Mohamed Bazoum – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Fri, 11 Aug 2023 02:11:26 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Mohamed Bazoum – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Situation Politique au Niger : voici le communique Final sur le deuxième Sommet Extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO https://planete7.info/situation-politique-au-niger-voici-le-communique-final-sur-le-deuxieme-sommet-extraordinaire-de-la-conference-des-chefs-detat-et-de-gouvernement-de-la-cedeao/ https://planete7.info/situation-politique-au-niger-voici-le-communique-final-sur-le-deuxieme-sommet-extraordinaire-de-la-conference-des-chefs-detat-et-de-gouvernement-de-la-cedeao/#respond Fri, 11 Aug 2023 02:03:59 +0000 https://planete7.info/?p=22763 ]]>

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Crise Nigérienne : la CEDEAO convoque un nouveau sommet le 10 août prochain ! https://planete7.info/crise-nigerienne-la-cedeao-convoque-un-nouveau-sommet-le-10-aout-prochain/ https://planete7.info/crise-nigerienne-la-cedeao-convoque-un-nouveau-sommet-le-10-aout-prochain/#respond Mon, 07 Aug 2023 14:59:23 +0000 https://planete7.info/?p=22680 Dans un communiqué publié ce lundi 7 août 2023, la CEDEAO annonce un nouveau sommet pour discuter encore de la situation qui prévaut au Niger après le coup d’état qui a renversé le président démocratiquement élu, Mohamed Bazoum par les forces armées nigériennes. Dans sa communication, l’instance souligne lors de cette rencontre prévue le 10 […]]]>

Dans un communiqué publié ce lundi 7 août 2023, la CEDEAO annonce un nouveau sommet pour discuter encore de la situation qui prévaut au Niger après le coup d’état qui a renversé le président démocratiquement élu, Mohamed Bazoum par les forces armées nigériennes.

Dans sa communication, l’instance souligne lors de cette rencontre prévue le 10 août prochain les discussions tourneront au tour des récents développements au Niger.

Ci-dessous le communiqué de la CEDEAO :

Nouveau Sommet extraordinaire des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO prévu sur la situation politique au Niger Le Président Bola Ahmed Tinubu, Président de la République fédérale du Nigeria et Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a convoqué un nouveau Sommet Extraordinaire de la Conférence sur la situation politique en République du Niger. Ledit Sommet est prévu à Abuja, au Nigeria, le jeudi 10 août 2023.

Au cours de cette rencontre, les dirigeants de l’organisation ouest-africaine se pencheront sur la situation politique et les récents développements au Niger.

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Crise au Niger : La lucidité du CNRD corroborée par la position des sociétés civiles Ouest-africaines (Par Mandian Sidibé) https://planete7.info/crise-au-niger-la-lucidite-du-cnrd-corroboree-par-la-position-des-societes-civiles-ouest-africaines-par-mandian-sidibe/ https://planete7.info/crise-au-niger-la-lucidite-du-cnrd-corroboree-par-la-position-des-societes-civiles-ouest-africaines-par-mandian-sidibe/#respond Sun, 06 Aug 2023 23:35:09 +0000 https://planete7.info/?p=22665 L’ultimatum de la CEDEAO pour faire la guerre au Niger a expiré cette nuit. Les nouvelles autorités militaires qui ont pris le pouvoir dans ce pays pour plusieurs raisons valables se montrent déterminées à repousser toute agression extérieure. En Guinée, le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) s’est désolidarisé des sanctions financières et […]]]>

L’ultimatum de la CEDEAO pour faire la guerre au Niger a expiré cette nuit. Les nouvelles autorités militaires qui ont pris le pouvoir dans ce pays pour plusieurs raisons valables se montrent déterminées à repousser toute agression extérieure.

