Nimba Gold Refinery – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Sun, 01 Nov 2026 17:47:03 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Nimba Gold Refinery – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Guinée : Mamadi Doumbouya inaugure Nimba Gold Refinery, un tournant annoncé pour la filière aurifère https://planete7.info/guinee-mamadi-doumbouya-inaugure-nimba-gold-refinery-un-tournant-annonce-pour-la-filiere-aurifere/ Sun, 01 Nov 2026 17:47:03 +0000 https://planete7.info/?p=67183 À Gbessia, le président de la République a inauguré, ce dimanche 1er novembre 2026, Nimba Gold Refinery, une infrastructure destinée à renforcer la transformation locale de l’or. Dotée, selon ses responsables, d’une capacité annuelle de raffinage de 733 tonnes, l’installation porte les ambitions industrielles des autorités guinéennes, qui veulent accroître la valeur ajoutée tirée des […]]]>

À Gbessia, le président de la République a inauguré, ce dimanche 1er novembre 2026, Nimba Gold Refinery, une infrastructure destinée à renforcer la transformation locale de l’or. Dotée, selon ses responsables, d’une capacité annuelle de raffinage de 733 tonnes, l’installation porte les ambitions industrielles des autorités guinéennes, qui veulent accroître la valeur ajoutée tirée des ressources minières nationales.

La Guinée entend désormais franchir une nouvelle étape dans la valorisation de son or. Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a procédé, ce dimanche 1er novembre 2026, à l’inauguration de Nimba Gold Refinery, une raffinerie d’or implantée dans la commune de Gbessia, à Conakry. Présentée comme une infrastructure stratégique pour le développement industriel du pays, elle ambitionne de permettre à la Guinée de transformer une partie de ses ressources aurifères sur son propre territoire.  

La cérémonie a réuni plusieurs hautes personnalités de l’État, dont le Premier ministre Amadou Oury Bah, le ministre directeur de cabinet de la présidence et président du comité stratégique de Simandou, Djiba Diakité, ainsi que le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla. Des représentants des institutions publiques, du secteur minier, des comptoirs d’achat d’or et du corps diplomatique ont également pris part à l’événement.

Au-delà de l’inauguration d’un nouvel équipement industriel, les autorités y voient une étape supplémentaire dans leur volonté de rompre avec un modèle économique largement fondé sur l’exportation des matières premières à l’état brut.

Prenant la parole lors de la cérémonie, le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a présenté l’ouverture de cette raffinerie comme une avancée majeure pour l’économie guinéenne. Il a notamment insisté sur le manque à gagner lié, pendant de nombreuses années, à l’exportation de l’or sans transformation locale.

« Depuis des siècles, la Guinée a exploité et exporté l’or à l’état brut. Si notre pays figure parmi les producteurs importants de l’or en Afrique de l’Ouest, la valeur ajoutée générée par le raffinage ne profitait pas à notre pays. Aujourd’hui, cette époque est révolue », a-t-il déclaré.

Pour le ministre, la mise en service de cette infrastructure doit contribuer à la création d’emplois, au développement des compétences techniques et à l’accroissement des revenus générés par la filière aurifère.

Bouna Sylla a également souligné que le projet s’inscrit dans la vision du programme Simandou 2040, qui place la transformation locale et la création de valeur au cœur de la stratégie de développement économique du pays.

« Faire en sorte que l’or guinéen crée davantage de richesses en Guinée et pour les Guinéens », a-t-il résumé, en présentant cette ambition comme l’un des objectifs majeurs de la politique minière nationale.

Le gouvernement souhaite ainsi faire de la Guinée un centre régional de transformation des ressources minières et un modèle africain de création de valeur ajoutée à partir des richesses naturelles.

Au nom de Nimba Gold Refinery, Moussa Magassouba a, pour sa part, présenté les caractéristiques et les ambitions économiques de l’installation. Selon lui, la raffinerie dispose d’une capacité annuelle de traitement de 733 tonnes d’or.

Il a également avancé une estimation financière importante : à 50 % de sa capacité nominale, l’infrastructure pourrait générer un flux financier annuel de 4,5 milliards de dollars américains.

