retrait des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA). Une reprise qui s’est déroulée sans affrontement direct dans la ville, mais qui intervient dans un contexte militaire particulièrement tendu.

La scène marque un nouveau basculement dans le rapport de force autour de Kidal. Après plusieurs mois de contrôle par le FLA et ses alliés du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, les forces maliennes ont repris pied dans la ville.

Selon plusieurs sources sécuritaires maliennes citées par Jeune Afrique, une colonne militaire partie d’Anéfis dans la matinée a pénétré dans Kidal aux environs de 13 heures, heure locale. L’armée malienne avait renforcé ses positions à Anéfis et Aguelhoc au cours du week-end, préparant ainsi une opération destinée à reprendre le contrôle de la ville.

Quelques heures avant l’entrée des forces maliennes dans Kidal, l’état-major général des armées avait annoncé le lancement d’« opérations aéroterrestres d’envergure dans la région de Kidal », menées avec l’appui des « partenaires russes ».

Dans son communiqué, l’armée affirme que l’objectif est de « neutraliser les groupes armés terroristes », de « détruire leurs sanctuaires » et de permettre le rétablissement durable de la sécurité ainsi que la libre circulation des populations.

L’état-major n’a toutefois pas donné de détails sur le dispositif exact de la colonne militaire partie d’Anéfis en direction de Kidal.

Sur le terrain, le mouvement indépendantiste avait déjà choisi de se retirer.

Dans un communiqué publié mardi après-midi, le FLA affirme avoir ordonné un « repli stratégique » de ses forces. Le mouvement justifie cette décision par la volonté de « préserver des vies humaines », face notamment au « risque croissant » pesant sur les populations encore présentes dans la ville.

Le FLA présente également ce retrait comme une mesure « opérationnelle temporaire », destinée à préserver ses capacités humaines et logistiques.

Ce départ a ainsi permis aux forces maliennes d’entrer dans Kidal sans avoir à livrer de bataille dans les rues de la ville.

Mais derrière cette reprise sans combat direct se joue une bataille militaire et politique beaucoup plus large.

Kidal occupe une place particulière dans l’histoire récente du conflit malien. Ville emblématique des revendications indépendantistes et autonomistes de l’Azawad, elle constitue depuis plusieurs années un enjeu majeur pour Bamako comme pour les mouvements armés du nord.

Sa reprise représente donc une victoire hautement symbolique pour les autorités de transition dirigées par le colonel Assimi Goïta.

En avril dernier, selon les éléments fournis, l’armée malienne et ses partenaires russes avaient perdu le contrôle de la ville face aux offensives du FLA et de ses alliés du Jnim. Quelques mois plus tard, les forces maliennes sont de nouveau présentes dans Kidal.

La ville apparaît toutefois largement désertée. Une partie importante de sa population avait déjà quitté les lieux en 2023, dans le contexte de l’arrivée des forces maliennes et de leurs partenaires russes.

Avant l’entrée des militaires maliens, Kidal avait été régulièrement ciblée par des frappes aériennes. Depuis dimanche 4 octobre, les bombardements se seraient intensifiés.

L’armée malienne affirme avoir mené des « frappes de précision » qui auraient permis de « neutraliser de nombreux terroristes ».

Le FLA conteste cette version. Le mouvement accuse les forces maliennes d’avoir effectué des « frappes aveugles » ayant notamment touché des infrastructures civiles, parmi lesquelles des boutiques, des habitations et une gare routière fréquentée par des migrants et des orpailleurs.

Des frappes de drones ont également été signalées à Tinzaouatène, près de la frontière avec l’Algérie.

À ce stade, aucun bilan humain indépendant des bombardements n’a toutefois pu être établi.

La reprise de Kidal constitue incontestablement un succès politique et symbolique pour Bamako. Elle permet aux autorités maliennes de réaffirmer la présence de l’État dans une ville devenue, au fil des années, l’un des principaux symboles de la contestation armée dans le nord du pays.

Mais cette reprise ne signifie pas pour autant la fin des tensions.

Le retrait du FLA est présenté par le mouvement comme stratégique et temporaire. Dans le même temps, la présence du Jnim, les tensions persistantes avec les mouvements indépendantistes de l’Azawad et la poursuite des opérations militaires dans le nord entretiennent un climat d’incertitude.

À Kidal, l’armée malienne a donc repris la ville sans livrer bataille dans ses rues. Reste désormais à savoir si cette reconquête permettra à Bamako d’y installer durablement son contrôle ou si elle constitue seulement une nouvelle étape dans un conflit dont les lignes de front demeurent profondément mouvantes.

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info

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