récupération des domaines publics – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Sat, 17 Oct 2026 23:03:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg récupération des domaines publics – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Mamou : sommées de quitter les emprises ferroviaires, des familles redoutent de se retrouver à la rue https://planete7.info/mamou-sommees-de-quitter-les-emprises-ferroviaires-des-familles-redoutent-de-se-retrouver-a-la-rue/ Sat, 17 Oct 2026 22:59:09 +0000 https://planete7.info/?p=66322 À Mamou, plusieurs familles installées depuis des décennies aux abords de la gare ferroviaire sont confrontées à une échéance qui suscite une vive inquiétude. Les autorités leur ont demandé de libérer les emprises concernées au plus tard le 18 octobre 2026, dans le cadre de la récupération des domaines publics de l’État. Entre attachement à […]]]>

À Mamou, plusieurs familles installées depuis des décennies aux abords de la gare ferroviaire sont confrontées à une échéance qui suscite une vive inquiétude. Les autorités leur ont demandé de libérer les emprises concernées au plus tard le 18 octobre 2026, dans le cadre de la récupération des domaines publics de l’État. Entre attachement à leur habitation, précarité et absence de solution de relogement, les occupants redoutent de perdre leur toit.

À mesure que l’échéance du 18 octobre approche, l’inquiétude grandit parmi les occupants des emprises ferroviaires de Mamou. Pour ces familles, dont certaines vivent sur les lieux depuis plusieurs décennies, la décision des autorités représente bien plus qu’une obligation de quitter un terrain : elle fait planer la menace de perdre leur habitation et de se retrouver sans solution de repli.

À la suite d’une réunion stratégique tenue à la préfecture avec les autorités locales, le préfet a adressé un communiqué officiel aux occupants, leur demandant de libérer les espaces concernés avant la date fixée, sous peine de déguerpissement.

Cette opération s’inscrit dans la dynamique de récupération des domaines publics de l’État, en lien avec le programme présidentiel « Simandou 2040 ». Si les autorités entendent ainsi reprendre possession de ces emprises, les personnes concernées s’interrogent sur leur avenir, notamment celles qui affirment n’avoir aucune autre habitation où se réfugier.

Parmi les personnes directement touchées figure Madame Safiatou. Veuve et récemment endeuillée par la perte de son fils aîné, elle se retrouve confrontée à une nouvelle épreuve. Selon son témoignage, son défunt mari avait acheté la concession à une époque où le train de voyageurs circulait encore.

Aujourd’hui, la perspective de devoir quitter cette habitation la plonge dans l’incertitude. Faute de ressources suffisantes et de solution de relogement, elle dit ne pas savoir vers qui se tourner.

Face à cette situation, elle lance un appel au président de la République, le général Mamadi Doumbouya, dans l’espoir d’obtenir une aide d’urgence.

Son cas illustre les difficultés auxquelles sont confrontés certains occupants, en particulier les personnes vulnérables qui redoutent de se retrouver sans abri à l’approche de l’échéance fixée par les autorités.

L’inquiétude est également palpable chez Elhadj Oumar, ancien cheminot dont la carrière a débuté en 1971. Après plusieurs décennies passées dans cette zone, il affirme être disposé à se conformer à la décision de l’État, mais s’interroge sur le lieu où il pourra désormais vivre.

« Nous sommes à la disposition de l’État, mais nous n’avons nulle part où aller », confie-t-il.

L’ancien cheminot explique avoir racheté son logement auprès d’une riveraine sous le régime de l’ancien président Ahmed Sékou Touré. Il se souvient également avoir contribué à l’aménagement des lieux, notamment en construisant des escaliers qui, selon lui, avaient été appréciés par les autorités ferroviaires de l’époque.

« Même les escaliers juste en face, c’est moi qui les ai construits. À l’époque, les autorités ferroviaires m’avaient félicité pour cela », se rappelle-t-il.

Malgré son attachement à cette habitation, Elhadj Oumar affirme ne pas vouloir s’opposer à la décision des autorités. Son inquiétude demeure toutefois entière : après toutes ces années, il ne sait pas où reconstruire sa vie.

Derrière son témoignage se dessine le dilemme de nombreux occupants : se conformer à une décision de l’État tout en cherchant une issue à une situation qui menace leur stabilité résidentielle.

Pour Thierno Aïssatou Sow, la perspective d’un départ forcé est d’autant plus douloureuse que cette habitation constitue le cadre de vie d’une grande partie de son existence. Arrivée sur les lieux à l’âge de 14 ans, elle y a fondé sa famille et élevé ses onze enfants.

« Je suis arrivée ici à l’âge de 14 ans, j’y ai eu 11 enfants », témoigne-t-elle au micro de Mamou Somada News.

Dans son récit, elle évoque une succession de ventes informelles qui remonterait à feue Aïssatou Ly, épouse d’un ancien travailleur du chemin de fer. La concession serait ensuite passée entre les mains d’une autre résidente, d’origine kissienne.

Thierno Aïssatou Sow affirme que les occupants n’avaient pas été informés, au moment de leur installation, que les terrains appartenaient à l’État et qu’ils pourraient être récupérés par les autorités.

« À l’époque, personne ne nous avait dit que ces terres appartenaient à l’État ou qu’elles seraient récupérables », déplore-t-elle.

Comme les autres riverains concernés, elle sollicite l’intervention des autorités afin qu’une solution puisse être trouvée avant l’échéance annoncée.

À Mamou, la situation met en évidence les difficultés auxquelles peuvent être confrontées les autorités lorsqu’une opération de récupération du domaine public touche des familles installées depuis plusieurs décennies.

Pour les occupants, l’urgence est désormais de savoir où aller et dans quelles conditions quitter les lieux. Plusieurs témoignages font état d’une absence de solution de relogement, alors que la date limite du 18 octobre 2026 approche.

Si la récupération des emprises ferroviaires relève de la volonté de l’État de reprendre possession de ses domaines, les familles concernées espèrent une réponse à leurs préoccupations sociales. Leur principale demande est de ne pas se retrouver sans abri au terme de cette opération.

À quelques jours de l’échéance annoncée, une question demeure : comment concilier la récupération du domaine public avec la situation des familles qui affirment n’avoir nulle part où aller ?

 

Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info

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