En Guinée, le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) s’est désolidarisé des sanctions financières et commerciales prises par l’organisation sous-régionale contre le peuple frère du Niger, d’il y a une semaine. Le CNRD condamne également l’option militaire envisagée pour la remise du pouvoir au président déchu. Pour les autorités guinéennes, une des conséquences dévastatrices de toute intervention militaire conjointe au Niger serait la « dislocation de la CEDEAO ». Alors, la CEDEAO des peuples appelée de leurs vœux par ses citoyens remplacerait la CEDEAO des Chefs d’Etat, qui poursuivent uniquement leurs objectifs communs liés à ceux de leurs maîtres occidentaux? C’est du moins le sentiment général dans les quinze pays de l’espace.

Tout au long de la semaine écoulée, la position clairvoyante du Colonel Mamadi Doumbouya et du CNRD trouve un écho favorable, non seulement au sein de la jeunesse, des populations et parmi les influenceurs de l’Afrique Occidentale, mais également auprès du Président libérien, Son Excellence Monsieur George Weah, d’anciens hauts gradés et de spécialistes en géopolitique de la sous-région.

La position exemplaire et éclairée du CNRD et de son illustre Président a aussi rencontré l’adhésion d’élus et de ministres occidentaux qui suivent de près l’évolution de la situation au Sahel.

Une intervention militaire au Niger ferait d’innombrables victimes civiles dans ce pays et provoquerait une riposte acharnée et solidaire des États de la région des trois frontières (Mali, Burkina Faso et Niger). Ces trois pays ont des dizaines de milliers de soldats expérimentés et aguerris par les combats incessants contre les incursions terroristes dans le Sahel. Ils possèdent d’armements redoutables comme les forces armées guinéennes. Ils sont capables d’infliger de lourdes pertes aux envahisseurs et même de frapper les pays voisins qui fourniraient des troupes et un arsenal militaire à la CEDEAO pour qu’elle mène une offensive mortelle et inhumaine contre un pays frère et souverain.

En tout cas, les autorités militaires nigériennes ont été claires là-dessus. Toute opération conjointe contre leur territoire entraînerait une réaction violente et légitime dirigée vers les pays voisins participants. Ce serait une guerre fratricide sans merci, dont la responsabilité historique incomberait entièrement aux Chefs d’Etat de la CEDEAO qui se laisseraient embarquer dans cette entreprise cruelle par des puissances étrangères motivées uniquement par la sauvegarde de leurs intérêts économiques et géostratégiques au Niger, en particulier, et au Sahel, en général.

Les conséquences d’une guerre de la CEDEAO et de ses alliés étrangers contre un pays du Sahel seraient incalculables. Il est bien admis que l’enjeu majeur pour les Etats du Sahel est le défi sécuritaire à relever face à la mouvance terroriste qui sévit dans la région à partir du nord du Nigéria et des vastes étendues semi-désertiques du Sahara. C’est un problème chronique et lancinant qui a entraîné d’énormes pertes militaires et civiles mais aussi qui grève le budget national, normalement affecté, en priorité, au développement socio-économique.

C’est aussi un problème que les Chefs d’Etat civils ainsi que les Casques bleus et les troupes d’appui occidentales ont peiné à résoudre ou en tout cas à endiguer.

Ce constat alarmant a amené successivement les armées malienne, burkinabè et nigérienne à prendre les destinés de leur pays en main pour assumer leur vocation, à savoir défendre l’intégrité du territoire et assurer la sécurité des personnes et des biens tout particulièrement sur les zones les plus vulnérables afin de permettre aux populations déplacées par l’insécurité de revenir sur leurs terres et d’y vivre paisiblement. C’est certes un travail de longue haleine, mais seule une transition militaire peut faciliter la faisabilité.

Le cas de la Guinée est lié à la crise sociale et politique née d’un troisième mandat illégal, mais il présente aussi un aspect sécuritaire évident puisque le terrorisme menace toute la région ouest-africaine. On a constaté, avec surprise, lors de l’attentat terroriste sanglant perpétré à partir de la mer en mars 2016 sur la plage de Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, que les djihadistes veulent s’emparer de tous les Etats de la CEDEAO, avoir un vaste débouché sur la mer et frapper facilement l’Europe chaque fois qu’ils le voudront.