Cette projection, annoncée par le représentant de l’entreprise, souligne les ambitions placées dans le projet. Elle ne constitue toutefois pas, à elle seule, une garantie de revenus effectivement générés pour l’économie guinéenne. Les retombées dépendront notamment du volume d’or traité, des conditions d’exploitation et des flux financiers réellement captés dans le pays.

Pour Moussa Magassouba, l’enjeu dépasse les performances industrielles de l’installation.

« Une nation riche en ressources minérales comme la nôtre ne peut durablement bâtir sa prospérité en se contentant d’extraire des substances brutes : elle doit acquérir les infrastructures, les technologies et les compétences nécessaires pour les transformer sur place », a-t-il expliqué.

Le responsable de Nimba Gold Refinery a également insisté sur les engagements de l’entreprise en matière d’emploi, de formation et de transfert de compétences au profit des travailleurs guinéens.

« Nous comptons créer des emplois qualifiés et durables pour les Guinéens, transférer des compétences techniques à notre jeunesse, développer des partenariats solides et renforcer la traçabilité de la filière », a-t-il assuré.

L’entreprise affirme vouloir faire de cette installation une référence industrielle en Afrique, en s’appuyant sur la transparence, la sécurité, la performance et le respect des normes internationales.

Au cours de son intervention, Bouna Sylla a également évoqué les mesures envisagées par les autorités pour améliorer la gouvernance de la filière aurifère.

Le ministre a notamment annoncé que l’État prévoit d’acheter, en francs guinéens, jusqu’à 30 % de la production des sociétés aurifères industrielles et semi-industrielles, conformément aux dispositions en vigueur.

Selon lui, cette mesure doit contribuer au renforcement des réserves de change de la Banque centrale de la République de Guinée et à la stabilité macroéconomique du pays.

Le gouvernement entend par ailleurs renforcer la traçabilité de l’or, dans un secteur où l’exploitation artisanale occupe une place importante. Bouna Sylla a indiqué que la production aurifère nationale est dominée à hauteur de 70 % par cette forme d’exploitation. Les autorités souhaitent faire évoluer cette répartition en faveur des activités industrielles et semi-industrielles, tout en améliorant le suivi de la production et des circuits de commercialisation.

Ces objectifs placent la gouvernance du secteur au centre des enjeux liés à la nouvelle raffinerie. La transformation locale ne pourra produire tous les effets économiques attendus sans des mécanismes efficaces de traçabilité, de contrôle et de mobilisation des revenus.

Pour les autorités communales, l’implantation de Nimba Gold Refinery constitue également une opportunité pour le développement local.

Dans son allocution de bienvenue, le maire de Gbessia, Mamadou Saliou Fofana, a salué le choix porté sur sa commune pour accueillir cette infrastructure. Il a présenté le projet comme un signe de la capacité de Gbessia à attirer des investissements industriels d’envergure.

Au nom du conseil communal et des populations, il a félicité les promoteurs de la raffinerie et assuré que la commune entend accompagner l’entreprise dans son implantation.

Cette dimension locale est importante, alors que les attentes autour de la transformation des ressources minières concernent aussi les possibilités d’emploi, la formation des jeunes et les activités économiques susceptibles de se développer autour des nouvelles installations industrielles.

Reste à mesurer, dans la durée, la portée de ces retombées pour les populations riveraines et pour l’économie nationale.

Avec l’inauguration de Nimba Gold Refinery, la Guinée affiche son ambition de mieux valoriser son potentiel aurifère et de conserver sur son territoire une part plus importante de la valeur créée par ses ressources naturelles.

Le projet s’inscrit dans une orientation plus large portée par le programme Simandou 2040 : faire de la transformation locale un levier d’industrialisation, de création d’emplois et de diversification économique.

Toutefois, l’ouverture de la raffinerie ne constitue qu’une première étape. La concrétisation des ambitions annoncées dépendra de sa capacité à fonctionner dans la durée, à attirer des volumes suffisants d’or, à respecter les exigences de traçabilité et à générer des retombées économiques effectivement mesurables.

Pour la Guinée, le défi est désormais de transformer cette nouvelle capacité industrielle en bénéfices tangibles pour l’État, les entreprises locales et les populations.

Car, au-delà de la transformation de l’or, c’est bien la capacité du pays à convertir ses ressources minières en richesse durable qui se trouve en jeu.

Mountaga Pandiara Diallo pour planète7.info 

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