Précarité – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Mon, 12 Oct 2026 12:57:14 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Précarité – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Guinée : démunie face à la maladie, M’mah Kaba sollicite la solidarité pour financer ses soins https://planete7.info/guinee-demunie-face-a-la-maladie-mmah-kaba-sollicite-la-solidarite-pour-financer-ses-soins/ Mon, 12 Oct 2026 12:54:34 +0000 https://planete7.info/?p=65976 Éprouvée par des problèmes de santé et confrontée à de graves difficultés financières, M’mah Kaba, une femme d’une quarantaine d’années, peine à poursuivre sa prise en charge médicale. Après avoir vendu certains de ses objets de valeur pour financer ses examens, elle lance un appel à la solidarité afin de réunir les moyens nécessaires à […]]]>

Éprouvée par des problèmes de santé et confrontée à de graves difficultés financières, M’mah Kaba, une femme d’une quarantaine d’années, peine à poursuivre sa prise en charge médicale. Après avoir vendu certains de ses objets de valeur pour financer ses examens, elle lance un appel à la solidarité afin de réunir les moyens nécessaires à la poursuite de ses soins.

Derrière cet appel à l’aide se dessine le parcours difficile d’une femme qui dit avoir épuisé ses ressources face à la maladie. Veuve, sans moyens financiers suffisants et marquée par la perte de ses huit enfants, M’mah Kaba affirme ne plus savoir vers qui se tourner pour faire face aux dépenses liées à sa prise en charge médicale.

Dans un témoignage empreint de détresse, elle revient sur les démarches entreprises pour comprendre l’origine de ses problèmes de santé, les examens qu’elle a dû effectuer et les difficultés financières qui compromettent aujourd’hui la poursuite de ses soins.

Selon son témoignage, les premiers symptômes sont apparus après le décès de son mari. Pensant initialement souffrir d’une infection vaginale, elle a entrepris des traitements avec le soutien de sa famille. Mais l’absence d’amélioration l’a finalement conduite à consulter un médecin.

Après cette première consultation, elle affirme avoir reçu une prescription médicale et une recommandation de se rendre à l’hôpital de Calière pour des examens complémentaires.

Sur place, plusieurs analyses ont été réalisées, notamment pour rechercher une éventuelle tuberculose. D’après M’mah Kaba, les résultats ont permis d’écarter cette hypothèse, sans toutefois lui apporter, à ce stade, une explication précise de son état de santé.

Son parcours l’a ensuite conduite dans une clinique située à Sangoyah. Elle rapporte que le Dr Keita lui aurait expliqué que son utérus était enflé et que cette anomalie serait à l’origine du gonflement de son ventre. Des examens supplémentaires, dont un scanner, lui auraient alors été recommandés afin de poursuivre les investigations médicales.

Si les consultations et les examens ont permis de poursuivre les investigations, leur coût représente désormais un obstacle majeur pour M’mah Kaba.

Pour financer sa prise en charge, elle affirme avoir vendu certains de ses objets de valeur. Malgré ces sacrifices, elle n’est pas parvenue à réunir à temps la totalité des sommes nécessaires.

« On a un peu retardé le scanner à cause du manque d’argent », confie-t-elle.

Selon son récit, cet examen était facturé à 2,3 millions de francs guinéens. Faute de pouvoir réunir immédiatement cette somme, elle indique avoir finalement rassemblé 2,1 millions de francs guinéens, un montant que le médecin aurait accepté.

Mais le scanner n’a pas mis fin à ses difficultés financières. À la suite de cet examen, une ordonnance d’un montant de 3 millions de francs guinéens lui aurait été prescrite. Pour l’ensemble du traitement, elle affirme que le coût annoncé s’élève à 6 millions de francs guinéens.

Une charge financière qu’elle dit désormais incapable d’assumer. Après avoir mobilisé ses maigres ressources pour les premières étapes de sa prise en charge, elle se retrouve dans l’incapacité de financer la suite des soins.