Cette réalité devrait amener les Chefs d’Etat de la CEDEAO à revenir à de meilleurs sentiments, comme le préconisent le CNRD et le gouvernement guinéen. Il faut absolument mettre dans la balance le risque que leur projet d’invasion du Niger ne soit du pain bénit pour la mouvance terroriste dans la zone sahélo-saharienne, c’est-à-dire une opportunité pour elle de profiter du chaos engendré pour s’infiltrer plus en avant dans le pays comme le ver dans le fruit.

Là où il y a guerre, il y a chaos et là où il y a chaos, il y a opportunités pour ceux qui les guettent.

A l’évidence, la lutte contre le terrorisme ne peut être menée efficacement en Afrique par des civils. L’alternative pour la CEDEAO est, soit engager les hostilités contre le Niger sans avoir aucune certitude de parvenir à ses objectifs, sauf à prendre le risque d’engendrer un bilan humain et matériel très lourd avec pour premières victimes collatérales potentielles le président déchu lui-même que l’on veut rétablir dans ses fonctions ainsi que sa famille, soit s’incliner devant le fait accompli, reconnaître la souveraineté des États et négocier avec les nouvelles autorités nigériennes pour une libération de tous les dignitaires détenus, une transition apaisée et concertée et un front commun contre le terrorisme qui mine la vie politique, économique et sociale du Sahel. Cette dernière option est celle de la sagesse et du bon sens géopolitique. C’est aussi une question de survie pour la CEDEAO elle-même.

Le vin est tiré, il faut le boire.

 

Mandian SIDIBE

Journaliste

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Solution militaire de la CEDEAO à la crise nigérienne, la vraie fausse solution ou le remède pire que le mal ! https://planete7.info/solution-militaire-de-la-cedeao-a-la-crise-nigerienne-la-vraie-fausse-solution-ou-le-remede-pire-que-le-mal/ https://planete7.info/solution-militaire-de-la-cedeao-a-la-crise-nigerienne-la-vraie-fausse-solution-ou-le-remede-pire-que-le-mal/#respond Sun, 06 Aug 2023 00:11:52 +0000 https://planete7.info/?p=22659 Ce dimanche, 6 aout courant, l’ultimatum donné par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) pour débarrasser le plancher du pouvoir à Niamey arrive à expiration, alors que les nouveaux maîtres du Niger n’ont pas encore coopéré à l’effet d’une solution pacifique […]]]>

Ce dimanche, 6 aout courant, l’ultimatum donné par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) pour débarrasser le plancher du pouvoir à Niamey arrive à expiration, alors que les nouveaux maîtres du Niger n’ont pas encore coopéré à l’effet d’une solution pacifique à la crise.

Normalement, la fin de cet épisode sonne le glas des solutions négociées à la crise et ouvre la voie au recours à la force tel qu’annoncé par les dirigeants de l’organisation communautaire en vue du rétablissement de l’ordre constitutionnel et démocratique.

Simple coup de bluff ou menace sérieuse, la posture de la CEDEAO dans la crise nigérienne qui provoque la surprise générale tranche avec son traditionnel mutisme et inaction dans la gestion des putschs, divise profondément dans les opinions nationales ouest-africaines, jusque dans les palais.

Ainsi, au moment où Abuja, Dakar, Abidjan, Lomé ou encore Cotonou et autres haussent le ton et coalisent leurs armées pour donner suite à la solution de la force derrière la CEDEAO; Bamako, Ouagadougou et encore Conakry, dans une certaine mesure, quant à eux, frappés par le même sort, resserrent les rangs derrière Niamey et avertissent qu’une telle démarche sonnerait comme un casus belli.

Désormais, au regard de cette fracture dans les prises de position des capitales sous-régionales, il est clair que dans cette crise qui oppose les pro démocratie et pro putsch se jouent sérieusement le destin des peuples de l’ouest africain ainsi que le sort de la démocratie et la cohabitation pacifique des peuples dans cette partie du continent.

