Pauvreté – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Mon, 27 Jul 2026 16:20:53 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.2 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Pauvreté – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 De Télimélé à Conakry : le combat silencieux de Mamadou Saliou Bah pour sortir sa famille de la précarité https://planete7.info/de-telimele-a-conakry-le-combat-silencieux-de-mamadou-saliou-bah-pour-sortir-sa-famille-de-la-precarite/ Mon, 27 Jul 2026 16:19:06 +0000 https://planete7.info/?p=60235 À Conakry, ils sont des centaines, parfois des milliers, à parcourir chaque jour les rues encombrées, des marchandises à la main, dans l’espoir de vendre quelques articles avant la tombée de la nuit. Derrière ces visages souvent anonymes se cachent des histoires de résilience, de renoncements et de rêves inachevés. Celle de Mamadou Saliou Bah […]]]>

À Conakry, ils sont des centaines, parfois des milliers, à parcourir chaque jour les rues encombrées, des marchandises à la main, dans l’espoir de vendre quelques articles avant la tombée de la nuit. Derrière ces visages souvent anonymes se cachent des histoires de résilience, de renoncements et de rêves inachevés. Celle de Mamadou Saliou Bah en est une illustration poignante.

Originaire de Télimélé, le jeune homme a quitté son village avec l’espoir d’offrir un avenir meilleur à sa famille et d’échapper à la précarité qui frappe de nombreux jeunes Guinéens. Comme beaucoup d’autres, il a rejoint la capitale avec la conviction que Conakry lui ouvrirait les portes d’une vie plus stable. Mais la réalité s’est révélée bien différente.

Contraint d’abandonner ses études faute de moyens financiers, Mamadou Saliou s’est retrouvé très tôt confronté aux dures réalités du monde du travail.

« J’étais au village. Quand je suis arrivé à Conakry, je faisais le carrelage, mais j’ai perdu tout contact avec mon maître. Depuis, je me retrouve dans cette activité pour pouvoir survivre », confie-t-il.

Aujourd’hui, il gagne sa vie comme vendeur ambulant. Chaque matin, il sillonne les quartiers et les grands axes de la capitale, affrontant la chaleur, la pluie et les longues heures de marche. Son objectif est simple : vendre suffisamment pour couvrir ses besoins quotidiens et envoyer, lorsque cela est possible, quelques francs guinéens à ses parents restés au village.

Chaque journée est une bataille. Selon lui, les recettes varient entre 100 000 et 150 000 francs guinéens, une somme qui comprend à la fois le coût d’achat des marchandises et le bénéfice réalisé. Un revenu modeste, souvent insuffisant face au coût de la vie, mais qu’il considère comme un moyen de préserver sa dignité en attendant des jours meilleurs.

Pour autant, Mamadou Saliou refuse de considérer la vente ambulante comme une finalité. Derrière son sourire discret se cache une ambition intacte : retrouver le métier de carreleur qu’il exerçait auparavant ou bénéficier d’une formation professionnelle susceptible de lui ouvrir de nouvelles perspectives.

Son plus grand souhait est d’apprendre un métier stable, de construire sa propre vie et, surtout, de pouvoir offrir un avenir plus serein à sa famille. C’est pourquoi il lance un appel aux personnes de bonne volonté, aux entreprises, aux centres de formation ainsi qu’aux organisations susceptibles de lui tendre la main afin de reprendre une formation ou d’accéder à un emploi.

L’histoire de Mamadou Saliou Bah dépasse son destin personnel. Elle reflète la réalité de nombreux jeunes Guinéens contraints de quitter leur localité d’origine pour chercher une opportunité dans la capitale. Beaucoup abandonnent leurs études, enchaînent les petits métiers et affrontent chaque jour l’incertitude, sans jamais renoncer à l’espoir d’une vie meilleure.

Derrière chaque vendeur ambulant que l’on croise au détour d’une rue se cache souvent un parcours marqué par les sacrifices, le courage et la détermination. Des histoires rarement racontées, mais qui rappellent que, malgré les difficultés, une partie de la jeunesse guinéenne continue de se battre avec dignité pour construire son avenir.