À ces difficultés médicales et financières s’ajoutent des épreuves personnelles particulièrement douloureuses. M’mah Kaba affirme avoir donné naissance à huit enfants, tous décédés. Un drame familial qui, selon son témoignage, s’ajoute à la perte de son mari et à la précarité dans laquelle elle dit vivre aujourd’hui.

Désormais démunie face aux dépenses médicales, elle en appelle à la générosité des personnes de bonne volonté. Son souhait est de pouvoir poursuivre les examens et le traitement prescrits, dans l’espoir de retrouver la santé.

« Au nom de Dieu, aidez-moi ! Je suis issue d’une famille pauvre », implore-t-elle.

À travers cet appel, M’mah Kaba espère trouver des personnes disposées à lui apporter un soutien financier pour poursuivre sa prise en charge médicale. Pour cette femme qui affirme avoir épuisé ses dernières ressources, la solidarité apparaît aujourd’hui comme un espoir face à des dépenses qu’elle ne peut plus supporter seule.

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info

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Malade depuis 26 ans, Amadou Baïlo Bah lance un appel à la solidarité https://planete7.info/malade-depuis-26-ans-amadou-bailo-bah-lance-un-appel-a-la-solidarite/ Thu, 06 Aug 2026 16:09:31 +0000 https://planete7.info/?p=61039 Depuis plus de deux décennies, Amadou Baïlo Bah vit un véritable calvaire. Atteint d’une maladie qui, selon ses déclarations, dure depuis 26 ans, il affirme que son état de santé s’est progressivement détérioré jusqu’à le priver de toute autonomie. D’après son témoignage, les premiers signes de la maladie se sont manifestés par des douleurs aux […]]]>

Depuis plus de deux décennies, Amadou Baïlo Bah vit un véritable calvaire. Atteint d’une maladie qui, selon ses déclarations, dure depuis 26 ans, il affirme que son état de santé s’est progressivement détérioré jusqu’à le priver de toute autonomie.

D’après son témoignage, les premiers signes de la maladie se sont manifestés par des douleurs aux bras et aux pieds. Après plusieurs consultations médicales, un rhumatisme lui aurait été diagnostiqué. Malgré les traitements reçus, son état n’a cessé de se dégrader au fil des années, entraînant une paralysie. Il indique également avoir presque totalement perdu la vue il y a cinq ans.

« Au début de ma maladie, je pouvais encore sortir et marcher sans bâton. Mais, avec le temps, mon état s’est aggravé jusqu’à ce que je sois paralysé », confie-t-il.

Amadou Baïlo Bah raconte que son défunt père l’avait conduit dans plusieurs établissements de santé afin qu’il bénéficie de soins, notamment de traitements médicamenteux et d’injections. Malgré ces efforts, aucune amélioration durable n’aurait été constatée.

Aujourd’hui orphelin et endeuillé par la disparition de ses trois frères, il affirme vivre dans une grande précarité. Incapable de se déplacer, il dépend entièrement de l’assistance de personnes de bonne volonté pour se nourrir et subvenir à ses besoins quotidiens.

« Je mange et je bois dans mon lit, car je ne peux plus me déplacer », témoigne-t-il avec émotion.

Face à cette situation, Amadou Baïlo Bah lance un appel à la solidarité nationale. Il sollicite l’appui des citoyens, des organisations caritatives ainsi que des autorités guinéennes, notamment le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, le Premier ministre Amadou Oury Bah, le ministre secrétaire général de la Présidence, le général Amara Camara, et le ministère de la Santé, dans l’espoir de bénéficier d’une prise en charge médicale adaptée.

Les personnes désireuses de lui apporter un soutien peuvent le contacter via Orange Money au 610 57 00 27 ou sur WhatsApp au 669 30 95 56.