De part et d’autre, au-delà des aspects simplistes et apparents, la crise revêt une dimension bien plus profonde et complexe aux enjeux majeurs et dont les parties prenantes sont loin d’être les seuls acteurs nationaux et de la sous-région, connus. La zone et dans une large mesure, le continent est devenu le théâtre de jeux géopolitique et géostratégique de certaines puissances, en l’occurrence, la France et la Russie.

Elle implique aussi et surtout une crise des relations franco-africaines au regard du sentiment nationaliste grandissant et celui du rejet de la France, ancienne Métropole qui a le vent en poupe, dans la zone et qui, à tort ou à raison, est soupçonnée de tirer les ficelles de la CEDEAO.

En outre, il y a la question de la stabilité des États et la sureté des pouvoirs civils de plus en plus remis en cause ainsi que celle de la survie de l’institution sous-régionale qui sont en jeu aujourd’hui dans un contexte de menace existentielle du gouvernement du peuple et d’intégration politique.

Pour ma part, au regard des données de la crise et de ses enjeux, le recours à la force envisagé apparait comme une vraie fausse solution au problème, un remède pire que le mal.

Les conséquences graves et durables éventuelles sur l’unité, la souveraineté et la stabilité de l’Etat du Niger et les répercussions dans la sous-région d’une telle solution sont davantage plus importantes que celles qui s’attachent aujourd’hui à la survenance de ce coup de force.

Dans cette solution annoncée, le lourd tribut à payer par le peuple du Niger et les peuples voisins en terme de drames humains, matériels et financiers à venir, le renforcement des mouvements terroristes dans la zone, la remise en cause du « vivre ensemble » sont des risques trop importants et graves à ne pas courir du tout.

Évidemment, l’irruption de l’armée sur les scènes publiques nationales constitue une anomalie inacceptable qui empiète sur la promotion de la démocratie, les droits de l’Homme, la stabilité des Etats et même la survie de nos sociétés politiques. Elle se présente comme un obstacle de taille au développement et doit être comprise en tant que telle et la circonscrire pour le bien des sociétés africaines.

A Niamey, Ouagadougou, Bamako ou Conakry ou bien même ailleurs, dans d’autres régions du continent et du monde, la prise du pouvoir par la force ne saurait être la solution aux crises que traversent les sociétés.

D’ailleurs, l’argument des problèmes de gouvernance évoqué pour s’emparer du pouvoir n’est pas aussi recevable tout comme les solutions qu’on entend préconiser ici et là pour apporter le changement dans nos États.

Ici et ailleurs, le propre des États est d’être toujours confronté à des problèmes de société qui ne finiront jamais. Et tout régime fait, à un moment donné ou à un autre, face à des problèmes de gouvernance dont la nature et l’ampleur peuvent différées d’un Etat à un autre, ou encore la résilience et les capacités à les résoudre peuvent changer d’un régime à un autre.

Mais au bout du compte, jamais la prise du pouvoir par la force ne saurait être une solution. Pour faire simple, elle convoque à l’esprit cette image : mon médecin a du mal à me soigner, mais cela en vaut-il la peine que je le remplace par un charpentier. Avec toute la volonté du monde, la certitude qu’il ne saurait réussir ma guérison l’emportera sur tout.

Alors, au visa de cela, la grande muette doit se cantonner dans la sphère qui lui est réservée de droit dans la société en exécutant les fonctions régaliennes qui lui sont dévolues dans la République, défendre l’intégrité territoriale et l’indépendance nationale. L’ensemble des autres acteurs publics doit œuvrer dans le respect des principes édictés dans l’organisation et le fonctionnement de la Cité. C’est le jeu auquel nous devons jouer chacun suivant sa partition et sous le commandement de la loi.

Malgré ces aspects, l’option de la force dans la crise nigérienne est totalement à écarter et constituerait à coup sûr un véritable échec de la CEDEAO aux conséquences épouvantables, même dans l’hypothèse où elle aboutirait sur les buts recherchés.

A mon avis, le régime de sanctions mis en place contre ce pays continental et dont les possibilités de les renforcer existent toujours, en regards de la situation, est largement à même de contraindre la junte militaire nigérienne à revenir à de meilleurs sentiments, le retour à l’ordre constitutionnel normal.