Toute personne, entreprise ou structure désireuse d’accompagner Mamadou Saliou Bah dans sa réinsertion professionnelle ou de lui offrir une opportunité de formation peut prendre contact avec notre rédaction. Nous faciliterons la mise en relation afin que cet élan de solidarité puisse, peut-être, changer le cours de son histoire.

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

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Kiria, sur les hauteurs du mont Gangan : l’urgence silencieuse d’un village coupé du monde https://planete7.info/kiria-sur-les-hauteurs-du-mont-gangan-lurgence-silencieuse-dun-village-coupe-du-monde/ Tue, 21 Apr 2026 17:56:47 +0000 https://planete7.info/?p=54211 À seulement une dizaine de kilomètres de Kindia, le secteur de Kiria, niché sur les pentes du mont Gangan, incarne une réalité souvent ignorée : celle d’un isolement extrême aux portes de la ville. Ici, l’absence de route praticable, d’eau potable et d’infrastructures essentielles condamne des centaines d’habitants à une vie de privations, dans un […]]]>

À seulement une dizaine de kilomètres de Kindia, le secteur de Kiria, niché sur les pentes du mont Gangan, incarne une réalité souvent ignorée : celle d’un isolement extrême aux portes de la ville. Ici, l’absence de route praticable, d’eau potable et d’infrastructures essentielles condamne des centaines d’habitants à une vie de privations, dans un environnement aussi difficile qu’oublié.


Relevant du quartier Tafory, Kiria semble pourtant hors du temps. Aucun accès routier digne de ce nom ne permet de relier facilement la localité au centre urbain. Chaque déplacement devient une épreuve physique, notamment pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées. L’enclavement est total, et ses conséquences sont visibles à tous les niveaux.


Autrefois, le village tirait sa vitalité économique de ses plantations de bananiers. Ce commerce florissant attirait régulièrement des commerçantes venues de Kindia. Aujourd’hui, cette activité s’est effondrée. Les plantations, frappées par des maladies persistantes, ont été en grande partie détruites, plongeant les familles dans une précarité accrue.

Face à cette situation, les habitants expriment une détresse profonde. L’imam du village, Naby Moussa Soumah, dresse un constat sans détour :
« Notre vie repose sur l’agriculture, notamment le riz et la banane. Mais aujourd’hui, nos cultures sont ravagées. À cela s’ajoute l’absence de route. Aller en ville est devenu un véritable calvaire. Nous n’avons ni école, ni centre de santé, ni mosquée. Les enfants doivent parcourir de longues distances à travers la montagne pour étudier. Les plus petits en sont incapables. Si ce n’était pas notre terre natale, nous serions partis depuis longtemps. Mais nous restons, et nous demandons de l’aide. »

Dans ce quotidien éprouvant, les femmes paient le prix le plus lourd. Privées d’accès aux soins et à l’eau potable, elles se battent chaque jour pour subvenir aux besoins de leurs familles. Fatou Camara témoigne d’une réalité alarmante : « Nous vivons dans une souffrance permanente. Avec la disparition des bananeraies, nous avons perdu notre principale source de revenus. Aujourd’hui, nous ramassons du bois que nous allons vendre en ville. Lorsqu’une femme est sur le point d’accoucher, elle est transportée à dos d’homme ou dans un filet jusqu’au centre de santé. C’est dangereux et humiliant. L’eau est un autre grand problème. En saison sèche, la situation devient critique. Nous partons chercher de l’eau dès l’aube et attendons parfois des heures. L’eau disponible est souvent impropre, même pour les tâches domestiques. »

À Kiria, chaque besoin vital devient un combat quotidien. L’accès à l’éducation, à la santé et à l’eau reste un luxe inaccessible. Malgré tout, les habitants refusent d’abandonner leur terre, portés par un attachement profond à leurs racines.

Aujourd’hui, leur appel est clair : sortir de l’oubli. Route, eau potable, centre de santé, école… autant d’infrastructures indispensables pour redonner espoir à cette communauté. À quelques kilomètres seulement de Kindia, Kiria rappelle avec force qu’au-delà des discours sur le développement, certaines localités continuent de lutter pour leur survie, dans une indifférence quasi totale.

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info 

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