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info

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SOS : victime d’un accident depuis 2019, Mory Sylla lance un appel à la solidarité https://planete7.info/sos-victime-dun-accident-depuis-2019-mory-sylla-lance-un-appel-a-la-solidarite/ Thu, 14 May 2026 15:04:15 +0000 https://planete7.info/?p=55461 Depuis près de sept ans, Mory Sylla vit un véritable calvaire. Ancien chauffeur de remorque, cet homme peine aujourd’hui à retrouver une vie normale après avoir été grièvement blessé dans un accident de la circulation survenu en 2019. Entre douleurs persistantes, interventions chirurgicales répétées et difficultés financières, son quotidien est devenu un combat permanent. Rencontré […]]]>

Depuis près de sept ans, Mory Sylla vit un véritable calvaire. Ancien chauffeur de remorque, cet homme peine aujourd’hui à retrouver une vie normale après avoir été grièvement blessé dans un accident de la circulation survenu en 2019. Entre douleurs persistantes, interventions chirurgicales répétées et difficultés financières, son quotidien est devenu un combat permanent.

Rencontré à son domicile, Mory Sylla revient avec émotion sur ce drame qui a bouleversé son existence. Selon ses explications, le conducteur responsable de l’accident aurait pris la fuite juste après les faits et n’a jamais été identifié.

« Depuis le jour de l’accident jusqu’à aujourd’hui, je souffre énormément. La personne qui m’a percuté a disparu sans laisser de trace. Je demande humblement l’aide des personnes de bonne volonté », témoigne-t-il avec émotion.

Au fil des années, il a subi plusieurs opérations chirurgicales et de nombreux séjours à l’hôpital. Mais malgré les soins déjà reçus, son état nécessite encore une prise en charge médicale importante. D’après lui, les médecins réclament désormais près de 16 millions de francs guinéens pour poursuivre son traitement, une somme hors de portée pour cet ancien chauffeur devenu incapable de travailler.

Avant l’accident, Mory Sylla assurait seul les besoins de sa famille grâce à son métier. Aujourd’hui, privé de toute activité professionnelle, il dit dépendre du soutien de ses proches pour survivre.

« C’est mon frère qui s’occupe de mes enfants alors qu’il n’a lui-même pas assez de moyens. Récemment, mon dernier enfant est tombé malade et je n’ai rien pu faire pour lui », confie-t-il, la voix chargée d’émotion.

Déjà éprouvé par la disparition de ses parents, Mory Sylla affirme vivre dans une grande précarité. Face à cette situation, il lance un appel pressant à la solidarité nationale afin de pouvoir poursuivre ses soins et espérer retrouver son autonomie.

« Mon seul souhait, c’est de retrouver ma santé pour reprendre le travail et subvenir dignement aux besoins de ma famille. J’en appelle à l’aide des Guinéens et de toutes les personnes de bonne volonté », implore-t-il.

À travers ce témoignage poignant, Mory Sylla espère sensibiliser l’opinion publique et mobiliser des soutiens capables de lui apporter une assistance financière pour poursuivre son traitement médical et reconstruire sa vie.

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info 

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Retour au pays, survie au quotidien : le parcours difficile des migrants guinéens rapatriés https://planete7.info/retour-au-pays-survie-au-quotidien-le-parcours-difficile-des-migrants-guineens-rapatries/ Tue, 24 Feb 2026 17:08:45 +0000 https://planete7.info/?p=51823 Malgré les assurances répétées des autorités, la situation quotidienne des jeunes Guinéens rapatriés révèle une réalité bien plus complexe que celle décrite dans les déclarations institutionnelles. Entre précarité persistante, désillusion et lutte pour la survie, leurs parcours témoignent de l’urgence d’une politique de réinsertion plus concrète, structurée et durable. Les prises de parole du ministre […]]]>

Malgré les assurances répétées des autorités, la situation quotidienne des jeunes Guinéens rapatriés révèle une réalité bien plus complexe que celle décrite dans les déclarations institutionnelles. Entre précarité persistante, désillusion et lutte pour la survie, leurs parcours témoignent de l’urgence d’une politique de réinsertion plus concrète, structurée et durable.