Dans un cas ou dans un autre, il faut admettre tout de même que les carottes sont cuites pour le régime déchu, ses acteurs font maintenant partie du problème et non des solutions. Il faut travailler désormais pour des solutions de rechange acceptables et cela dans l’intérêt du Niger et des nigériens.

Ainsi, face à l’injustice de l’action des militaires du CNSP, il ne faut pas courir le risque d’opposer le désordre à venir d’une solution armée à la crise. Tout le monde y perdra en fin de compte : le Niger, la CEDEAO, la sous-région et la diplomatie internationale.

Et cela, la CEDEAO devra l’entendre de cette oreille et mettre le cœur à l’ouvrage d’une issue pacifique qui préserve le Niger, l’ouest africain d’une crise grave et durable aux conséquences incommensurables, susceptibles d’affecter la vie et les rêves de plusieurs millions de personnes et de plusieurs générations d’individus.

 

Bangaly KEITA

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La coercition militaire de la CEDEAO contre les Coups d’Etat militaires en Afrique de l’Ouest https://planete7.info/la-coercition-militaire-de-la-cedeao-contre-les-coups-detat-militaires-en-afrique-de-louest/ https://planete7.info/la-coercition-militaire-de-la-cedeao-contre-les-coups-detat-militaires-en-afrique-de-louest/#respond Tue, 01 Aug 2023 02:59:32 +0000 https://planete7.info/?p=22582 La menace des coups de forces militaires sur la démocratie et sur la stabilité sous-régionale est très inquiétante. L’espace ouest africain vient d’enregistrer son quatrième putsch en l’espace de trois ans – Mali, Guinée, Burkina Faso et aujourd’hui, le Niger. A qui le tour se demande les observateurs ? Ces dernières années, l’agenda de la CEDEAO […]]]>

La menace des coups de forces militaires sur la démocratie et sur la stabilité sous-régionale est très inquiétante. L’espace ouest africain vient d’enregistrer son quatrième putsch en l’espace de trois ans – Mali, Guinée, Burkina Faso et aujourd’hui, le Niger. A qui le tour se demande les observateurs ?

Ces dernières années, l’agenda de la CEDEAO est concentré sur la gestion des crises relatives au Changement Anticonstitutionnel de Gouvernement dans ses Etats membres, en lieu et place, des politiques communautaires de développements, d’environnements, de santés, de gestion des ressources naturelles et de son agenda extérieur à l’UA et à l’ONU et de ses relations bilatérales.

Sous le leadership du président nouvellement élu à la tête de la République Fédérale du Nigéria et à la présidence tournante de la CEDEAO, Bolla TINUBU, l’instance régionale s’engage à y faire face et à mettre un terme à cette entrave à la démocratie, à la sécurité et au développement pour impulser une nouvelle dynamique à l’organisation, axée entre autres sur l’économie, le développement, la protection et la promotion des droits de l’homme, la démocratie et l’Etat de droit.

Pour réagir à la prise du pouvoir par les armes contre un président démocratiquement élu, le président Bazoum au Niger, la CEDEAO s’est réunie hier à Abuja (Nigéria) et a pris des mesures fortes, comparables à celles déjà imposées aux autorités militaires maliennes, guinéennes et burkinabés. Mais, cette fois ci, ces mesures vont au-delà des mesures politiques, diplomatiques, économiques et financières, elles englobement une dimension militaire, mais encore, plus importante, une nouvelle mesure jusque-là méconnue ou en tout cas peu utilisée dans la pratique de la gestion des crises régionales : la non reconnaissance des actes de la junte dans ses rapports avec les autres Etats.

Quelle est la faisabilité d’une intervention militaire de la CEDEAO dans un Etat membre ?

L’action coercitive militaire régionale n’emporte pas les mêmes portées politiques, juridiques, et géopolitiques en comparaison aux mesures coercitives non militaires qui n’exigent pas trop de formalité.

I – les entraves politiques d’une opération militaire de la CEDEAO au Niger

A l’image de l’ONU, la politique coercitive de la CEDEAO en matière de résolution des crises se déploie de manière progressive. Dans un premier temps, on privilégie le dialogue, la médiation. C’est dans ce cadre, que sont nommés des envoyés spéciaux, des médiateurs. En cas d’échec, elle peut entreprendre une action coercitive non militaire (sanction économique et financière). Dans un second temps, elle peut envisager le recours à la force. C’est-à-dire, une intervention militaire sur autorisation du Conseil de sécurité évidemment, si la situation l’exige.

Également, l’ensemble de ce dispositif peut être entrepris en même temps. L’organisation n’est pas tenue de prendre les mesures les moins contraignantes aux mesures plus fermes, de mesures politiques, diplomatiques et économiques aux mesures militaires. Elle a une large manœuvre pour mettre en œuvre son dispositif coercitif.

Une donnée fondamentale gouverne toutefois la politique coercitive en matière de sécurité collective. Il s’agit de la faisabilité de l’action entreprise. C’est d’ailleurs pour cette raison que de nombreuses crises sont passées aux oubliettes à l’ONU et à l’UA.  Quelle est la portée par exemple d’une décision du Conseil de sécurité imposant des sanctions à la Russie ou appelant à intervenir militairement dans ce pays, sans une réelle capacité d’action suite à son agression de l’Ukraine ? Dans cette situation l’organisation concernée met en avant la question de l’effectivité de ses décisions et sa crédibilité. Qu’en est-il des mesures envisagées par la CEDEAO contre les autorités nigériennes ?

Les mesures annoncées par la CEDEAO sont surprenantes et à la limite irréalistes. Imposer un ultimatum d’une semaine pour la CEDEAO et de 15 jours en ce qui concerne l’UA à la junte nigérienne pour dit-on le retour à l’ordre constitutionnel et la restauration du président déchu dans ses fonctions présidentielles nous parait démesurer. La pratique nous enseigne que même l’exigence d’un retour à l’ordre constitutionnel dans les six mois prévus par les mécanismes ne fait pas l’objet d’application. Pour exemple, les transitions guinéennes, maliennes se rapprochent de plus en plus à des mandats électifs sans que l’organisation arrive à trouver une solution rapide. De même, les Etats membres de la CEDEAO qui ne connaissent pas ou peu d’instabilité intentionnelle rencontrent des difficultés pour être dans les délais constitutionnels en ce qui concerne les échéances électorales dans leurs pays. Ainsi, un retour rapide à la situation normale dans les pays en crise n’est pas aisé, d’autant plus que la notion de retour à l’ordre constitutionnel est un concept non défini. S’agit-il de l’ordre antérieur ou d’un nouvel ordre constitutionnel ? S’agira-t-il d’une transition militaire ou civile ou une gestion conjointe entre civiles et militaires ? Ces questions demeurent sans réponses.

La décision la plus surprenante est celle relative à l’exigence de la restauration du président Bazoum dans ses fonctions. Cette mesure est incompréhensible, car dans la pratique, cette approche n’a jamais abouti, en dépit de nombreuses transitions auxquelles la CEDEAO est impliquée. Par ailleurs, il est difficile au regard du contexte actuel, d’imposer aux militaires une transition civile comme par le passé. La jurisprudence malienne est actuelle et peut servir encore d’exemple.

A coté des ses difficultés inhérentes aux organisations internationales et particulièrement à la gestion des crises, l’action de la CEDEAO doit surmonter des contraintes juridiques et géopolitiques.

II- les contraintes juridiques et géopolitiques

Les limites juridiques peuvent être évaluées à deux niveaux. Elles se mesurent dans les rapports entre la CEDEAO et les institutions internationales impliquées en matière de sécurité collective, à savoir l’UA et l’ONU. Dans ses relations avec ces dernières, l’instance sous-régionale se place dans une position de subordination. La légalité de son action en matière militaire est conditionnée par le respect de certains exigences et principes. Ces considérations tournent autour de la conformité des mesures militaires régionales à la Charte des Nations, au premier chef, son Chapitre VII qui encadre le recours à la force. Ainsi, l’action de la CEDEAO pour être légale doit impérativement obtenir une autorisation du Conseil de sécurité qui reste et demeure l’organe principal en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales. Au regard de rapport de forces, des contingences politiques et géopolitiques et des divisions des membres permanents du Conseil de sécurité sur les questions internationales, l’initiative d’une action coercitive militaire de la CEDEAO semble compromise. Il sera difficile pour l’organisation de fédérer un nombre significatif d’Etats aux intérêts divergents à sa cause.