Les prises de parole du ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, mettant en avant les efforts de l’État en faveur des rapatriés, continuent de susciter interrogations et débats. Sur le terrain, nombre de ces jeunes, autrefois porteurs d’ambitions et d’espoirs, se retrouvent contraints d’exercer des activités de subsistance, notamment dans le transport urbain à moto ou dans le petit commerce informel. Une réalité qui contraste nettement avec les engagements annoncés, et qui met en lumière les limites des mécanismes actuels d’accompagnement.

Pourtant, leur retour en Guinée s’inscrit souvent après des parcours migratoires éprouvants. Plusieurs d’entre eux ont traversé des années d’errance entre l’Algérie et le Maroc, affrontant l’insécurité, la précarité et l’incertitude, avant d’être rapatriés avec l’espoir légitime de se reconstruire. Mais l’absence d’opportunités professionnelles concrètes et de dispositifs de soutien adaptés les replonge rapidement dans une précarité quotidienne.

Le témoignage de Thierno Moussa Barry illustre cette réalité. Rapatrié depuis l’Algérie, il a choisi d’investir dans une petite boutique d’objets électroniques, animé par la volonté de reprendre sa vie en main. Toutefois, les difficultés économiques, la faiblesse du pouvoir d’achat et l’instabilité du marché continuent d’entraver son activité. Malgré sa détermination, ses revenus restent insuffisants pour garantir une stabilité durable, à l’image de nombreux autres rapatriés confrontés aux mêmes obstacles.

Au-delà des cas individuels, la situation actuelle met en évidence un décalage significatif entre les annonces officielles et les conditions de vie réelles des bénéficiaires. Ces jeunes ne réclament ni compassion symbolique ni promesses abstraites, mais des actions tangibles : formations qualifiantes, accès au financement, accompagnement psychosocial et insertion professionnelle effective.

Leur résilience et leur volonté de reconstruire leur avenir constituent un levier important pour le développement national. Toutefois, sans une stratégie cohérente et un suivi rigoureux des programmes de réinsertion, le retour au pays risque de se transformer en un nouveau cycle de précarité.

Plus qu’un enjeu humanitaire, la question des rapatriés s’impose aujourd’hui comme un défi socio-économique majeur. L’avenir de ces jeunes ne dépend pas seulement des déclarations officielles, mais de la capacité réelle des institutions à faire de leur retour une véritable opportunité de renaissance, fondée sur la dignité, l’autonomie et l’inclusion durable.

Doumbouya Ahmad pour Planete7.info 

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Kindia – Yalaguiya, le village oublié : entre isolement, souffrance et espoir d’un secours d’État https://planete7.info/kindia-yalaguiya-le-village-oublie-entre-isolement-souffrance-et-espoir-dun-secours-detat/ Sun, 19 Oct 2025 16:14:40 +0000 https://planete7.info/?p=47390 À une vingtaine de kilomètres du centre-ville de Kindia, le secteur de Yalaguiya, rattaché au district de Madina Layah, dans la sous-préfecture de Damankania, vit une situation d’isolement alarmante. Privés de route praticable, de poste de santé et d’infrastructures de base, les habitants y mènent une vie marquée par la précarité et l’abandon. Pour rejoindre […]]]>

À une vingtaine de kilomètres du centre-ville de Kindia, le secteur de Yalaguiya, rattaché au district de Madina Layah, dans la sous-préfecture de Damankania, vit une situation d’isolement alarmante. Privés de route praticable, de poste de santé et d’infrastructures de base, les habitants y mènent une vie marquée par la précarité et l’abandon.

Pour rejoindre les villages voisins, les habitants n’ont d’autre choix que d’emprunter des pirogues vétustes, souvent sans moteur fiable, pour traverser une vaste étendue d’eau. Une traversée d’une dizaine de minutes, périlleuse, qui expose quotidiennement femmes et enfants à de graves dangers.