Il connu de tous que les instances africaines sont fortement dépendantes de l’aide extérieur (économique et financière) et du soutien politique et diplomatique de ses partenaires : l’UA, l’UE, l’ONU et les grandes puissances. Sans soutien duquel, l’organisation sera limitée dans ses manœuvres.

L’environnement international avec la crise ukrainienne qui concentre toute l’attention des grandes puissances place les crises africaines au second plan.  Au niveau régional, la CEDEAO fait face à des nombreuses menaces, en dehors des coups d’Etat militaires. Compte tenu des capacités politiques, diplomatiques et financières réduites de l’organisation, elle éprouvera des difficultés énormes pour s’impliquer et gérer tant des crises et menaces. Une opération militaire dans ce contexte ne fera que l’exposer à ses détracteurs et ternira davantage son image. Les interventions extérieures font l’objet d’intense polémique et de contestation. Ainsi, le départ des forces étrangères multilatérales, bilatérales devient presque des exigences pour une partie de l’opinion africaine, en particulier dans la sous-région. Ignorer tous ses aspects et envisager une intervention militaire est suicidaire pour la CEDEAO. Sa crédibilité et l’avenir de l’organisation en dépend largement.

L’autre question qui nécessite une réponse est celle relative aux Etats contributeurs des troupes et la capacité de mobilisation et de déploiement logistique des forces de défense et de sécurité des Etats membres de la CEDEAO. En effet, le Nigéria leadeur historique et puissance régionale est confronté à des difficultés d’ordre sécuritaire interne. Abuja n’arrive pas à éradiquer le phénomène djihadiste sur son territoire. Sa participation et son éventuel commandement d’une force régionale ont des lourdes conséquences politiques intérieures pour les dirigeants nigérians.

Quant au Sénégal, qui est l’un des grands contributeurs des troupes dans les opérations de maintien de la paix, il est dans une année électorale cruciale et connait depuis quelques mois des tensions politiques. Il n’est pas évident également que ce pays participe à une coalition régionale pour s’en prendre à un pays, si on prend en compte des critiques en son encontre pour ses relations poussées avec la France, les Etats Unies et l’UE.

Pour ce qui est du Ghana, qui est un autre pays important au sein de la communauté et contributeur traditionnel de troupes pour les forces régionales, il est embourbé dans des difficultés économiques et financières.

Pour ce qui est de la Côte-d’Ivoire, leadeur des pays francophones, elle n’est pas un bon exemple pour exiger à un autre Etat le respect des principes démocratiques. Elle est rattrapée par son référendum qui a permis de faire sauter les verrous constitutionnels limitant les mandants présentiels. Cela à favoriser le maintien des autorités actuelles au pouvoir.

Quant à la France qui est présente militairement au Niger, elle ne s’aventurera pas à autoriser ses troupes à apporter un soutien technique et logistique à la CEDEAO, au risque de multiplier ses détracteurs et de mettre en péril ses accords de défense avec le Niger et influencer d’autres pays dans lesquels les forces françaises ont des bases militaires (Tchad, République Centre Africaine) à prendre de mesures similaires. La prudence sera de mise pour les autorités françaises dans ses prises de position sur la situation qui prévaut au Niger et au Sahel dans l’ensemble.

Le Niger pour finir est dans une position géopolitique qui tourne à son avantage, si on se base sur la configuration géographique du pays dans cette région instable. En effet, le pays fait frontière avec trois pays en transition (le Mali, le Burkina et le Tchad). C’est une donnée à ne pas négliger dans la résolution de la crise nigériane. Une alliance de survie peut se mettre en place et défier la CEDEAO dans ses actions. L’implication du président tchadien dans la gestion de la crise n’est pas anodine.

La voie diplomatique est la plus pertinente pour arriver à des solutions concertées et acceptées par tous. La CEDEAO doit rester ferme dans ses positions tout en facilitant un cadre de dialogue constructif pour des transitions apaisées aussi bien au Niger que dans les autres pays. Il est temps pour l’organisation de réadapter son mécanisme et de s’appliquer elle-même les principes démocratiques. Mais aussi et surtout d’appréhender les menaces dans toutes ses formes – corruption fraude électorale, réforme constitutionnelle pour se maintenir au pouvoir (« coup d’Etat constitutionnel » ou « coup d’Etat civil »), les putschs militaires, faute de quoi, elle est amenée à disparaitre ou du moins à perdre sa légitimité et par conséquence de compromettre sa crédibilité dans la mise en œuvre de sa diplomatie préventive et coercitive.

Amadou Lamarane Bah

Diplômé en Relations internationales  

Doctorant en Droit Public à la FSJP/UCAD

Email : amadoulemaire@yahoo.fr

 

 

 

 

 

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Retour de Mohamed Bazoum au pouvoir au Niger: La CEDEAO donne un ultimatum à la junte ! https://planete7.info/retour-de-mohamed-bazoum-au-pouvoir-au-niger-la-cedeao-donne-un-ultimatum-a-la-junte/ https://planete7.info/retour-de-mohamed-bazoum-au-pouvoir-au-niger-la-cedeao-donne-un-ultimatum-a-la-junte/#respond Sun, 30 Jul 2023 15:13:35 +0000 https://planete7.info/?p=22530 Profondément préoccupés par le dernier développement de la situation politique au Niger quelques jours après le coup d’État qui a visé le pouvoir de Mohamed Bazoum, les dirigeants de la CEDEAO se sont réunis en sommet d’urgence ce dimanche 30 juillet 2023.  Au terme de la rencontre tenue à Abuja, les chefs d’États ont annoncé une […]]]>

Profondément préoccupés par le dernier développement de la situation politique au Niger quelques jours après le coup d’État qui a visé le pouvoir de Mohamed Bazoum, les dirigeants de la CEDEAO se sont réunis en sommet d’urgence ce dimanche 30 juillet 2023. 

Au terme de la rencontre tenue à Abuja, les chefs d’États ont annoncé une série de mesures contre les putschistes au Niger.

Un embargo total, la fermeture des frontières terrestres et aériennes, le gel des avoirs du Niger à la BCAO, sont entre autres mesures avec « effet immédiat » prises contre le général Abdourahmane Thiany et son équipe.

Aussi, pour le cas du président Mohamed Bazoum, la CEDEAO donne une semaine à la junte pour le libérer et le réinstaller au pouvoir.

Au cas où toutes ces options envisagées arrivent à échouer, l’institution sous-régionale menace de déployer une intervention militaire, selon les conclusions de la réunion d’urgence présidée par le nouveau président de la CEDEAO Bola Ahmed Tinubu.

Autre mesure prise, la CEDEAO annonce aussi l’envoi du président du Tchad Idriss Deby Itno au Niger, pour tenter une médiation avec les militaires.

 

 

Rédaction de Planete7. info

 

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La présidence du Niger a confirmé une tentative de coup d’État en cours ce mercredi juillet 2023 contre le président démocratiquement élu, Mohamed Bazoum.

« Des éléments de la garde présidentielle ont engagé un mouvement d’humeur anti-républicain et tenté en vain d’obtenir le soutien des Forces armées nationales et de la Garde nationale », selon l’instance.

Une situation qui a irrité la CEDEAO qui l’a signifié à travers un communiqué. L’instance condamne de la manière la plus vigoureuse cette tentative de prise du pouvoir par la force et appelle à libérer immédiatement et sans condition le président de la république démocratiquement élu.

Ci-dessus le communiqué de la CEDEAO :

 

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