Parmi les voix qui s’élèvent, celle de Mamadama Sylla, mère de famille, résonne avec émotion : « Nous souffrons énormément ici. Il n’y a pas de poste de santé. Quand une femme s’apprête à accoucher, c’est une angoisse pour tout le village. Nous devons traverser l’eau avec des pirogues qui tombent souvent en panne. Nous vivons dans la peur et la précarité. Nous demandons de l’aide aux autorités et aux bonnes volontés pour avoir de nouvelles pirogues avec de bons moteurs. Nous appelons particulièrement le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, à venir à notre secours. Nous sommes aussi ses citoyens. »

Dans ce coin reculé de Kindia, la vie s’organise tant bien que mal autour d’un espoir fragile : celui d’être enfin entendus. L’absence de routes, de soins de santé et de structures éducatives continue de freiner tout développement local. Les populations, résignées mais courageuses, en appellent une fois encore à l’État et aux partenaires humanitaires afin que leur situation ne se transforme pas en tragédie.

Yalaguiya reste aujourd’hui le symbole d’une Guinée rurale oubliée, où l’urgence humanitaire se mêle à l’espoir d’un avenir meilleur.

Sylla Ama, Correspondant à Kindia pour Planète7.info 

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C’est ici que j’ai eu 11 enfants, et je suis enceinte du 12ème » : le cri d’une femme expulsée du marché central de Kindia https://planete7.info/cest-ici-que-jai-eu-11-enfants-et-je-suis-enceinte-du-12eme-le-cri-dune-femme-expulsee-du-marche-central-de-kindia/ Wed, 15 Oct 2025 20:53:11 +0000 https://planete7.info/?p=47251 Kindia a été le théâtre, récemment, d’une vive tension sociale autour du marché central EBT, où des femmes vendeuses ont manifesté pour réclamer la restitution de leurs emplacements. Ces dernières ont été expulsées dans le cadre d’une opération des autorités locales visant à libérer la voie principale traversant le centre-ville afin de faciliter la circulation. […]]]>

Kindia a été le théâtre, récemment, d’une vive tension sociale autour du marché central EBT, où des femmes vendeuses ont manifesté pour réclamer la restitution de leurs emplacements. Ces dernières ont été expulsées dans le cadre d’une opération des autorités locales visant à libérer la voie principale traversant le centre-ville afin de faciliter la circulation.

Parmi les commerçantes affectées, M’Mah Doumbouya, mère de onze enfants et enceinte du douzième, raconte son désarroi : « C’est ici, au marché, que je me débrouille depuis des années pour nourrir mes enfants, payer leurs frais de scolarité et les soigner quand ils tombent malades. Ma place était sous le hangar. Nous qui étions installées depuis longtemps, on nous a retiré nos emplacements, soi-disant parce que nous sommes nécessiteuses, pour les attribuer à ceux qui peuvent offrir davantage d’argent. Je n’ai personne pour me soutenir. Je suis très inquiète, je ne sais plus comment nourrir mes enfants », confie-t-elle, le visage marqué par l’inquiétude.

Cette situation met en lumière les difficultés persistantes rencontrées par de nombreuses femmes commerçantes à Kindia, confrontées à la fois à des contraintes économiques et à des décisions administratives qui impactent directement leur survie quotidienne et celle de leurs familles.

Sylla Ama, Correspondant à Kindia pour Planète7.info 

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Dans l’ombre de la misère : trois épouses aveugles, un mari non-voyant et 16 enfants à nourrir https://planete7.info/dans-lombre-de-la-misere-trois-epouses-aveugles-un-mari-non-voyant-et-16-enfants-a-nourrir/ Wed, 09 Jul 2025 17:21:05 +0000 https://planete7.info/?p=43538 Dans le quartier de Kagbelen, situé dans la commune éponyme en périphérie de Conakry, une famille pas comme les autres lutte au quotidien pour survivre dans des conditions extrêmes. Ibrahima Sory Camara, aveugle, partage sa vie avec trois épouses, également atteintes de cécité. Ensemble, ils élèvent seize enfants et un dix-septième est en route. Leur […]]]>

Dans le quartier de Kagbelen, situé dans la commune éponyme en périphérie de Conakry, une famille pas comme les autres lutte au quotidien pour survivre dans des conditions extrêmes. Ibrahima Sory Camara, aveugle, partage sa vie avec trois épouses, également atteintes de cécité. Ensemble, ils élèvent seize enfants et un dix-septième est en route. Leur histoire, aussi bouleversante qu’inspirante, est un cri du cœur lancé à la nation.

Le mardi 8 juillet 2025, un reporter de Planète7.info s’est rendu dans cette concession précaire où se joue chaque jour un drame humain, invisible aux yeux de la société.

Djenaba Sylla, l’une des épouses, attend un nouvel enfant. Elle revient sur les origines de son handicap : « La maladie m’a frappée dès mon jeune âge. Mes parents ont tout tenté pour me soigner, mais rien n’y a fait. C’est ainsi que j’ai rencontré mon mari. Malgré notre handicap, nous avons fondé une famille. Mais notre quotidien est une véritable épreuve. Nous vivons dans un endroit insalubre, sans toilettes. Pour satisfaire nos besoins, nous devons attendre que les propriétaires des lieux se réveillent. Nous lançons un appel pressant aux autorités et aux bonnes volontés pour nous venir en aide. »

Fatoumata Bangoura, la seconde épouse, n’est pas née aveugle. Elle raconte : « Tout a commencé par un simple bouton sur l’œil. Ensuite, mes larmes coulaient sans cesse. Malgré les traitements engagés, la maladie a fini par l’emporter sur moi. Aujourd’hui, je suis privée de vue. J’ai eu cinq enfants avec mon mari, mais la situation dans laquelle nous vivons est inhumaine. L’endroit est insalubre, les enfants dorment à même le sol, et nous manquons de tout. Nous demandons de l’aide à tous les niveaux, surtout pour offrir un avenir digne à nos enfants. »

Pour Marima Soumah, la troisième épouse, la cécité remonte à 2007. « Ce n’est pas une maladie de naissance. Tout a commencé par des douleurs oculaires, puis les médecins ont fini par déclarer que mes nerfs optiques étaient endommagés. Depuis, ma vue s’est dégradée jusqu’à disparaître totalement. Ce que vivent mes coépouses, je le vis également. Mais ce qui me préoccupe le plus, ce sont nos enfants. Les autorités luttent contre la mendicité infantile, et nous soutenons cette volonté. Mais sans aides sociales, comment survivre ? Certains d’entre nous doivent jusqu’à six mois de loyer. Nous sommes parfois obligées de mendier, même sous la pluie. Et ici, nous vivons sans toilettes ni eau potable. »

Le cas de la famille Camara soulève des questions fondamentales sur la prise en charge des personnes vulnérables en Guinée, en particulier celles vivant avec un handicap. Comment une famille entière, confrontée à une telle fragilité, peut-elle être aussi oubliée ? Cette situation interpelle autant les pouvoirs publics que la société civile.

Alors que le pays s’engage dans des politiques de lutte contre la mendicité et pour l’inclusion, cette famille représente le visage de ceux qui, sans soutien, sont contraints de survivre dans la marginalisation la plus totale.

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

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Ramadan et carême : quand les travailleuses du sexe affrontent la disette et l’oubli https://planete7.info/ramadan-et-careme-quand-les-travailleuses-du-sexe-affrontent-la-disette-et-loubli/ Wed, 12 Mar 2025 00:14:28 +0000 https://planete7.info/?p=39255 Alors que le mois de Ramadan et le carême imposent un temps de recueillement et de privation pour les fidèles musulmans et chrétiens, un autre pan de la société subit de plein fouet cette période de pénitence : les travailleuses du sexe. Dans un bar de la haute banlieue de Conakry, l’ambiance est morose. Clients […]]]>

Alors que le mois de Ramadan et le carême imposent un temps de recueillement et de privation pour les fidèles musulmans et chrétiens, un autre pan de la société subit de plein fouet cette période de pénitence : les travailleuses du sexe. Dans un bar de la haute banlieue de Conakry, l’ambiance est morose. Clients absents, revenus en chute libre, résidentes en nombre réduit… La crise est bien réelle.

Dans l’un des bars où ces activités sont discrètement exercées, R.G., le gérant des lieux, observe une baisse drastique de la fréquentation. « Avant le Ramadan, nous pouvions réaliser jusqu’à 8 millions de francs guinéens en une soirée. Aujourd’hui, atteindre ne serait-ce qu’un million est un défi », confie-t-il, le regard inquiet. La salle VIP, autrefois animée, est désormais l’unique espace encore fréquenté, mais en effectif réduit.

« Les week-ends apportent une légère amélioration, mais rien de comparable aux affluences habituelles. Quant aux vendredis, c’est le pire jour : la journée est vide, et la nuit à peine plus animée », poursuit-il.

Les conséquences s’étendent bien au-delà des pertes économiques pour le bar. R.G. explique que de nombreuses travailleuses du sexe ont déserté les lieux. « Celles qui restent sont majoritairement des résidentes, elles vivent ici en permanence. Mais en vérité, il n’y a presque pas de travail. Certaines ont préféré rester chez elles, faute de clients. »

Le tarif des chambres, fixé à 30 000 francs guinéens, demeure inchangé, mais les transactions entre clientes et travailleurs du sexe, elles, deviennent plus incertaines.

Parmi celles qui ont choisi de rester, Makinine, une jeune femme au regard las, raconte son quotidien devenu précaire. « Depuis le début du Ramadan, les clients se font extrêmement rares. Avant, nous arrivions à tirer un peu de revenus, mais aujourd’hui, il faut s’adapter. »

Les prix, jadis négociés à la hausse, ont chuté. « Cela varie entre 20 000 et 30 000 francs guinéens. Parfois, on n’a pas d’autre choix que d’accepter les offres les plus basses, car c’est notre seul moyen de subsistance. Plus le client paie, plus il est satisfait, mais en ce moment, nous n’avons pas vraiment de marge de manœuvre », explique-t-elle.

Paradoxalement, malgré son activité, Makinine observe le jeûne. « Je suis musulmane. Une fois la nuit tombée, nous essayons d’acheter quelque chose à manger, puis nous continuons à attendre d’éventuels clients jusqu’à la fin du mois saint. »

B.K., une autre travailleuse du sexe rencontrée sur place, partage le même constat amer. « Les gens nous jugent sans connaître nos réalités. Chacun vit comme il peut. En ce moment, c’est une période très difficile pour nous. Avant, je pouvais gagner jusqu’à 300 000 GNF par nuit, mais aujourd’hui, obtenir 100 000 GNF relève de l’exploit. »

Elle insiste sur la baisse drastique de la demande : « Même la nuit, ce n’est plus comme avant. La plupart des clients jeûnent et évitent les sorties. » Son mode de tarification est clair : « Moi, je prends à partir de 50 000 GNF par éjaculation. Pour les autres, cela dépend d’elles, chacun gère son propre corps. »

Loin d’être un phénomène marginal, la prostitution demeure l’un des plus anciens métiers du monde. Si certains pays ont choisi de l’encadrer légalement, en Guinée, il reste un sujet tabou, souvent perçu comme une activité honteuse. Pourtant, derrière chaque visage se cache une histoire, un combat quotidien pour la survie.

À l’heure où la pénitence religieuse impose des restrictions à une majorité de la population, ces femmes, elles, continuent de naviguer entre précarité, stigmatisation et espoir d’un lendemain meilleur.

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

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